Pour la première fois depuis plusieurs années, les indicateurs économiques montrent une situation assainie et laissent souffler un vent d'espoir dans le bordelais. Explications.
Baisse sensible des surfaces, évolutions très positives des transactions, net redressement des sorties de chais des producteurs, stocks de fin de campagne en baisse et prix moyens en légère hausse : les premiers chiffres de commercialisation de la campagne 2006-2007 sont encourageants.
Pour Bernard Farges, le président des Bordeaux et Bordeaux Supérieurs,
« il n'est pas question de dire aujourd'hui que tout est formidable, qu'on est euphorique. La réalité économique de nos exploitations est là », explique-t-il.
« Mais nous sommes dans une phase plutôt optimiste ». Si cette tendance de retour à l'équilibre entre l'offre et la demande se poursuit et si les cours continuent de se raffermir, les 7 appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur
Bordeaux rouge, Bordeaux Supérieur rouge, Bordeaux blanc, Bordeaux Supérieur blanc, Bordeaux rosé, Bordeaux clairet, Crémant de Bordeaux pourraient, enfin, amorcer leur sortie du tunnel.
La meilleure campagne depuis 2001-2002
« Nous avions produit plus que nous commercialisons,a expliqué le président des Bordeaux à la presse bordelaise, vendredi.
Depuis trois ans, nous avons inversé la tendance : nous ne produisons pas un litre de raisin de plus que nous ne pouvons commercialiser. Nous avons agi sur deux leviers : réduction des stocks par des mesures restrictives douloureuses - arrachage, distillation et ça va durer quelques années encore - et opérations de promotion qui devraient générer une hausse de la commercialisation ».
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Les efforts commencent à payer : 2006-2007 est la meilleure campagne enregistrée depuis 2001-2002 en Bordeaux et Bordeaux supérieur. Le marché a été assaini dans toutes les appellations. Les stocks ont baissé et sont cohérents avec la commercialisation. Les sorties des propriétés sont en hausse et la petite récolte attendue cette année, avec un temps superbe ces derniers jours, propice à la qualité - sont de bon augure. Les cours ont remonté un peu : 880 euros du tonneau, prix moyen de la dernière campagne en Bordeaux rouge, soit +5,3 %. Très bas encore pour retrouver la rentabilité, reconnaît-on, mais un léger mieux. Il faudrait néanmoins dépasser les 1 000 euros pour espérer réinvestir dans la qualité et assurer la pérennité des entreprises.
France : en recul dans les grandes surfaces
Malgré des résultats moins défavorables sur le court terme, les ventes de vins de Bordeaux sont toujours en recul dans les GMS, en France. Cette évolution négative se retrouve aussi bien en Bordeaux rouge qu'en Bordeaux Supérieur. Les foires aux vins qui se préparent pourraient aider à rattraper le retard. A l'inverse le Bordeaux blanc affiche une progression particulièrement marquée sur les 3 derniers mois (+ 12 %).
Hors frontières, avec + 1 % en volume cumul des 12 derniers mois, les exportations de vins de Bordeaux confirment globalement leur reprise, mais en recul important sur des pays traditionnels comme la Belgique, la Hollande et le Danemark. L'Allemagne, en progression de + 3 %, retrouve la voie de la croissance et la Grande Bretagne reste stable. Les pays de l'Union Européenne restent en retrait (- 4 %) alors que les Pays tiers continuent de progresser (+ 9 %). L'Asie avec + 6 % au Japon, + 23 % sur Hong Kong, + 62 % en Corée, + 32 % à Singapour est toujours aussi dynamique. La Russie (+ 42 %) enregistre également un beau score, tandis que les Etats-Unis marquent le pas avec - 3 % et le Canada progresse de +3 %