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Régions
« La structuration de la restauration collective est un travail de longue haleine »

Échange avec Nancy Fauré, directrice d’Interbio Occitanie, association constituée fin 2017, afin de développer et structurer les filières bio régionales. De nombreux chantiers sont lancés, dont celui de la restauration collective.

Nancy Fauré, directrice d'Interbio Occitanie © DR
Nancy Fauré, directrice d'Interbio Occitanie
© DR

L’année 2018 a conforté l'Occitanie comme 1ère région bio de France. Y a-t-il encore des marges de progression ?

Nancy Fauré : Tant en surfaces qu’en nombre de producteurs, la dynamique n’a pas faibli début 2019. Les producteurs de la région ont toujours cherché à valoriser leur production grâce aux signes officiels de qualité (Siqo). Les coopératives présentes sur le territoire ont aussi aidé ce développement en investissant dans des outils de stockage, de tri pour les grandes cultures par exemple. Au sein d’Interbio, et pour chaque filière, les acteurs se retrouvent deux fois par an pour discuter entre l’amont et l’aval des besoins du marché. Aucun signal n’est donné pour l’heure sur un ralentissement de la production. Hormis dans la filière laitière, comme au niveau national, les entreprises laitières souhaitent ralentir un peu sur 2019.

À la création d’Interbio Occitanie, une des priorités a été donnée à la restauration collective. Où en êtes-vous ?

N. F. : C’est un sujet de travail important, notamment parce que la loi impose désormais l'introduction de 20 % de produits biologiques dans la restauration collective publique. Nous avons organisé un colloque en mai pour démontrer qu’introduire des produits bio et locaux c’est possible. Le frein du prix plus élevé de la matière première peut être en grande partie levé, si on raisonne globalement sur la gestion des repas : lutte contre le gaspillage alimentaire, travail sur les menus, les portions… Le conseil régional subventionne aussi l’introduction des produits sous Siqo à hauteur de 16 centimes par repas dans les lycées volontaires. Mais il y a encore un problème d’adéquation entre l’offre et la demande. La Région a mandaté en début d’année un cabinet d’études dans l’idée de mettre en place une plateforme qui mette en relation tous les acteurs qui existent dans la région. C’est un travail de fourmi. Àl’automne, des groupes de travail seront créés pour avancer sur ce projet.

Les Min de Montpellier et de Toulouse peuvent-ils aider dans cette mise en relation ?

N. F. : Ils sont en effet une partie de la solution car ce sont des lieux où la production peut être rassemblée, de nombreux grossistes y sont aussi installés et ils travaillent sur les questions de logistique. Ils font d’ailleurs partie du tour de table. Si le Min de Montpellier a toujours son carreau de producteurs bio, Toulouse n’a pas spécialisé son carreau. Les producteurs de fruits et légumes trouvent souvent une meilleure valorisation en vendant en direct au consommateur. La structuration de la restauration collective en produits bio est un travail de longue haleine, mais il y a une réelle volonté de passer à une autre dimension.

La région met-elle suffisamment de moyens pour structurer ces filières ?

N. F. : La Région a lancé un pacte pour une alimentation durable en 2019, dans lequel la RHD est un axe de développement. Le conseil régional met des moyens pour accompagner le développement des filières : financement de l’aide au maintien, des investissements en matériel, etc. Mais il manque des moyens pour les organisations qui accompagnent la structuration des filières ou encore pour l’expérimentation. Nous définissons collectivement à Interbio Occitanie les actions prioritaires à mener. Pour 2019, par exemple, nous avons ciblé la viande bovine. En élevage, nous avons un vrai souci de valorisation des animaux en bio, dans une région qui produit traditionnellement des broutards.

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