Les nuggets, jambons, tenders et saucisses peuvent être végétaux, pas les steaks, le bacon ou les pilons, a tranché le trilogue européen après un feuilleton de plusieurs années. Mais certains opérateurs du végétal annoncent déjà qu'ils contesteront la décision en justice.
Le trilogue européen composé du Parlement, de la Commission et du Conseil a rendu le 5 mars une décision sur le sort des dénominations des appellations végétales. Il avait été saisi par Céline Imart (PPE, droite). Un accord a été trouvé notamment pour réserver l'utilisation de termes comme « steak », « pilon » et « foie » aux produits carnés et exclure les produits cultivés en laboratoire. 31 mots au total seront interdits, notamment les noms des espéces ( « vache végétale» ou « porc végétal», ce qui n'était pas pratiqué). « Lardon végétal», « jambon végétal» seraient autorisés, mais pas « bacon végétal».
Les termes « saucisse » et « burger » ne sont cependant pas concernés puisqu’ils sont considérés comme des termes d’usage. « Cet accord représente un succès incontestable pour nos éleveurs », se félicite la rapporteure, Céline Imart. « Nous saluons cette décision qui tend à respecter la maturité des consommateurs (…) il n’existe aucune confusion pour les citoyens : ils choisissent délibérément le végétal pour son impact et ses qualités nutritionnelles », déclare Guillaume Dubois, co-fondateur de HappyVore.
Un vote et une période de transition pour les fabricants de produits végétaux
Le texte sera finalisé vendredi prochain puis soumis officiellement au vote du Conseil de l'Agriculture et des Pêches et subira un dernier vote lors de la séance plénière du Parlement. Le cas échéant, une période de transition serait ensuite mise en place pour donner le temps aux acteurs concernés de faire évoluer leurs emballages. « La suite n’est pas écrite : cette réglementation pourrait encore être contestée juridiquement, et le sera » prévient Nicolas Schweitzer, co-fondateur de La Vie. Interbev annonce de son côté rester attentif à la poursuite des travaux européens dans le cadre de l’OCM visant à renforcer la protection d’autres dénominations traditionnellement associées aux produits carnés, telles que la dénomination « escalope ».