Blé tendre : comment raisonner le semis dans des terres à faible potentiel ?
Dans les terres superficielles, réussir l’implantation du blé tendre suppose de trouver le bon compromis entre précocité, maîtrise des adventices et préservation de l’eau du sol. Date et densité de semis doivent être raisonnées à l’échelle de chaque parcelle.
Dans les terres superficielles, réussir l’implantation du blé tendre suppose de trouver le bon compromis entre précocité, maîtrise des adventices et préservation de l’eau du sol. Date et densité de semis doivent être raisonnées à l’échelle de chaque parcelle.
Semer tôt peut permettre aux variétés précoces de mieux exprimer leur potentiel et limiter leur exposition aux stress de fin de cycle. Mais la date de semis doit aussi tenir compte du salissement de la parcelle, des ravageurs d’automne et des conditions d’implantation.
Des variétés adaptées à des semis précoces
« Nous sommes confrontés à un dilemme entre l’intérêt de précocifier les semis des variétés précoces en sol à faible potentiel, et les contextes agronomique et climatique qui sont propres à chaque exploitation », énonce Clément Gras d’Arvalis. Si les implantations précoces sont souvent les plus performantes dans ces sols, François Thomas de la coopérative Océalia rappelle qu’elles augmentent aussi le risque de salissement des parcelles, notamment en ray-grass et vulpin. « Il faut raisonner selon l’état de la parcelle. Si elle est sale, on ne pourra s’affranchir de semer plus tard, fin octobre, début novembre. »
Le contexte ravageurs d’automne doit aussi être intégré au raisonnement. Décaler la date de semis constitue un levier important, rappelle Édouard Baranger. « Contrairement aux adventices, des solutions existent encore pour le moment contre les pucerons et les cicadelles, mais attention, il ne reste plus qu’un seul mode d’action qu’il est nécessaire de préserver au maximum en limitant le nombre d’applications. » En sols superficiels, les variétés recommandées restent les mêmes que le semis soit réalisé tôt ou tard. Ainsi, si l’agriculteur est contraint de repousser son implantation, il peut conserver son choix variétal.
Augmenter un peu la densité de semis
La conduite culturale lors du semis est aussi à adapter au contexte de la parcelle. « Il faut bien sûr soigner le travail du sol, car si le sol est compact, la plante aura des difficultés à faire son système racinaire et cela d’autant plus en situation limitante », énonce Aurore Guilvert de LG Seeds. Il faut également faire attention à ne pas assécher le sol ajoute Jérôme Vansuyt de Florimond Desprez.
La densité de semis doit être raisonnée « pour viser un peuplement moyen ». Jérôme Vansuyt préconise « d’augmenter la densité de semis de 10 à 20 % selon le type de sol et le climat, car en petite terre le coefficient de tallage est plus faible. Mais, il ne faut pas non plus aller à l’excès, surdensifier et avoir une végétation trop luxuriante qui puise l’humidité du sol. »
Enfin, en zone à faible potentiel on ne vise pas des rendements record. Cela implique d’adapter la conduite : ajuster la fertilisation azotée pour limiter la biomasse qui affaiblirait la réserve utile du sol, ne pas faire de régulateur systématique, limiter le nombre de fongicides…