Logettes : le couchage est-il confortable ?

- - 4 min
COUPEZ LE BORD DROIT POUR QU'ON NE VOIT PAS LA FIN DES BARRES METALLIQUES DS LOGETTES NI LES POTEAUX LES VACHES APPRÉCIENT UNE BARRE AU GENOU souple, arrondie et basse (pas plus de 10 cm), cela leur laisse la possibilité d'étendre leur patte en avant comme ELLES le feraient en pâture. La barre au genou joue le rôle d’arrêtoir au sol, en empêchant la vache de se mettre trop en avant dans la logette. La taille d’une vache détermine la longueur entre le bord extérieur de la logette et l’arrêtoir. En général, un arrêtoir situé 1,80 à 1,85 mètre du seuil convient à la majorité des troupeaux. Crédits : © E. Bignon
POURQUOI CETTE VACHE RESTE-T-ELLE DEBOUT les pattes en dehors de la logette ? Ce n’est pas normal. La barre au cou est-elle suffisamment avancée ? L’arrêtoir est-il bien placé ? Il faut une profondeur de logette ni trop courte ni trop longue. La vache doit être calée sur ses quatre pieds, à 5-10 cm du bord de la logette. Couchée, son postérieur et ses pattes ne dépassent pas. La queue est à la limite mais à l’intérieur de la logette. Trouver quelques bouses sur le bord intérieur des logettes n’a rien d’anormal. L’absence totale de bouse témoigne de logettes trop courtes ou d’un temps de séjour insuffisant. Crédits : © E. Bignon
LAISSEZ-VOUS TOMBER QUATRE À CINQ FOIS à genoux sur le sol d’une logette, vous ne devez pas avoir mal. Dites-vous qu’une vache effectue une quinzaine de mouvements de coucher-relever par jour. Ce test permet de s’assurer du confort de la logette. Le sol doit être doux, sec et propre. Un sol trop dur n’incitera pas une vache à se coucher et augmentera l’apparition de troubles physiques comme les genoux et les jarrets enflés. Attention aussi à l’épaisseur de paille sur les aires paillées fraîchement raclées. Crédits : © E. Bignon
COUPEZ DU TOIT OBSERVEZ LA PROPORTION DE VACHES COUCHÉES parmi celles qui ne mangent pas : elle doit dépasser les deux tiers. Dans le cas contraire, le confort de couchage est certainement perfectible. Si le confort des logettes n’est pas optimal, les vaches ne s’y couchent que quand elles sont fatiguées et elles y restent alors longtemps sans retourner à l’auge. Crédits : © E. Bignon
LA LUMIÈRE DOIT PERMETTRE DE LIRE le journal sans problème dans toute la stabulation. Crédits : © DR
FACU?? Crédits : © BCEL-Ouest
CETTE VACHE SEMBLE AVOIR BIEN DU MAL à se relever. Les barres transversales à l’avant de la logette ne doivent pas gêner la vache lorsqu’elle étire son encolure. Ici, les bottes de paille stockées entre les deux rangées logettes ne permettent pas un dégagement suffisant. À l’avant d’une logette, le dégagement minimum doit être de 120 cm entre l’arrêtoir et le mur Normalement, le mouvement de coucher et de relever prend moins de 5 secondes. Crédits : © E. Bignon

En stabulation, les vaches doivent pouvoir se coucher entre 12 et 14 heures par jour. Le repos est primordial pour optimiser leur production laitière et améliorer leur santé et leur bien-être, indique Stéphane Saillé de BCEL-Ouest. Une heure couchée en plus, c’est deux kilos de lait supplémentaires qui sont produits ! » Ce phénomène s’explique par une augmentation du flux sanguin dans la mamelle, un temps de rumination plus long, et la baisse des dépenses énergétiques. Quand la vache est couchée, elle voue en effet tout son métabolisme à la production laitière, alors qu’en restant debout, elle brûle des calories inutilement. D’où l’importance d’un couchage confortable, sain et facilement accessible. Un bon réglage des logettes est essentiel. « Nous constatons beaucoup d’erreurs lors de la conception des installations : manque de dégagement devant, logettes trop courtes, barre au cou trop reculée… Il suffit parfois de prendre le temps d’observer ses vaches et de modifier le réglage des logettes pour que la situation s’améliore. »

Le saviez-vous ?

Une vache dort seulement une demi-heure par jour ! Cette vache a l’œil fermé, elle est complètement relâchée, la tête contre le flanc. Hyper détendue, on a presque l’impression qu’elle est morte. À côté, les autres vaches couchées sont au repos, elles ruminent, l’œil ouvert et la tête active.

Quatre points de contrôle dans votre bâtiment

1-La lumière stimule l’activité et la production. Elle contribue aussi au bien-être des vaches et de l’éleveur ! Une bonne visibilité dans la stabulation est nécessaire pour bien observer les animaux. « L’éclairage recommandé pour stimuler les vaches en lactation s’élève à 150-200 lux pendant 16 heures par jour, détaille Johann Cariou de BCEL-Ouest. La lumière empêche la sécrétion de la mélatonine - l’hormone du sommeil - qui freine l’activité et augmente la fatigue. Plus de lumière favorise notamment l’ingestion. » Mieux vaut privilégier la lumière du jour (gratuite !) avec des translucides nettoyés régulièrement.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

2-Une vache a besoin d’air frais pour respirer. La ventilation est primordiale pour gérer la température et l’humidité dans les bâtiments. « Si on ne ventile pas un bâtiment, cela équivaut à déverser deux seaux d’eau par jour sur un animal », illustre Johann Cariou. Même en hiver, il faut faire respirer les bâtiments en ouvrant le plus possible, de façon adaptée à chaque situation.

3-L’espace dans l’étable détermine la liberté de mouvement des animaux, et une bonne prise au sol favorise leurs déplacements. « Il faut viser une occupation homogène des zones de couchage. Observez la répartition des animaux et repérez s’il y a des zones vides. On observe parfois une rangée de logettes mal fréquentées." Demandez-vous pourquoi. Est-ce lié à un courant d’air froid ? Est-ce une zone plus humide ? L’accès à ce couloir de logettes est-il moins pratique (passage étroit, obstacle réduisant le passage…) ?

4-Une vache n’aime pas se sentir coincée et doit toujours avoir une échappatoire. Les culs-de-sac sont à éviter. « Il faut 4,5 à 5 mètres derrière les cornadis pour QUE deux vaches puissent se croiser quand une vache mange. Entre les rangées de logettes, nous recommandons un couloir de circulation toutes les 15-20 logettes, de 3,50 mètres de large s’il y a un point d’eau dans le passage. »

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires