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« L’élevage de mes veaux en collectif dès la naissance est facilité par l’organisation de mon bâtiment », en Moselle

Au Gaec des Liserons, en Moselle, les veaux sont élevés en collectif dès la naissance, depuis trente ans. Un système logique pour Dominique Bouché dont l’agencement du bâtiment facilite la surveillance des veaux.

<em class="placeholder">Eleveur dans la nurserie, avec des veaux en parcs collectifs</em>
« Le travail sur les veaux est plus agréable en bâtiment, à l'abri des intempéries », considère Dominique Bouché.
© K. Foilleret

« Je n’ai jamais été attiré par les niches à veaux individuelles », confie Dominique Bouché, polyculteur-éleveur en Moselle et associé en Gaec avec son fils Antonin. L'espace nurserie a été aménagé au sein de la stabulation. Les veaux y sont élevés dès la naissance dans des parcs collectifs depuis trente ans. L'espace fonctionnel facilite la surveillance et garantit le confort des veaux et des éleveurs.

Des veaux en intérieur plutôt qu’en extérieur

« J’ai souhaité avoir les veaux au sein de la stabulation, plutôt que dans des niches collectives en extérieur afin de faciliter la surveillance et les interventions sur les jeunes veaux, avance Dominique Bouché. Ce sont des points cruciaux pour le bon fonctionnement de l’élevage des veaux en collectif. » Cet espace pour les veaux est ouvert sur l’ensemble du bâtiment. « Dès que l’on intervient dans le bâtiment, on peut voir si tout se passe bien du côté des veaux », ajoute l’éleveur.

Il est situé à côté des deux robots de traite. En plus de faciliter la distribution du lait entier, deux fois par jour au seau individuel, cette proximité encourage des passages réguliers auprès des veaux lors des interventions sur les robots.

Des équipes de trois veaux

 
<em class="placeholder">Veaux dans un parc en collectif</em>
Les parcs, disposés côte à côte, permettent des contacts entre les veaux des différentes « équipes ». © K. Foilleret

La nurserie est composée de six cases pour les veaux, qui y restent jusqu’à leurs 2 mois. Juste après le vêlage, les veaux sont regroupés par lot de trois maximum, dans les parcs les plus proches du box de vêlage et des robots. Ils vont y rester trois semaines. Cette proximité permet de garder un contact entre les veaux et les vaches fraîchement vêlées et de faciliter la distribution du lait à bonne température pour les plus jeunes veaux. Les veaux changent ensuite de parc au rythme des nouveaux vêlages. « Nous ne faisons pas de pesées ou de mesures pour évaluer la croissance, explique l’éleveur. Les veaux d’un même parc forment une équipe. Ils vont changer de cases ensemble. » L’éleveur peut parfois être amené à réaliser des réallotements en fonction des écarts de croissance, mais seulement après le sevrage à 2 mois et demi.

 

 
<em class="placeholder">Génisses aux cornadis</em>
À 2 mois, les veaux vont dans un autre bâtiment. Les « équipes » sont regroupées dans des parcs accueillant 8 veaux. Le sevrage a lieu à 2 mois et demi pour ne pas cumuler les stress. © K.Foilleret

Fiche élevage :

2 associés, 1 salarié

85 vaches laitières, projet de monter à 100 VL

1 million de l de lait de référence

Un curage tous les quinze jours

« Le point le plus important à assurer en élevage collectif, c’est la litière », confie Dominique Bouché. Les vêlages étant étalés dans l’année, l’éleveur n’a pas la possibilité de faire de vide sanitaire. Le maintien d’une litière saine est donc primordial. Le curage des parcs à lieu au cas par cas. En moyenne, il est réalisé tous les quinze jours, mais il peut être avancé si nécessaire. Les parcs sont positionnés dans la continuité d’un couloir de raclage de la stabulation, ce qui facilite l’accès en télescopique.

