Après un bon début d’année, l’apiculture néo aquitaine s’est retrouvée face à une sécheresse et des températures sans précédent. La filière met aujourd’hui tout en œuvre pour redresser la barre.
Sécheresse, incendies, ravageurs, une situation difficile
L’apiculture n’aura pas été épargnée ces derniers mois. A l’instar de nombreuses productions, les conditions climatiques la conduisent à tirer un bilan contrasté selon les régions pour l’année 2026. En Nouvelle-Aquitaine, après un début très prometteur et une bonne récolte pour les miels d’acacia et de colza, la saison s’arrête brutalement mi-juin. « Avec la canicule, tout a été stoppé net, la production de miel comme celle de nectar, explique Pascal Turani, responsable apicole au sein de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine. Nous avons donc dû procéder au nourrissage des colonies. Couplé à l’absence de production cela augmente le coût de revient de façon exponentielle ». En effet, sans nectar, pas de ponte de la reine et donc pas de renouvellement des abeilles ouvrières. Si quelques départements ont pu bénéficier d’aides au nourrissage, ce ne sera pas suffisant. Les incendies dans les Landes et en Gironde affectent également la filière en faisant perdre des ruches et surtout de nombreux emplacements. Après la perte de production, l’inquiétude porte désormais sur l’année à venir. « Les colonies sont affaiblies et elles pourraient avoir du mal à passer l’hiver et à redémarrer au printemps prochain », reprend Pascal Turani. Le verdict sera rendu en février-mars après la visite des ruches.
Une filière qui se mobilise
Depuis de nombreuses années, la filière apicole se mobilise. Un travail de longue haleine de la FNSEA a permis de rassembler une majorité de pays autour d'une proposition qui a abouti à l’adoption de la Directive Miel au niveau européen en 2024. Cependant le travail ne fait que commencer pour la filière. « Les contrôles des miels étrangers qui ont révélé certaines fraudes nous ont fait perdre des parts de marché au profit des confitures et autres pâtes à tartiner, souligne Pascal Turani. Aujourd’hui, nous remontons la pente petit à petit notamment grâce à des actions de communication comme Api Week. Durant une semaine, les apiculteurs peuvent proposer des actions : portes-ouvertes, promotion en GMS… Les études ont montré que les ventes repartent à la hausse les semaines qui suivent l'évènement ». Autre nouvelle d’importance, la FNSEA et sa section apicole se sont engagés dans le Fonds national agricole de mutualisation du risque sanitaire et environnemental (FMSE). Après l’approbation de la création de la section par le FMSE, le dossier sera déposé au ministère de l'Agriculture pour reconnaissance officielle, les adhérents devraient pouvoir bénéficier d’indemnisation pour différents problèmes sanitaires. Un exemple : la destruction de foyers reconnus d’Aethina Tumida serait alors prise en charge par l’État selon les arrêtés en vigueur cependant les colonies bloquées dans le périmètre de quarantaine ne serait pas indemnisées pour les pertes économiques. D'autre part, la filière devrait pouvoir prochainement bénéficier du code APE qu’elle réclame depuis plusieurs décennies.
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Le petit coléoptère des ruches autrement appelé par son nom latin Aethena Tumida est un insecte parasite originaire d'Afrique subsaharienne. À ce jour, il n’est pas implanté en France mais il est présent en Italie (Sud) depuis 2014 et à la Réunion depuis 2022. Se nourrissant du couvain et du miel, il détruit les cadres et le passage des larves entraîne la fermentation du miel.