La famille Coutarel : « Nous combinons polyculture-élevage et vie sociale dense »
Dans le Cantal, Cécile et Paul Coutarel combinent élevage d’aubrac et culture-transformation de céréales anciennes, le tout en bio. Ils s’investissent aussi activement dans divers réseaux agricoles, scientifiques et culturels.
Dans le Cantal, Cécile et Paul Coutarel combinent élevage d’aubrac et culture-transformation de céréales anciennes, le tout en bio. Ils s’investissent aussi activement dans divers réseaux agricoles, scientifiques et culturels.
Héritée du père de Cécile, Maurice Coutarel, l’élevage d’aubrac est aujourd’hui poursuivi par Paul à Fraissinoux, sur la Commune de Lorcières. Le décès de Maurice en juillet 2025 a bouleversé la famille et l’a contrainte à repenser son organisation. « Paul s’occupe de la conduite d’élevage et de la gestion agronomique des parcelles. Moi j’assure les soins et la transformation meunière. Mais on est complètement interchangeables. Et on sous-traite les gros travaux des champs, que ce soit le labour, le semis ou les moissons », rapporte Cécile Coutarel.
Un binôme complémentaire
Cette complémentarité mère-fils est cruciale : en plus de la ferme, Cécile Coutarel exerce une activité médicale de rhumatologue qu’elle partage entre deux cabinets, l’un situé à Clermont-Ferrand, l’autre dans l’ancienne maison de ses grands-parents à Fraissinoux. « Je pars à Clermont-Ferrand le dimanche soir. Je fais entre 30 et 35 heures de travail médical du lundi matin au mercredi. Je reviens ensuite sur la ferme et j’y travaille le jeudi. Le vendredi, j’ai une grosse journée de consultations au cabinet de la ferme, et je passe la moitié du week-end au moulin. »
De son côté, Paul a suivi un cursus d’ingénieur agronome à VetAgro Sup qu’il a prolongé par des activités de conseil et formation. « Les deux dernières années, j’ai été formateur en lycée agricole. Mais avec le départ de mon grand-père, je ne pourrai plus assurer un volume d’enseignement aussi élevé qu’auparavant. » Cela ne l’empêche pas de continuer à s’investir dans diverses activités sur et en dehors de la ferme : « Je rénove ma maison avec mon père et je m’implique depuis quelque temps dans les réseaux régionaux de la filière viande biologique. La ferme héberge aussi des essais de céréales anciennes où on travaille en partenariat avec l’Association des naturalistes d’Auvergne, l’université de Clermont et le centre de ressources biologiques céréales à paille de l’Inrae. »
De multiples activités socioculturelles
La famille est aussi très active sur le plan culturel et associatif. Cécile Coutarel suit des cours hebdomadaires de danse traditionnelle au conservatoire de Clermont-Ferrand, organise un concert chaque année à Chaliers et accueille au moulin des expositions d’œuvres artistiques. « On reçoit aussi des jeunes sur un week-end ou trois jours. Parfois, je me plais autant à faire des journées comme ça qu’à partir en vacances », confie Cécile Coutarel.
Le père, Jean-Louis, architecte à la retraite, aide ponctuellement sa conjointe et son fils sur la ferme tout en s’investissant de son côté dans des projets en lien avec son ancienne profession. « Ce qui fait la force de notre couple, c’est qu’on a des engagements de fonds communs et qu’on a des métiers proches de la passion. Il y a un socle qui nous réunit et permet de surmonter les moments difficiles », témoigne Cécile Coutarel.
Malgré une vie sociale plurielle et dense, la famille tient tant que possible à se dégager des périodes de vacances chaque année. « Mes parents ont toujours su garder du temps. Quand j’étais enfant, ils prenaient un remplaçant, et une semaine par an, on partait en vacances », se souvient Cécile Coutarel. La mère et son fils continuent de prendre chacun une à deux semaines de congés annuels, qu’ils doivent néanmoins décaler de sorte que l’un d'eux soit présent sur la ferme.
Fiche élevage
7 t de céréales produites en 2025 pour l’activité meunière
40 UGB, 12 femelles mises à la reproduction, vente de reproductrices et de bœufs finis en bio, Label rouge et vente directe
2 UMO
Élevage d’aubrac et meunerie
Paul Coutarel prolonge le minutieux travail de sélection entamé par son grand-père sur la race aubrac. La majorité des femelles gestantes sont vendues comme reproductrices à 2,5 ans et les vaches de réforme sont valorisées en filière biologique. Concernant les mâles, Paul a substitué la production de broutards par l’engraissement de bœufs que la ferme commercialise à 3,5 ans. Côté meunerie, la famille cultive et transforme du blé, du seigle et de l’épeautre en privilégiant des variétés anciennes. Outre la meunerie, les céréales et ses coproduits sont utilisés pour l’alimentation animale, notamment pour l’engraissement des bœufs.