Guerre au Moyen-Orient
Avec un pouvoir d’achat sous tension, que propose Damien Lacombe du collectif Amalté pour fournir une aide alimentaire aux plus précaires ?
Damien Lacombe, un des fondateurs et porte-parole du collectif Amalté, vient de publier un appel à mettre en place un dispositif d’aide financière destiné à tous ceux qui sont en précarité financière dans un contexte fragilisé par les répercussions du conflit au Moyen-Orient.
Damien Lacombe, un des fondateurs et porte-parole du collectif Amalté, vient de publier un appel à mettre en place un dispositif d’aide financière destiné à tous ceux qui sont en précarité financière dans un contexte fragilisé par les répercussions du conflit au Moyen-Orient.
Damien Lacombe, éleveur laitier et ancien président du conseil d’administration de la coopérative Sodiaal, a publié début avril un texte sur le site du collectif Amalté engagé contre la précarité alimentaire en promouvant une politique d'aide ciblée. L’auteur qui est le porte-parole du collectif s’inquiète des répercussions du conflit au Moyen-Orient : « Avec l’augmentation brutale et durable des prix de l’énergie, la facture va naturellement se répercuter progressivement sur l’ensemble de l’économie, et donc sur la chaîne alimentaire et sur les niveaux de consommation des ménages les plus précaires, tant quantitativement que qualitativement ».
A relire : Neuf organisations et coopératives agricoles s'unissent contre la précarité alimentaire
L’alimentation est devenue la variable d’ajustement économique des ménages
Il estime que l’alimentation est devenue la variable d’ajustement économique des ménages. Selon lui, la France, et à terme l’Europe, doivent se doter d’une « stratégie ambitieuse et effective en matière de sécurisation des approvisionnements stratégiques, aussi bien énergétiques qu’agricoles et alimentaires, mais également en termes d’accès et de consommation ». Il ajoute que « les deux versants, offre et demande, doivent être sécurisés de pair : telle est l’unique condition qui permet à un pays souverain de garantir la sécurité de son économie et de sa population, mais aussi l’avenir de son agriculture ».
A relire : 2 propositions phares en faveur de la consommation des fruits et légumes pour les plus démunis
Aider financièrement les personnes précaires et les associations d’aide alimentaire
Damien Lacombe rappelle que le collectif Amalté (qui compte parmi ses fondateurs Sodiaal, La Coopération Agricole, la FNSEA, les Jeunes Agriculteurs, Solaal, Intercéréales, Fédalis ou encore Limagrain et Maïsadour) travaille depuis 2024 sur ces sujets. « Avec des propositions pragmatiques et opérationnelles qui permettraient notamment, sans dépense publique nette additionnelle, d’offrir un budget supplémentaire de 100 euros par mois à plus de 5,3 millions de personnes, et 100 millions d’euros par an aux associations d’aide alimentaire qui constituent la clé de voûte actuellement de la lutte contre la précarité alimentaire en France », explique-t-il.
A relire : Banques alimentaires : comment les agriculteurs ont contribué à l’aide alimentaire en 2024
Une carte de paiement spécifique dotée d’un budget de 100 euros mensuels
Concrètement, ce que propose le collectif Amalté pour les personnes souffrant de précarité alimentaire est une carte de paiement spécifique (de type Visa ou Mastercard), dotée d’un budget de 100 euros par mois, pour l’achat exclusivement de produits destinés à l’alimentation comme les fruits, les légumes, les aliments pour bébé, le lait, les produits laitiers, les viandes ou les produits d’épicerie. Tous les magasins et épiceries proposant des produits alimentaires seraient éligibles, afin de capitaliser sur le maillage du territoire par les différents magasins, dont les grandes surfaces de distribution. Les produits éligibles et les personnes bénéficiaires seraient validés par les services publics concernés.
Aucune dépense nette pour financer le programme d’aide
Pour financer ce programme d’aide alimentaire, le collectif Amalté pense qu’il est possible, en optimisant le rendement de l’actuelle taxe sur les transactions financières avec les transactions intra journalières et le trading à haute fréquence, de générer de nouvelles recettes importantes pour l’État, qui permettrait d’être partiellement utilisées pour financer, dans la durée, le déploiement d’un tel dispositif.