Indicateurs : découvrez votre vigne autrement

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Pas besoin d'outil high-tech pour calculer le Brix de la vigne, le réfractomètre de l'exploitation est idoine. Crédits : © X. Delbecque

De nouvelles analyses, accessibles via de nouveaux ou anciens outils, font leur apparition pour monitorer au plus près la vigne. Enquête sur ces indicateurs de nouvelle génération.

Jusqu’à peu, suivre l’équilibre et la santé de la vigne sur le terrain et en saison se résumait à effectuer des analyses de pétioles, voire de rameaux, ou de réserves. Des analyses intéressantes, mais pas toujours aisées à interpréter. En outre, « il faut bien vérifier s’il y a des publications derrière ces analyses, recommande Thierry Dufourcq, ingénieur à l’IFV Sud-Ouest, car certaines analyses ne répondent pas forcément aux questions que l’on se pose ». Autre biais de ces analyses : le manque de réactivité, puisqu’il s’écoule souvent plusieurs jours entre l’envoi des feuilles au laboratoire et l’obtention du résultat. Un délai qui peut s’avérer crucial en période végétative.

Une autre analyse, de chlorophylle cette fois, donne instantanément le résultat et existe depuis plusieurs années sans guère de succès. Elle s’effectue pourtant sur le terrain via de petits appareils portatifs. Malgré ces atouts indéniables, ces analyses sont très peu employées sur le terrain. « Le N-testeur, le Dualex ou encore le Spad sont de très bons outils pour suivre le statut azoté de la vigne en saison, confirme Thierry Dufourcq. Mais ils ne sont pas assez utilisés, il faut encourager leur usage. » Peut-être que ce manque d’intérêt est lié à la faible quantité d’informations fournies.

Suivre le couple pH/redox de sa vigne, ou mesurer le Brix pour évaluer sa santé

Pour pallier ces différents biais, de nouveaux indicateurs voient le jour, portés par l’arrivée de l’intelligence artificielle et l’avancée des connaissances en physiologie végétale. Ils se basent par exemple sur les travaux d’Olivier Husson, chercheur au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), sur le couple pH/redox, sur ceux de l’entomologiste américain et directeur de laboratoire en Floride, Thomas Dykstra, sur le degré Brix ou encore sur ceux de Martin Thalheimer, du Centre d’expérimentations Laimburg, en Italie, sur l’activité stomatique. Selon ces chercheurs, suivre le couple pH/redox de sa vigne, ou mesurer son degré Brix permettrait d’évaluer la santé de ses ceps. De même, monitorer l’activité des stomates permettrait de connaître les niveaux de stress hydrique et thermique de la vigne et ainsi de piloter finement l’irrigation.

Les publications scientifiques, gages de sérieux des indicateurs

S’il n’a pas d’opinion sur ces indicateurs en particulier, Thierry Dufourcq met en garde sur les nouvelles modélisations : « il faut vraiment savoir ce qu’il y a derrière les modèles, insiste-t-il. Beaucoup de choses sont dures à montrer si on veut une information fiable ». Là encore, il estime que la présence de publications scientifiques rassure sur la fiabilité de l’indicateur…

« Le N-testeur, le Dualex ou encore le Spad sont de très bons outils mais ils ne sont pas assez utilisés »

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