Il le confie volontiers : « Le confinement m'a fait du bien parce qu'il m'a permis de recharger les batteries. » Un paradoxe ? Pas tout à fait. Quand le confinement intervient, Hervé Forestier sort d'une longue période de travail pour achever la fusion entre la coopérative Natéa, qu'il préside, et la coopérative Océalia. Un travail épuisant et ces semaines qui le cantonnent chez lui, à Ladignac-le-Long, le requinquent donc. À tel point qu'il se sent en pleine forme au moment de reprendre les rênes de la Sica Alicoop, à la mi-février.
« Les actionnaires d'Alicoop sont des coopératives comme Océalia, Cap Faye, Sèvre et Belle, Terra Lacta, Agrial qui vient de rejoindre la Sica, et d'autres », confie Hervé Forestier, lui-même vice-président d'Océalia. L'entreprise coopérative est spécialisée dans la fabrication d'aliments pour animaux. « Nous produisons plus de 350 000 tonnes d'aliments pour un chiffre d'affaires d'un peu plus de 100 millions d'euros », révèle le nouveau président. Le territoire couvert par Alicoop s'étend de l'ouest de la France (Vendée, Deux-Sèvres) au Limousin en passant par les Charentes. La Sica emploie quelque 125 personnes, sur cinq sites, à savoir Pamproux - par ailleurs le siège social - et Pas-de-Jeu en Deux-Sèvres, Civray en Vienne, Maillezais en Vendée et Parsac en Creuse.

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Un nouveau tandem
Le précédent président d'Alicoop, Philippe Rogeon, partait à la retraite, tout comme le directeur Louis-Marie Alaitru. Du coup, « le hasard de ce double départ a simplifié les choses », souligne Hervé Forestier, pour constituer une nouvelle gouvernance à la tête de la Sica. Laurent Stefanini est donc le nouveau directeur et forme le nouveau tandem avec Hervé Forestier en charge du développement d'Alicoop. « Nous nous construisons au fur et à mesure », se réjouit l'éleveur haut-viennois, qui se félicite de travailler avec quelqu'un de « très bosseur, perfectionniste ».
Le nouveau duo s'attelle à lancer d'ores et déjà les deux gros projets à venir d'Alicoop. À court terme, « nous allons mettre une ligne de fabrication à Pamproux (Deux-Sèvres) de microgranulation », explique Hervé Forestier. Le deuxième projet est une réponse à une manifestation d'intérêt qui vise « à monter une vraie filière protéique régionale pour être autonome en soja ». Ce second projet est à plus long terme puisqu'il porte sur les cinq prochaines années. Cette réflexion sur une filière protéique est menée en partenariat avec le fonds d'investissement Soléo Développement auquel participe Océalia. « Nous voulons avec ce projet aller chercher de la valeur partout et qu'elle bénéficie aux agriculteurs mais c'est aussi une réponse à la pression sociétale, par exemple sur le "zéro déforestation". Pour cela, nous devons maîtriser cette filière », précise encore le président d'Alicoop.
Alors qu'il est pleinement investi dans Alicoop, cette présidence est une pierre supplémentaire dans la construction personnelle d'Hervé Forestier, très attaché à la coopération : « Je pense toujours que le groupe est plus efficace qu'un individu seul et, quand on a besoin de quelque chose, c'est justement vers le groupe que l'on peut se tourner. »

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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