Lancée en 2001, la journée nationale du fromage a rappellé la valeur du patrimoine fromager français.
S’il est un produit gastronomique que le monde entier envie à la France, c’est bien le fromage. Avec plus de 400 sortes différentes pour une consommation annuelle par habitant de près de 25 kg, l’hexagone fait figure d’exception dans le paysage fromager international.
Selon le CNIEL (centre national interprofessionnel de l’industrie laitière) plus de 6,8 m€ sont dépensés chaque année dans les achats de fromage. Ils constituent la première dépense en produits laitiers des ménages français, représentant 40 % des dépenses et 7 % de leur budget alimentaire. Pourtant, une partie de cette filière est menacée. La consommation de fromage au lait cru ne cesse de chuter et ses réseaux de distribution sont en pleine mutation. 80 % des ventes sont absorbées par la grande distribution mais le rayon coupe des hypermarchés perd 8 % par an en terme de valeur. La moitié de ces pertes sont redirigées vers le rayon LS ou seuls les fromages industriels sont présents tandis que l’autre moitié représente des consommateurs définitivement perdus.
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De plus, le manque de jeunes repreneurs induit la perte des savoir-faire millénaires. Le Vacherin d’Abondance, fromage culte de Haute-Savoie, n’est plus fabriqué que par une poignée de 3 ou 4 producteurs et d’autres ont déjà disparu pour des raisons comme la mise en place d’une AOC. C’est le cas du Chevrotin des montagnes, qui a disparu au bénéfice du Chevrotin, à cause d’un cahier des charges de production trop difficile à respecter par les bergers de montagne.
24 avril : Journée nationale du fromage
Pour inverser cette tendance et préserver le fromage au lait cru, l’Association fromages de terroirs a organisé, le 24 avril, pour la 3e année consécutive, la journée nationale du fromage. Si cette association ne ne bénéficie d’aucune aide financière, elle peut toutefois poursuivre son action grâce à l’adhésion et au soutien moral de nombreux parrains – chefs cuisiniers, producteurs, affineurs, détaillants – et des réseaux professionnels comme celui des crémiers-fromagers fédérés sous la bannière Fromagers de France.
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Les professionnels font vivre cette journée à leur manière en fonction de leur imagination et de leurs possibilités,» explique Véronique Richez-Lerouge, présidente de l’association. À Paris, Lafayette Gourmet a organisé des dégustations et une initiation à l’accord pain, vins et fromage. L’objectif : faire découvrir au public des associations de goût inhabituelles : roquefort, pain aux noix et porto ; chèvre sur pain au cumin et vin blanc, ou encore Mont d’Or sur toast et confiture de figues.