La coopérative laitière Isigny poursuit sa diversification des produits et des débouchés
La coopérative laitière Isigny sainte mère, en Normandie, tire son épingle du jeu grâce à la qualité de ses produits positionnés "premium" et à la diversification de ses débouchés en France et à l'international. L'EBE et l'excédent net 2025 est en hausse. Le prix du lait total payé aussi.
Malgré les droits de douane américains, malgré la baisse de la natalité en Chine et dans beaucoup d'autres pays du monde, la coopérative normande Isigny Sainte Mère affiche « une bonne année 2025, avec une hausse du chiffre d'affaires de 21% à 661 000 euros, de l'EBE (+87% à 58 300 euros) et de l'excédent net (+60%), grâce à la qualité reconnue de nos produits frais - beurres, crèmes et fromages - et de nos poudres de lait infantile », a résumé Gérald Andriot, le directeur général, lors de l'assemblée générale de la coopérative en juin.
Les ventes aux Etats-Unis se tiennent encore
Isigny parvient encore à trouver les consommateurs américains, malgré les taxes mises en place par Donald Trump. « Ces 15% de droit de douane se sont ajoutés aux 9% déjà existants. A cela s'est ajoutée une parité euro dollar défavorable (euro trop fort face au dollar). En tout, les prix de nos produits ont pris 30% de hausse. Pour l'instant, grâce à notre positionnement haut de gamme, nos volumes de vente se tiennent », développe le directeur. Le cas américain illustre bien le fait que le positionnement premium d'Isigny la rend moins sensible à l'inflation et aux évènements qui influencent la consommation des ménages, des entreprises et de la restauration, partout dans le monde.
Près de 42 000 tonnes de poudres de lait infantile
Pour ce qui est des poudres de lait infantile, c'est aussi « grâce à notre partenaire chinois HetH (actionnaire et client chinois), nous avons pu renouveler nos formules et répondre aux exigences et aux nouvelles normes chinoises. Grâce à des commandes d'HetH en hausse, nous avons retrouvé des volumes de ventes au niveau de nos meilleures années, après une année 2024 en repli. Et les nouveaux projets et prospects engagés partout dans le monde (diversification du portefeuil clients) se concrétisent progressivement, permettant d'aborder 2026 avec confiance. »
Diversification de clients et de produits
Mais la coopérative reste mobilisée pour continuer à diversifier ses marchés car en 2026 elle est touchée par l'effondrement des marchés au Moyen-Orient du fait de la guerre, et par le ralentissement économique de la Corée du sud. Le directeur pointe l'amélioration des ventes sur l'Europe. « Sur le Royaume-Uni et le Benelux, nous retrouvons nos places d'avant le Brexit. Les ventes sont en hausse des ventes dans les pays de l'Est. »
La diversification passe aussi par la gamme de produits proposés. L'originalité d'Isigny est de faire un pas de côté de l'univers laitier, avec des produits haut de gamme de tradition normande : caramels, glaces et biscuits. « La filiale La maison du biscuit a réalisé une année 2025 en croissance. La filiale Caramels d'Isigny continue d'afficher une croissance. » Isigny vient aussi d'ouvrir un nouveau glacier avec restauration sur place, et l'extension de la halle des ventes offre une large vitrine aux produits d'exception normands. Les filiales (Caramels et Biscuit) pèsent moins de 3% du chiffre d'affaires du groupe consolidé.
Mieux valoriser la fraction protéique du lait
Le point de fragilité de la coopérative restent ses excédents de protéines laitières. « Les poudres de lait infantile ne suffisent pas à valoriser la protéine. Le cream cheese haut de gamme, développé via un co-investissement tout juste finalisé avec le 5e transformateur laitier du Japon, Takanashi (1500 tonnes de cream cheese) est une voie. Le lancement d'une gamme de skyr en est une autre », souligne Arnaud Fossey, président de la coopérative.
Hausse du prix du lait en 2025, maintien pour 2026
Jusque mai, « le prix du lait conventionnel 2026 s'est maintenu malgré la baisse des cotations beurre poudre et le fait que nous avons eu trop de lait collecté en début d'année et au printemps, mal valorisé, après une collecte record en 2025. Notre modèle est moins sensible aux variations des cours mondiaux, souligne Arnaud Fossey, président de la coopérative. Nous faisons le choix da la valeur ajoutée plutôt que des volumes, donc nous freinons sur les attributions de volumes. L'objectif pour le prix du lait d'acompte en 2026 est d'être similaire à celui de 2025.»
En 2025, le prix du lait conventionnel a bondi par rapport à 2024 : +27,5 euros les 1000 litres de prix de base à 452,4 €/1000 l ; et +17 € pour le prix total payé moyen, à 550,8 €/1000 l. Les ristournes ont été moins élevées du fait d'un résultat 2024 en repli par rapport à 2023.
Le lait bio 2025 a progressé de 20,9 € sur le prix de base à 497,4 €/1000 l et a atteint 574,4 € en prix total payé.
Chiffres clés
La coopérative Isigny Sainte Mère en 2025
370 exploitations laitières adhérentes
284 millions de litres de lait collectés (+4,4%/2024), dont 14 millions en bio : un record.
Plus de 40% du chiffre d'affaires est réalisé par les ventes de beurres, crèmes et fromages, dont près de 45% sont réalisées à l'export. Les poudres de lait infantile pèsent plus de la moitié.
41879 tonnes de poudres de lait infantiles (+19,8%/2024) produites
61% du chiffre d'affaires total se fait à l'export