Pendant le curage, les veaux sont regroupés dans d’autres parcs, libres ou non, en veillant à limiter les écarts d’âge. À la fin du curage, les veaux retrouvent leur parc avec le même lot. Il peut arriver que cette période d’entretien soit utilisée pour changer les lots de parc mais ce n’est pas systématique. La fréquence de curage peut évoluer en fonction des conditions météo, de l’humidité, du nombre de veaux.

« Les veaux ont aussi tendance à renverser de l’eau depuis l’abreuvoir. Si c’est le cas, il faut changer la paille », complète-t-il. L’espace est nettoyé et un asséchant est appliqué avant de pailler à nouveau dans le but d’assainir le parc et d’éviter de créer un lieu favorable au développement des pathogènes. Au quotidien, pour assurer la propreté des parcs, ils sont paillés matin et soir.

Trois mètres carrés par veau

L’éleveur est vigilant au chargement, à la fois pour le maintien du paillot et pour avoir des bonnes conditions d’élevage. Les parcs mesurent 9 m², soit 3 m² par veau. « Au-delà des mètres carrés, il faut faire preuve de bon sens. Je sais par expérience que je ne dois pas dépasser vingt veaux dans l’espace nurserie », précise-t-il. Pour garantir une bonne ambiance d’élevage, les éleveurs sont vigilants à ce que l’espace soit bien aéré, mais sans courant d’air. « L'été le bâtiments respire bien, mais l'hiver, il a tendance à être froid. On évite au maximum de laisser les portes de la nurserie ouvertes. Sinon l’air s’engouffre. »

Garder de la place pour isoler un veau malade

« Comme dans tout système, si l’hygiène et le logement sont bons, la santé et les croissances suivront », assure l’éleveur. Dès qu’un veau est malade, il intervient le plus rapidement possible et se donne deux jours pour le soigner. Si les symptômes persistent, il est isolé dans une autre case au sein de la nurserie pour limiter la propagation à l’ensemble du lot.

Au niveau de la croissance, quelques écarts sont parfois observés, notamment ces derniers temps avec des passages de FCO et un hiver plus humide. Dans ces périodes, l’éleveur redouble de vigilance pour éviter que la croissance ne soit trop impactée. « Plusieurs facteurs peuvent influencer le bon déroulement de l’élevage des veaux en collectif mais ce n’est pas forcément ce système qui est fautif », conclut Dominique Bouché. Les veaux quittent la stabulation à l'âge de 2 mois pour continuer leur croissance. Pour ne pas cumuler les stress, le sevrage est décalé à 2 mois et demi. Les génisses sont mises à la reproduction entre 15 et 20 mois pour un objectif moyen de vêlage à 2 ans et demi, maximum.

« Le point le plus important à assurer en élevage collectif, c’est la litière », Dominique Bouché, associé en Gaec avec son fils

Du préventif au maximum

 
<em class="placeholder">Veaux dans un parc en collectif devant son seau</em>
Les veaux ont 6 litres de lait par jour, de l’eau et du foin à volonté dans un râtelier. Au bout de dix jours, est distribué un aliment floconné à base de maïs et de céréales. © K. Foilleret

Pour garantir le bon déroulement de l’élevage des veaux en collectif dès la naissance, Dominique Bouché opte pour la prévention. Le logement des veaux est rigoureusement contrôlé, curé et paillé dès les premiers signes de saleté ou d’échauffements. L’alimentation est rigoureuse avec en plus des 6 litres de lait par jour, de l’eau, du foin et de l’aliment floconné à volonté. Des vaccins contre les maladies digestives et respiratoires sont systématiquement réalisés.

Les succions croisées sont un sujet d’inquiétude souvent exprimé quand il s’agit d’élever des veaux en collectif. L’éleveur en observe finalement peu. Pour prévenir ce risque, les veaux sont bloqués aux cornadis cinq à dix minutes après la buvée. Cela permet aux veaux de relâcher le réflexe de succion engendré par la buvée.

Chiffres clés

8 %, c'est le taux de mortalité des veaux dans les deux premiers mois (veaux mort-nés compris) sur l’exploitation lorsque celui de la moyenne régionale est 7,6 %. Globalement, l’éleveur ne constate pas de problématiques importantes sur ses veaux.

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