« Avec l’Agroscopie, j’aimerais redonner aux Français l’envie de comprendre les paysages agricoles qu’ils voient depuis la route »
Nicolas Clair est président d’une coopérative légumière bio et producteur d’œufs de poules plein air, et des fourrages dans la Loire. Il a développé le concept d’« Agroscopie » afin de recréer du lien entre agriculteurs, ruraux et urbains. Interview vidéo.
Nicolas Clair est président d’une coopérative légumière bio et producteur d’œufs de poules plein air, et des fourrages dans la Loire. Il a développé le concept d’« Agroscopie » afin de recréer du lien entre agriculteurs, ruraux et urbains. Interview vidéo.
« J’aime bien dire je suis un paysan qui ne souhaite pas qu'on lui fiche la paix. J'ai envie d'être challengé, d'être interrogé par les citoyens », explique Nicolas Clair, président d’une coopérative légumière bio et producteur d’œufs de poules plein air et de fourrages, le 17 juin sur sa ferme à Sainte-Foy-Saint-Sulpice (Loire). Il accueille ce jour-là un « débat à la ferme », organisé par l’association Les Voix Agricoles dont il est membre de la promotion 2026. Le thème du jour, choisi par Nicolas, est intitulé « Comprendre et réparer la fracture du regard sur l’agriculture ». L’occasion pour lui de présenter son concept d’Agroscopie. « L’Agroscopie, c'est le regard sur le monde agricole », affirme Nicolas Clair. « C’est une démarche qui vise à redonner aux citoyens les mots, les repères et les méthodes nécessaires pour lire les paysages agricoles », détaille-t-il.
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« Si on nous critique, ça doit être fait avec les bons mots », défend Nicolas Clair
Pour Nicolas, les Français ont perdu le vocabulaire agricole, mais restent intéressés par l’agriculture. « Les Français aiment la bonne bouffe, ils aiment les paysages agricoles », souligne-t-il. « J'aimerais, à travers ce concept d'Agroscopie, redonner aux Français l'envie de comprendre ce qu'ils voient depuis la route », affirme Nicolas. Selon lui, ce travail de lien entre agriculteurs, urbains et ruraux est essentiel pour débattre ensemble de sujets qui les concernent tous, comme l’alimentation, la biodiversité, les paysages, ou encore la qualité de l'eau. « On a tellement de responsabilités sur la vie de tous les Français qu'on doit accepter le débat avec eux », explique l’agriculteur.
« Or si on nous critique, nous les paysans, on doit pouvoir exiger que ce soit fait avec les bons mots et en ayant compris les problématiques agricoles », défend Nicolas Clair. C’est via cette pédagogie qu’il espère faire comprendre les enjeux de l’agriculture française. « Ils comprendront aussi qu'il y a des processus, que c'est très compliqué de réorganiser l'agriculture, qu'il y a des filières, qu'il y a des spécialisations », continue l’agriculteur de la Loire. « Mon pari, c'est que si le dialogue se renoue intelligemment, on va pouvoir échanger et amorcer ces évolutions », soutient-il.