La demande des ménages en fromage de chèvre résiste, mais la collecte s’est tassée en 2025. Sur le début 2026, la tendance est plus dynamique. La filière, attractive, n’en reste pas moins confrontée à l’enjeu du renouvellement des générations d’éleveurs caprins.
La collecte de lait de chèvre a progressé de 7,1 % sur les deux premiers mois de 2026, selon l’enquête mensuelle laitière publiée par FranceAgriMer. Des fourrages de bonne qualité et un nombre important de chevrettes nées en novembre expliquent cette hausse. « La suite dépendra de la météo et de la qualité des fourrages récoltés au printemps », constate l’Idele. À 1 015,82 €/1 000 litres, le prix moyen réel payé à l’éleveur caprin en moyenne sur janvier et février est stable sur un an (+0,9 %).
À 497 millions de litres en 2025, la collecte française de lait de chèvre a diminué de 0,5% d’une année sur l’autre, soit 2,6 millions de litres en moins. L’Idele rappelle que les livraisons étaient en net retrait en début d’année, puis elles se sont stabilisées au printemps avant de rebondir au second semestre grâce à des fourrages de meilleure qualité, un ensoleillement plus important et moins d’humidité. À noter, 41 % de la collecte de lait de chèvre est réalisée en Nouvelle-Aquitaine, bassin historique de la production caprine, mais les volumes y ont reculé de 3 % par rapport à 2024. Le difficile renouvellement des générations et la concurrence avec d’autres productions, notamment céréalières, expliquent les difficultés de la zone selon l’Idele. La collecte est en revanche stable dans les Pays de la Loire, mais progresse dans les plus petites régions caprines que sont l’Occitanie, le Centre Val de Loire et la Bretagne.
En 2025, les livraisons de lait de chèvre biologique ont été en recul pour la troisième année consécutive affichant -2 % sur l’année, à 22,7 millions de litres, reflet de la baisse du nombre d’éleveurs, qui a été néanmoins moins prononcée qu’en 2024. Le prix moyen payé du lait bio en 2025 a été de 1 088 €/ 1 000 litres, en hausse de 11 €/1 000 L par rapport à 2024, soit +1%.
Rajeunir la filière caprine
Attractive, la filière lait de chèvre affichait un taux de remplacement des actifs (producteurs fermiers et livreurs) de 106% jusqu’en 2018-2020 et était parvenue à maintenir ses effectifs de producteurs de lait de chèvre. Mais en 2024, le nombre de livreurs a reculé de 3 % et en 2025 de 2 %. La moyenne annuelle du prix de s’est élevée à 828 €/1 000 litres, soit +4 €/1 000 L par rapport à 2024 (+0,6%).
La demande des ménages en produits au lait de chèvre est tonique…
La bûchette reste le poids lourd de l’industrie laitière caprine puisqu’elle représente 48 % des fabrications, soit 46 200 tonnes. Les plus gros fromages comme les pyramides ont souffert de l’inflation, les ménages se tournant vers des grammages plus modestes, ce qui a profité aux crottins. À noter, une reprise des ventes sous marque nationale (+2,1 %), une première depuis 2022.
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L’ultra-frais (skyr, yaourts, faisselle), progresse avec des fabrications à 16 250 t en hausse de 4 % en 2025 confirmant la dynamique de 2024 (+11 %). Par ailleurs 11,4 millions de litres de lait conditionné ont été commercialisées.
…mais les achats de fromages de chèvre de la restauration reculent
Les difficultés du secteur de la restauration hors domicile (RHD) entrainent une baisse de 5,5 % de 5,5 % à 12 700 tonnes des fabrications de fromages à la coupe pour ce segment. La part des fromages de chèvre vendu en RHD ne représente que 8 % du total, en baisse.
Des exportations de fromages de chèvre stables
En revanche, les exportations de fromages de chèvre sont stables en 2025, 25 500 tonnes, soit le quart des fabrications françaises. Elles sont tournées vers l’UE, notamment l’Allemagne.
Petit recul des AOP
6 530 tonnes de fromages de chèvre sous 17 AOP ont été commercialisées en 2025, estime l’Idele, soit un recul de 3 % sur un an. Le Centre-Val de Loire et ses cinq AOP pése pour 60 % des volumes.
Reprise des fabrications de fromages de chèvre bio
En 2025, les fabrications de fromages de chèvre bio ont fortement augmenté après trois années de recul : +16%, à 1 500 tonnes. Elles restent néanmoins très inférieures à leur niveau de 2021 (-12%). La hausse des fabrications à volume livré inférieur est permise par un moindre déclassement du lait précise l’Idele. La reprise de la demande est venue des magasins spécialisés.
Fabrications des fromages de chèvres sous AOP en 2025