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« Nous apportons de la paille broyée dans la ration de nos laitières pour la fibre efficace », dans le Maine-et-Loire

Au Gaec Vernoux, de nouveaux critères d’analyse des fourrages mesurant la part de fibres efficaces ont amené les associés à distribuer de la paille broyée à leur troupeau de hautes productrices.

<em class="placeholder">Les trois associés du Gaec de Vernoux</em>
« Le maître-mot pour nous est de produire des fourrages de qualité et de bien les valoriser », indiquent Stéphane Lebastard, Samuel Ricou et Corentin Martin.
© V. Bargain

« Produire plus de lait à partir des fourrages de l’exploitation est un objectif essentiel, indiquent Samuel Ricou, Stéphane Lebastard et Corentin Martin, associés du Gaec Vernoux. Depuis cinq ans, un gros travail a été mené sur la qualité et la présentation des fourrages. » Et depuis l'été dernier, le Gaec recourt en outre à de nouveaux critères d’identification des fibres pour l’analyse de ses fourrages.

Les maïs sont choisis parmi les variétés dentées typées grain, à haut niveau d’amidon rapidement digestible, et récoltés quand les grains sont mûrs mais les feuilles encore vertes. Les éleveurs veillent aussi à produire et récolter de l’herbe de qualité. « Nous la fertilisons le plus tôt possible, poursuivent les éleveurs. Et nous l'ensilons à un stade jeune, dès fin mars début avril. »

Fiche élevage

3 associés

140 vaches à 46 kg de lait corrigé

45 de TB

35 de TP

1 750 860 l de lait produit

240 ha dont 74 de maïs, 80 d'herbe, 16 de luzerne, 106 de céréales

Le Gaec est aussi très attentif à la présentation des fourrages, pour assurer une ration homogène et limiter le tri. Le maïs est coupé en brins de 6-8 mm, l’herbe en brins de 10-15 mm. Et de l’eau est ajoutée dans la mélangeuse pour lier les aliments. Le Gaec utilise aussi des levures pour la conservation des fourrages.

Augmenter le taux de fibres indigestibles

Les ensilages de maïs et d’herbe sont analysés tous les deux-trois mois, le foin de luzerne une fois par an. Une nouveauté depuis 2025 est l’utilisation de critères mesurant le taux de fibres efficaces des fourrages, proposés par Terrena. « Comme beaucoup d’élevages, le Gaec Vernoux distribue aujourd’hui des fourrages très riches en énergie, explique Romuald Athimon, nutritionniste chez Terrena. Ces fourrages sont favorables à la production de lait. Les vaches consommant par ailleurs beaucoup d’aliment au robot, ils peuvent toutefois entraîner un transit trop rapide. Un taux suffisant de fibres indigestibles est donc nécessaire pour ralentir le transit et assurer une bonne efficacité alimentaire. »

 

 
<em class="placeholder">La paille broyée est apportée dans la ration en brins de 2 centimètres.</em>
La paille broyée est apportée dans la ration en brins de 2 centimètres. © V. Bargain

Depuis l'été dernier, l’analyse des fourrages inclut donc le taux de fibres indigestibles, qui varie selon l’espèce, la parcelle, le stade de maturité et évolue dans le temps. Et elle mesure aussi la taille des particules, la combinaison des deux critères déterminant le taux de fibres « efficaces » dans le rumen. « Ces analyses ont montré que les fourrages de l’exploitation peuvent manquer de fibres indigestibles, indique Romuald Athimon. Les vaches hautes productrices ayant parfois un transit trop rapide, révélé par des selles liquides, et le Gaec souhaitant produire plus de lait et de matière grasse, les éleveurs ont fait le choix d’apporter de la paille broyée dans la ration. Riche en fibres indigestibles, celle-ci contribue à ralentir le transit sans trop encombrer le rumen et donc sans limiter l’ingestion et donc d'assurer une bonne efficacité alimentaire»

Une production de 4 kilos de lait corrigé en plus

Désormais, 800 g/jour/VL de paille broyée sont ajoutés à la ration des laitières. « Pour les vaches laitières et les taries, nous achetons de la paille broyée dépoussiérée », précise Samuel Ricou. En moins de six mois, les résultats se sont améliorés. « Depuis que les vaches reçoivent de la paille broyée, elles démarrent mieux en lactation et produisent plus de lait. Le pic des hautes productrices est passé de 55 kilos à 60 kilos. Le TB a également augmenté de 42 à 45 grammes par kilo. Au final, la production est ainsi passée de 42 kilos à 46 kilos de lait corrigé. »

Repères

La ration des vaches laitières comporte 8,7 kg MS d'ensilage de maïs, 3 kg MS d'ensilage d'herbe, (ray-grass anglais-trèfle blanc ou ray-grass italien), 1,1 kg MS de foin de luzerne, 0,73 kg MS de paille de blé broyée, 3 kg MS de céréales, 2,5 kg de tourteau de soja, 0,8 kg de minéral complet, 0,51 kg de mélasse, 8 kg d'eau.

Cinq critères valorisés

Cinq critères, pouvant être demandés à tout laboratoire, sont désormais intégrés dans le rationnement des laitières du Gaec :

- la dNDF, représente la part de fibres potentiellement fermentescibles dans le rumen. Plus elle est élevée, plus le fourrage est riche en énergie. Mais s’il y en a trop, le transit peut être trop rapide, ce qui réduit l’efficacité alimentaire ;

- l’uNDF représente la part de fibres indigestibles, qui vont maintenir le temps de mastication et rumination et augmenter l’efficacité alimentaire ;

- la peNDF mesure la longueur des fibres. Combinée à l’uNDF, elle détermine le taux de fibres « efficaces » pour la rumination, la salivation, le brassage du bol alimentaire ;

- l’énergie flash, fermentescible dans les 2 heures ;

- la protéine flash, fermentescible dans les 2 heures. Un bon équilibre entre énergie flash et protéine flash est nécessaire au bon démarrage de la fermentation et au confort digestif tout au long de la digestion.

Franck Gaudin, nutritionniste

« Assembler au mieux ses fourrages »

 

 
<em class="placeholder">« Nous apportons de la paille broyée dans la ration de nos laitières pour la fibre efficace », dans le Maine-et-Loire</em>
© V. Bargain

« Il y a plusieurs façons de produire du lait. Aux USA, la ration des vaches laitières comprend 50 % de fourrages et 50 % de concentrés. Aux Pays-Bas, elle comporte 65 % de fourrages et 35 % de concentré. En France, la ration varie beaucoup selon les régions. Le rendement en ensilage de maïs peut être élevé, mais le maïs peut se révéler peu digestible, ou l'inverse un rendement plus faible, mais un maïs plus digestible. Il y a aussi des méteils de composition très différente, dont la digestibilité varie selon le stade de récolte. D'où l'intérêt d'analyser tous les critères pour assembler au mieux ses fourrages. »

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