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Poulet : Pourquoi le Label Bien-être animal de LDC fait polémique

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La densité maximale de ce label est de 38 kg/m², contre 42 kg/m² pour le standard mais 30 kg/m² pour l’ECC. Crédits : © Catherine Takoukang

Le Label « Bien-être animal, filière agricole engagée » lancé la semaine dernière par plusieurs acteurs de la filière volaille française, dont le leader LDC, a fait parler dans les rangées du Space 2026. Car les tenants du label ECC font valoir une démarche moins disante, en termes de densité et de souches de poulets.

Propos receuillis au Space par Bastien Lelandais et Virginie Pinson

Le Collectif « Filière Agricole Engagée pour Élever le Bien-Être Animal » était présent au SPACE à Rennes ce mardi 15 septembre pour présenter son nouveau label. Dans ses rangs, des grands du secteur, comme LDC, Eureden, Le Gouessant, Sanders. 

« Une initiative de filière globale, collaborative et évolutive »

La démarche est ouverte : « L'objectif n'est pas d'en faire une démarche propre à un groupe, mais bien une initiative de filière globale, collaborative et évolutive » explique Dylan Chevalier, Directeur de la RSE et du développement durable du groupe LDC rencontré au SPACE. 

Lire aussi : Poulet ECC : « les acteurs de l’aval doivent prendre leurs responsabilités » les résultats du ChickenTrack 2025

Mettre en avant les bonnes pratiques du bien-être animal 

 Ce label permet de mettre en avant les bonnes pratiques françaises, car « en 10 ans les éleveurs ont investi 130 millions d’euros en faveur du bien-être animal et plus de 100 000 m² de fenêtres ont été installés sur plus de 2 600 poulaillers en France pour apporter de la lumière naturelle » rappelle Dylan Chevalier. Ce label se veut une nouvelle arme de reconquête de la souveraineté française, en mettant en avant les progrès des éleveurs français en rayon, pour inciter le consommateur à choisir l’origine France pour un surcoût réduit. « L’objectif de notre démarche est de promouvoir l’origine France sur nos produits  » confirme Dylan Chevalier. 

Lire aussi : European Chicken Commitment  : combien coûte l’amélioration du bien-être des poulets 

« Nous voulons faire connaître les bonnes pratiques utilisées dans nos élevages aux consommateurs, valoriser nos volailles et être récompensés financièrement » appuie Tristan Poincloux, éleveur de volailles. 

Des ONG parlent de tromperie au consommateur 

Interrogé en amont du Space, un membre d’une ONG qui protège le bien-être animal se disait outré. « C’est n’importe quoi. LDC s’engage vers l’ECC puis fait marche arrière en promouvant un label qui n’est basé sur aucune préconisation scientifique ! ».

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« Un label qui n’est basé sur aucune préconisation scientifique »

 OABA, CIWF France, Welfarm et LFDA ont d’ailleurs annoncé le 14 septembre saisir « saisir la DGCCRF » (Fraudes). Les ONG contestent l’utilisation des souches à croissance rapide (interdites dans le cahier des charges de l’ECC), ainsi que sur des densités supérieures à ce que promet l’ECC. La densité maximale de ce label est de 38 kg/m², contre 42 kg/m² pour le standard mais 30 kg/m² pour l’ECC. Hugo Clément, l’animateur militant, dénonce ce logo dans une vidéo très partagée sur les réseaux sociaux. Selon la journaliste Axelle Playoust-Braure, un poulet avec ce label bien-être animal aurait une note de D (standard) selon les critères de l’étiquette bien-être animal poulet.  

Les bâtiments sont compatibles poulet ECC 

Les critères promus par ce collectif impliquent par ailleurs l’accès à la lumière du jour, donc l’élevage en bâtiments conformes à l’ECC. Chez certains éleveurs croisés au SPACE travaillant pour des entreprises engagées dans cette filière, la méfiance domine. Ils jugeaient ne pas avoir été prévenus suffisamment en amont. 

Lire aussi : Poulet ECC : « c’est un moment intéressant pour se démarquer, aller chercher des marchés, y compris en restauration »

Rémunération des pratiques bien-être animal

La question de la rémunération est aussi souvent évoquée. Le modèle intègre un système de bonification du prix payé à l'éleveur. Plus les indicateurs de bien-être animal sont bons, plus la rémunération de l'éleveur est revalorisée. Un des indicateurs utilisés est le taux de pododermite. La santé des pattes est un révélateur de la qualité de la litière. En modifiant les pratiques (exemple : transition vers un chauffage biomasse/bois, optimisation de la ventilation), certains éleveurs sont passés à moins de 5 % de taux de pododermite tout en gagnant en compétitivité. 

« Limiter les importations de poulets qui ne respectent pas les exigences imposées dans les poulaillers français  » 

« L’objectif de LDC est d’aider les éleveurs comme Tristan dans cette démarche, promouvoir l’origine France, développer la souveraineté alimentaire et limiter les importations de poulets qui ne respectent pas les exigences imposées dans les poulaillers français  » conclut Dylan Chevalier. 

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