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La filière viande bovine bio sort de quatre années de crise

La consommation de viande bovine bio rebondit après une crise qui a démarré en 2022. Le cheptel allaitant bio est toujours en place pour entrer dans cette nouvelle phase.

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Depuis le dernier trimestre 2025, la tendance est à la reprise des ventes de viande bovine dans les GMS spécialisées bio.
© S.Bourgeois

Après quatre années de crise causée par le choc inflationniste, la consommation de viande bovine certifiée « agriculture biologique » reprend des couleurs. Cette tendance est constatée sur tous les produits alimentaires bio selon le baromètre Agence Bio publié en février 2026, portée par un contexte économique légèrement plus favorable et par le retour des préoccupations de santé et d’environnement. Pour la viande bovine, elle est soutenue par le fait que le prix du bio en rayon n’est pratiquement plus différent de celui de la viande conventionnelle.

Cette tendance positive doit aussi beaucoup à l’objectif en restauration collective de 20 % de viande bio fixé par la loi Egalim et à 60 % de viande durable imposé par la loi Climat et Résilience. La viande bio coche ces deux cases et facilite le travail des gestionnaires quand ils font leurs commandes. Ce débouché se développe bien.

Lire aussi : Salon de l’agriculture 2026 : Unebio renforce ses partenariats avec l’aval de la filière viande bovine bio

« Sur le dernier trimestre 2025, on constate une tendance à la reprise des ventes de viande bovine dans les GMS spécialisées bio. En GMS généralistes, un bon signal est qu’enfin, les ventes arrêtent de baisser », présente Philippe Sellier, éleveur de charolaises en bio en Normandie et président de la commission bio d’Interbev. Ces dernières absorbaient 56 % des volumes avant la crise, et avaient porté la solide croissance de la consommation de viande bovine bio des années 2010. Ce sont elles aussi qui ont précipité la crise de consommation en réduisant l’offre de viande bovine bio dans les rayons plus vite que la musique.

L’observatoire des viandes bio, publié par la commission bio d’Interbev à l’automne 2025, faisait état pour l’année 2024 de 6 618 élevages de vaches allaitantes et d’un tonnage de 14 000 tec de viande bovine commercialisée. « Si on compare au cheptel laitier, le cheptel allaitant bio est resté pratiquement stable depuis le début de la crise en 2022, explique Philippe Sellier. Les déconversions sont quasi inexistantes en bovins viande, mais les départs en retraite sont nombreux comme dans l’ensemble de la filière. » Les prix de vente des bovins sont similaires entre circuit bio et conventionnel. La certification bio représente toujours un coût, mais les éleveurs bénéficient du crédit d’impôt bio.

L’indicateur coût de production bio pas encore couvert

« La conduite d’élevage paraît à première vue très proche de celle d’un système très herbager conventionnel. Mais les éleveurs bio ont acquis la maîtrise de techniques sanitaires préventives, ce qui prend des années. Ils ne peuvent pas booster le démarrage des prairies au printemps par un apport d’azote minéral et ont appris à gérer les prairies en conséquence. Ils ne changent pas un système en place. » L’indicateur de référence « coût de production et prix de revient » du second semestre 2025, publié le 17 février 2026 par l’Institut de l’élevage, est de 8,41 €/kgC pour les vaches de race à viande en bio. « Les coûts de production sont couverts par les prix de vente en conventionnel, c’est une très bonne chose. Mais en bio il manque encore 60 centimes, relève Philippe Sellier début mars 2026. L’agriculture bio apporte beaucoup pour la biodiversité et la qualité de l’eau. Des coûts inhérents à ces services rendus sont évités et devraient être intégrés dans la rémunération des éleveurs bio. »

L’approvisionnement des marchés en viande bovine bio a pu être chaotique ces dernières années, entre chute de la consommation et envolée des cotations. Il retrouve depuis l’automne 2025 davantage de fluidité. Les opérateurs du bio sont en concurrence indirecte avec le secteur conventionnel en mal de bovins. « Il faudrait revenir aux pratiques d’avant crise : donner aux éleveurs une visibilité de long terme sur les tarifs des bovins, développer la contractualisation Egalim. » Le cheptel bovin en place a le potentiel de fournir beaucoup plus de viande sur le marché bio. Une étude de 2018 avait montré que 50 % seulement des bovins élevés selon le cahier des charges étaient commercialisés en filière bio.

Le débouché de la restauration collective se développe bien

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