Aller au contenu principal

Élevage bovins viande : « Notre projet agrivoltaïque a su évoluer »

Dans le Loiret, le Gaec de la Petite Brosse s’est tourné vers l’agrivoltaïsme pour maximiser le pâturage des Angus. Le projet initial de panneaux verticaux sur une centaine d’hectares a été revu. Il associe de l’agroforesterie sur une partie de la surface et la technologie de trackers plus adaptée à l’élevage sur l’autre.

« Un ombrage raisonné ne réduit pas la production d’herbe et diversifier les revenus sécurise l’exploitation » : c’est ainsi que le Gaec de la Petite Brosse, à Gy-les-Nonains dans le Loiret, présente les atouts de l’agrivoltaïsme. Stéphanie et Jean-Baptiste Drouin sont éleveurs d’Angus depuis 2011. Les sécheresses ont fait apparaître les limites d’un système bio à 100 % en pâturage sur terres séchantes, et la réflexion des éleveurs s’est engagée sur l’autonomie fourragère et la diversification de l’exploitation. Le chargement a été réduit drastiquement, en passant de 80 à 20 mères, et des grandes cultures ont été réintégrées dans l’assolement.

L’agrivoltaisme pour décaler la pousse d’herbe

En 2020, un premier projet agrivoltaïque s’esquisse : des panneaux verticaux sur 100 hectares de pâtures pour limiter l’évapotranspiration et apporter un revenu complémentaire. Les panneaux verticaux ont une faible emprise au sol et sont espacés, mais la surface de 100 hectares inquiète localement et une opposition locale au projet émerge. Malgré une réduction du projet à 42 hectares, la pression locale persiste, et ce projet finit par être abandonné. Mais l’objectif de la pérennisation du système fourrager et de l’accroissement de la saison de pâturage demeure, et il prend la forme d’un projet agroforestier.

En 2024, Jean-Baptiste et Stéphanie Drouin échangent avec un nouveau développeur, Efea. « Un projet est pensé en complémentarité avec l’agroforesterie, avec une technologie de trackers maximisant la synergie avec l’élevage », relatent les éleveurs. Sa surface est réduite à 36 hectares, tandis que l’agroforesterie en occupera 25. « Le parcellaire bénéficiera de conditions météo variées pour lisser les pics de pousse d’herbe. Le nombre d’Angus va pouvoir remonter et l’objectif est d’une centaine de mères dans quelques années. »

« Nous mettons la production agricole au cœur des projets agrivoltaïques pour coconstruire un projet local et économiquement viable », présentent Vincent Lorioux et Gildas Baron d’Efea, entreprise créée en 2024 qui est à la fois bureau d’études et développeur. Si les objectifs initiaux demeurent, le nouveau projet prend une tout autre allure.

Les panneaux tournent autour de leur axe pour optimiser l’ombrage et sa répartition sur l’ensemble de la parcelle. Le Gaec peut positionner les panneaux à la verticale pour faire passer tracteurs et matériels, à l’horizontale en présence d’animaux pour leur offrir un ombrage sans risque de blessure, ou encore en position « d’effacement » pour que les panneaux ne fassent pas d’ombre, quand la parcelle a besoin de se ressuyer par exemple. L’implantation de cultures entre des prairies temporaires est possible.

Portes ouvertes et échanges avec les riverains

« Les vaches pourront bénéficier d’ombre et d’herbe sur une durée plus longue avec une réorganisation du parcellaire pour créer des paddocks de pâturage tournant dynamique. Les arbres prévus dans le projet agroforestier viendront s’intégrer à cette nouvelle mouture pour limiter la « nuisance visuelle » en maximisant l’intégration paysagère tout en apportant un ombrage », expliquent les éleveurs.

La stratégie de communication évolue aussi. On peut découvrir le projet en mairie ou sur un site internet. Une journée portes ouvertes a été organisée le 23 mai 2025. L’objectif de la journée était de permettre aux personnes de poser leurs questions, de faire part de leurs craintes et aussi de faire évoluer le projet pour une implantation gagnant-gagnant sur le territoire. Jean-Baptiste Drouin explique : « On a fait cette journée pour expliquer, concerter et partager ce projet, qui n’est pas encore dans sa version définitive. Il apportera des avantages localement grâce à Octopus Energy, qui prévoit une offre avec des tarifs avantageux quand l’électricité locale et durable est produite. Il faut que tout le monde soit gagnant dans ce projet, nous, mais aussi les voisins, la commune et la communauté de communes. » Les retombées fiscales pour la commune et la pérennisation de l’élevage sont aussi mises en avant. Clôturée par un concert et un repas festif avec des food trucks, cette journée a drainé plus de 400 personnes.

Fiche élevage

181 ha dont 19 de prairies, 107 de cultures fourragères et 55 ha de bois pâturés

20 vaches Angus, objectif 100 dans quelques années

2 UMO

Une centrale sur 36 ha masquée par des bois et haies

Le projet actuel prévoit d’intégrer la centrale dans le paysage grâce aux bois et aux haies et de maintenir le potentiel agricole avec des trackers pilotables.

crédit : Efea
Rédaction Réussir

Les plus lus

<em class="placeholder">bâtiment limousines contention</em>
Astuce d’éleveur : « J’ai aménagé un box d’isolement entre deux barrières »
Stéphane Jacobi, éleveur de limousines en Moselle, a créé un box d’isolement entre deux barrières qui étaient là à l’origine pour…
<em class="placeholder">Taureau parmi les vaches pleines et suitées au Gaec de la Blonde, où la reproduction est conduite en monte naturelle.</em>
Elevage bovin : Bien comprendre la consanguinité
Présente dans tous les élevages, la consanguinité est un phénomène inévitable. Longtemps utilisée pour homogénéiser les animaux,…
agrivoltaïsme éleveur prairie
Agrivoltaïsme : Déjà un an de recul avec des limousines sous les panneaux dans la Vienne

Avec son démonstrateur agrivoltaïque de près de 5 000 m² dans la Vienne, la société Valeco veut prouver qu’il est…

<em class="placeholder">éleveur dans sa parcelle de switchgrass en deuxième année, Lot</em>
Élevage bovins viande : « Je cultive 1,8 ha de switchgrass pour compléter ma paille de céréales pour la litière »

Éleveur de limousines dans le Lot, Rémy Vermande récolte cet hiver pour la première fois son switchgrass (panic érigé) semé en…

race bovine Créole infographie
Élevage bovin dans les départements d’outre-mer : Des races taillées pour les tropiques

Dans les départements d’outre-mer, les choix génétiques des éleveurs pour la Brahman, les races créoles, les zébus et les…

Susana Ciscares, à la tête d'un troupeau de 70 vaches limousines. « Je ne suis pas 'écolo' mais j’aime travailler en harmonie avec la nature et j’estime aujourd’hui ...
Élevage bovins viande : « Je bénéficie de paiements pour services environnementaux »

Depuis 2018, les paiements pour services environnementaux (PSE) rémunèrent les modèles agricoles vertueux. L’Agence de l’eau…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande