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« Avec notre passerelle, nos vaches traversent la route en sécurité », dans la Manche

Le Gaec Debreuilly dans la Manche dispose depuis l’été 2025 d’un pont pour que les vaches puissent traverser une route communale sans contraintes. Un aménagement qui a permis de multiplier par plus de deux la surface de pâturage accessible.

<em class="placeholder">Laurence, Christophe et Matthieu Debreuilly et leur conseillère Caroline Tostain</em>
« Le pont nous a permis de faire davantage pâturer les vaches et d'envisager l'arrêt de l'affouragement en vert » explique Laurence Debreuilly, éleveuse.
© S. Bossière

« Nous avons installé un robot en 2014 et nous avons réalisé une conversion bio en 2016, rapporte Laurence Debreuilly, éleveuse dans la Manche. Nous avions besoin de plus de surface pour pâturer davantage mais notre parcellaire se trouvait séparé en deux par une route communale. Pour accéder à ces parcelles, il nous aurait fallu systématiquement être deux pour couper cette route fortement fréquentée. Finalement, nous avons eu l’opportunité d’acheter une parcelle de 3 ha qui se trouvait au cœur du parcellaire. Cela nous a donné la possibilité de réaliser une passerelle au-dessus de la route.

Construction d’une passerelle pour 53 000 euros

 

 
<em class="placeholder">Pont à vaches au dessus d&#039;une route</em>
La passerelle métallique repose sur deux pylônes dont l'implantation ne modifie pas la route. © C. Tostain

La conformation du terrain, avec la route en contrebas, a facilité l’installation de cette passerelle. Elle mesure 9 mètres de long pour 2 mètres de large et repose sur deux pilasses en béton à 4,50 mètres de hauteur. C’est une structure métallique, confectionnée par une entreprise locale. La partie où marchent les vaches a été bétonnée afin de limiter le bruit et les écoulements sur la route. Le remblai pour réaliser les pentes vient de la ferme. C’est ce qui nous a pris le plus de temps à aménager. Les travaux ont duré deux mois au total. Comme les deux pylônes se situent sur nos parcelles et que la hauteur est aux normes routières, nous avons seulement réalisé une déclaration en mairie. Le coût total du projet s’est élevé à 53 000 euros. Nous avions également réalisé un devis pour un boviduc mais il se révélait plus onéreux, à 70 000 euros. Et en plus, notre secteur étant propice aux inondations, nous aurions dû installer une pompe à eau.

Une surface de pâturage disponible de 37 hectares

 

 
<em class="placeholder">Vaches prim&#039;Holstein montant sur le pont à vaches</em>
Comparé à un boviduc, l'installation d'une passerelle était moins coûteuse et moins contraignante. La configuration du terrain a permis ce choix. © S. Bossière

Nos 80 prim’Holstein pâturent environ dix mois dans l’année. Avec cette installation, nous avons plus que doublé notre surface de pâturage en passant de 16 jusqu’à 37 hectares l’été. Nous sommes passés de 12 à 30 paddocks. Cela permet de revenir moins rapidement sur les parcelles, ce qui permet de les préserver et de faciliter la repousse de l’herbe. L’herbe provient désormais en totalité du pâturage et nous avons pu arrêter l’affouragement en vert qui nous prenait une heure par jour. C’est un gain de temps.

Chemins bétonnés pour faciliter le pâturage

 

 
<em class="placeholder">Sol du pont à vaches bétonné et rainuré</em>
« Des bons chemins et une bonne santé des pattes permettent de faciliter le pâturage », estime Laurence Debreuilly. © C.Tostain

Pour faciliter le pâturage, nous avons aussi aménagé des chemins de qualité pour atteindre un total de 1 225 mètres. Ceux les plus fréquentés, comme à la sortie des robots ou autour de la passerelle, ont été bétonnés. La locomotion des vaches a aussi son importance. Nous intervenons nous-mêmes sans attendre si le besoin s’en fait sentir. Le dernier avantage de ne plus faire traverser les vaches, c’est que la route n’est plus jamais salie. »

Côté éco

• Passerelle 20 000 €

• Maçonnerie 23 000 €

• Équipement (clôtures, chemins, carburant) 10 000 €

 

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