Installation : quels sont les freins mentionnés dans le baromètre de Feve ?
Feve – Fermes En ViE publie les résultats de son Baromètre national de l'installation agricole. Cette enquête dresse un état des lieux complet des conditions, aspirations et obstacles qui façonnent aujourd'hui le renouvellement des générations agricoles en France.
Feve – Fermes En ViE publie les résultats de son Baromètre national de l'installation agricole. Cette enquête dresse un état des lieux complet des conditions, aspirations et obstacles qui façonnent aujourd'hui le renouvellement des générations agricoles en France.
Feve – Fermes En ViE publie les résultats de son Baromètre national de l'installation agricole. Cette enquête a été menée auprès de 1 176 personnes en parcours d'installation, de la réflexion initiale à l'installation effective, du 2 janvier au 30 avril 2026 auprès d’un échantillon de 1 176 répondants. Les résultats révèlent une génération déterminée, largement acquise aux pratiques agroécologiques et à l'agriculture biologique, mais confrontée à des blocages structurels persistants : accès au foncier, financement, accompagnement insuffisant.
Près de 45 % des répondants sont en recherche de ferme ou de foncier
Il ressort que 44,6 % des répondants sont en recherche active de ferme ou de foncier : c'est l'étape la plus représentée, reflet direct de la saturation du marché foncier. La forte représentation de l'élevage et de la polyculture-élevage (74 % cumulés, réponses multiples) illustre une appétence pour les systèmes diversifiés et résilients, souvent associés à des pratiques agroécologiques. Le maraichage est cité par 27 % des personnes interrogées et l’arboriculture/viticulture par 16 %.
« Les départements les plus représentés témoignent d'une concentration dans les territoires ruraux attractifs pour l'installation hors cadre familial », souligne FEVE : Dordogne (5 %), Calvados (4,3 %), Ardèche (4,2 %), Drôme (4,1 %), Gers (4 %), Ille-et-Vilaine (3,9 %), Manche (3,9 %), Isère (3,9 %), Pyrénées-Atlantiques (3,6 %), Ariège (3,5 %).
L’accès au foncier et le financement sont les freins majeurs à l’installation
Interrogées sur les freins à l’installation, les personnes sondées répondent à 40 % l’accès au foncier/trouver une ferme, à 30 % le financement (foncier, bâtiments, matériel) puis sont cités le compétences/technique/expérience à 12 % et l’administratif/statut/autorisations à 8 %. Parmi les 995 répondants ayant commencé leur recherche de ferme ou de foncier : 43 % cherchent activement mais ne trouvent pas d'opportunités adaptées et seulement 5 % ont sécurisé une ferme.
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Le prix du foncier est souvent jugé trop élevé
Trois blocages arrivent à quasi-égalité dans les difficultés rencontrées : prix du foncier trop élevé (28 %), ferme en inadéquation avec le projet (27 %), peu d’offres disponibles (27 %). Arrive ensuite l’état des bâtiments/investissement lourd (20 %). Pour ce qui est des solutions foncières envisagées, 30% des répondants citent l’épargne personnelle/familiale et 22 % l’achat du foncier. Les dispositifs alternatifs restent encore peu mobilisés : seulement 15 % envisagent le portage foncier ou une foncière agricole. Et 15 % ne connaissent aucun des dispositifs disponibles.
Financement : les outils alternatifs peu activés
En ce qui concerne le financement, les données révèlent un écart important entre les solutions connues et celles réellement envisagées. Les répondants expliquent connaître : le crédit bancaire classique (67 %), les aides publiques (58 %), le crowdfunding/financement participatif (43 %), le portage foncier/foncière agricole (31 %). Comme solution envisagée 19 % des porteurs de projet affirment ne pas avoir de plan de financement défini et la banque reste la solution par défaut pour 42 %. Les outils alternatifs restent peu activés malgré une notoriété croissante.
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70 % des candidats à l’installation ne sont pas accompagnés
Il est à souligner que seuls 23 % des répondants déclarent être suivis activement par une structure. Près de 70 % sont donc soit sans accompagnement, soit dans une situation de suivi insuffisant ou d'errance institutionnelle. En ce qui concerne les structures d’accompagnement, deux enseignements ressortent : la forte place des réseaux associatifs spécialisés (CIVAM, ADEAR) et du réseau bio, qui accompagnent un tiers des répondants ainsi que la montée du pair-à-pair comme mode d'information et de soutien (20 %), qui pallie en partie les manques du système institutionnel.
La moitié des candidats à l’installation visent le bio mais dénoncent des freins
Parmi les répondants ayant exprimé une orientation vis-à-vis du bio (1 098) : 51 % visent le bio à l'installation, 8 % sont déjà certifiés, 4 % sont en conversion. Seuls 14 % n'envisagent pas le bio. Interrogés sur leurs motivations à produire bio, les personnes interrogées répondent : protéger les soles et la biodiversité (47 %), la cohérence avec leurs valeurs (40 %), préserver leur santé, celles des consommateurs et des voisins (33 %), répondre à une demande locale/circuits courts (10 %).
Les principaux freins au passage en bio cités sont : les coûts (24 %), le risque technique (20 %), la complexité administrative et certification (20 %), l’incertitude économique (19 %) et les débouchés insuffisants (17 %). Selon eux, ce qui les aiderait à franchir le pas : un engagement fort des politiques publiques (29 %), un soutien financier (26 %), moins de complexité administrative (21 %) et des preuves économique (16 %).
Une aspiration pour les pratiques durables
L'aspiration à des pratiques durables dépasse la seule certification bio. Les porteurs de projet expriment un intérêt très large pour les pratiques agroécologiques (réponses multiples) : valorisation des déchets/compostage/matières organiques (38 %), gestion de l’eau (38 %) , pâturage tournant dynamique (35 %), agroforesterie (35 %), agriculture de conservation des sols (29 %) , autonomie fourragère (27 %), préservation/restauration des prairies permanentés (24 %).