Les Côtes du Rhône misent sur la séduction

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Et si les vignerons produisaient un vin en fonction du désir d’un profil de consommateurs bien défini ? Inter Rhône pousse le débat.

Les Côtes du Rhône ont ouvert le chantier de la reconquête des parts de marché. Les 4ème assises de la communication, réunissant plus de 500 personnes, ont été entièrement consacrées à la segmentation de l’offre des Côtes du Rhône régionaux pour une meilleure adaptation à la demande du marché. Pour cela Inter Rhône mise sur le concept « Séduction » afin de sortir les vins locaux d’une offre abondante, complexe, peu différenciée et difficilement identifiable.

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Dans ce sens, Inter Rhône a déjà proposé un schéma de différenciation qui repose sur trois segments : le segment basique, le segment « séduction » et le segment « ambassadeur » réservé aux vins de garde. Le segment « Séduction » se veut plus abordable. Globalement, l’AOC prétendant à la « Séduction » est rond, souple, au caractère fruité marqué et intense, à la couleur vive, à l’aspect brillant et surtout sans agressivité tannique. « C’est un vin destiné à être bu, non pas à être dégusté ». Une définition qui correspond parfaitement aux vins du nouveau monde qui ont mis à mal la production de vins rouges français. « C’est un créneau qui émerge sur les grands pays consommateurs, ancienne chasse gardée des vins français, souligne Jérôme Villaret, directeur du service économique d’Inter Rhône. Le vin « séduction » représente 30 % des volumes tous circuits de distribution confondus en Allemagne et aux Pays Bas, 27 % en Suisse, 32 % en Belgique, 70 % de la consommation à domicile en Grande Bretagne, 50 % des volumes importés aux USA et 27 % des volumes sur le marché danois. Globalement, les vins séduction représentent 50 % de la consommation mondiale. »

Sortir de l’uniformité Cabernet/Sauvignon

Ce concept a été « inventé » par les pays nouveaux producteurs, illustré par le propos de Pierre Dubrion œnologue chez Southcorp (Australie). « L’approche australienne est caractérisée par une vision ascendante : on part d’un type de produit -prix, profil, public- et on remonte au raisin en posant la question : comment va-t-on produire ce vin ? Cette conception du produit détermine les relations marketing/œnologie. Le marketing en détermine les caractéristiques marchandes. Dès lors les œnologues savent ce que l’on attend d’eux et vinifient en conséquence ». Mode de travail à l’opposé des méthodes françaises où l’on produit d’abord avant de penser à la valorisation des vins. « La vallée du Rhône dispose de nombreux atouts et est en mesure d’élaborer facilement des vins séduction, constate Françoise Dijon (œnologue d’Inter Rhône). Nous disposons de volumes suffisants et de cépages pour sortir de l’uniformité Cabernet/sauvignon. Mais l’essentiel est de savoir à qui on veut le vendre et de créer des gammes cohérentes. Dans le marché actuel, il serait illusoire de prétendre intéresser tous les consommateurs ». Reste à vaincre les réticences des viticulteurs : innover sans y perdre leur âme, se lancer dans le marketing, sortir de la passivité, anticiper, raisonner d’une autre manière. Une véritable révolution culturelle.

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