Blé tendre : les exportations et les utilisations chamboulées par le manque de maïs
La chute de production de maïs en Europe aura des répercussions sur les utilisations de blé et ses exportations. Mais pas seulement. La guerre Russie-Ukraine et les besoins limités des importateurs habituels auront un impact sur le marché du blé et son prix.
La chute de production de maïs en Europe aura des répercussions sur les utilisations de blé et ses exportations. Mais pas seulement. La guerre Russie-Ukraine et les besoins limités des importateurs habituels auront un impact sur le marché du blé et son prix.
Manque de maïs en France et en UE pour leurs besoins
Le maïs connaît « un vrai accident de production » en 2026, aux dires de Maxence Devillers, analyste à Argus Media. La production française chute de 48 % et atteint 6,9 millions de tonnes (Mt), du jamais vu depuis 1976. La production est également en forte baisse dans l’UE, en recul de 19 % pour atteindre 46,9 Mt. La France et l’UE vont donc manquer de maïs pour les besoins en alimentation animale et pour l’export. Ils ne pourront pas vraiment compter sur les importations dans un marché mondial déjà tendu, selon Argus Media.
Une substitution du maïs par le blé en alimentation animale
« La substitution du maïs par le blé devrait être poussée au maximum dans l’alimentation animale », analyse Maxence Devillers. Le blé serait ainsi utilisé à hauteur de 5,2 Mt en France en alimentation animale (contre 4,7 Mt en 2025-2026) et celle de maïs chuterait de 2,8 à 2,1 Mt. « À cause du manque de maïs, la France ne devrait pas pouvoir exporter plus de 6 Mt de blé tendre vers les pays tiers (contre 7,3 Mt la campagne précédente). » Les exportations resteraient stables vers les pays de l’UE (8 à 8,2 Mt).
Un besoin d’import limité en blé pour les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient
Quelles conséquences pour des pays qui avaient largement importé de blé de l’UE en 2025-2026 ? « Le Maroc a battu ses records de production en 2026. Son besoin d’import sera limité à 1,3 Mt », estime Maxence Devillers. En 2025, le pays avait fortement importé à cause d’une production très faible sur son territoire. D’une façon globale, les productions ont été bonnes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Les pays de ces régions resteront importateurs, mais avec des besoins nettement moins importants qu’en 2025.
Une volatilité des prix du blé entretenue par le blocage des ports de la mer Noire
Sur le marché international, les échanges sont chahutés. Les provenances mer Noire (Russie, Ukraine) sont quasi bloquées à cause d’infrastructures détruites dans les ports des deux pays. « Ce regain de tension en mer Noire risque d’entretenir la volatilité des prix. Les importateurs vont se tourner vers d’autres producteurs, dont les stocks ne sont pas élevés. Il y aura un impact significatif sur les prix », selon Maxence Devillers. L’expert relève, par ailleurs, que la Russie a enregistré une baisse de production tandis que l’Ukraine restait au même niveau qu’en 2025. D’autre part, les huit principaux exportateurs (1) voient une réduction de leur production estimée par Argus Media à 382 Mt à septembre 2026 contre 407 Mt un an avant. L’UE se situe à 131 Mt en 2026 contre 144 Mt en 2025. Les cours du blé ont augmenté cet été. Pour les mois à venir, leur évolution dépendra fortement de la durée du blocage des ports de la mer Noire.