Grand Est : la filière agroalimentaire s’oppose à l’écotaxe poids lourds

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La demande de suspension de l'écotaxe émane d’un collectif regroupant des interprofessions (viande, céréales, porc, lait), des fédérations d’industriels et de coopératives (Aria, LCA, France Industrie) et de syndicats agricoles (FRSEA, JA). Crédits : © Collectif Non à l'ECPL

Un collectif de la filière agroalimentaire composé d’interprofessions, de fédérations industrielles et de syndicats agricoles, demande la suspension d’une écotaxe (ou écocontribution) sur les poids lourds votée par la région Grand Est. 

[Mis à jour le 28 août 2026 à 11h10 avec la réaction de la Région Grand Est] 

Il s’agit d’une « fausse bonne idée », d’après le collectif « Non à l’écocontribution poids lourds ». Alors que la région Grand Est prévoit la mise en place d’une « écocontribution poids lourds » (ECPL), encore appelée écotaxe, la filière agroalimentaire de la région appelle à sa suspension  jusqu’aux élections régionales prévues pour 2028, dans un dossier de presse rendu public le 25 août. 

La demande émane d’un collectif regroupant des interprofessions (viande, céréales, porc, lait), des fédérations d’industriels et de coopératives (Aria, LCA, France Industrie) et de syndicats agricoles (FRSEA, JA). Selon lui, la taxe, fixée à 15 ct€/km pour les poids lourds de plus de 3,5 tonnes, viendra « éroder davantage la compétitivité du secteur agroalimentaire et alourdira le panier des consommateurs désireux de consommer local ». Soulignant que les produits alimentaires importés seront moins taxés que les produits locaux qui effectuent plus de trajets sur les routes concernées. 

Lire aussi : Sécheresse : la région Grand Est demande « un plan européen massif de sauvegarde et d’avenir pour l’agriculture »

Au moins 1 380 € de surcoûts par an par exploitation agricole dans la région

Les organisations chiffrent d’ailleurs les surcoûts de l’écotaxe (ECPL) pour les agriculteurs de la région, de 1 380 € par an en moyenne par exploitation à 2 180 € pour les élevages. Si le collectif salue tout de même les mesures d’accompagnement (soutien à l’attractivité et à la compétitivité des filières et système d’indemnisation pour les entreprises impactés par les chantiers) proposées par la région, il déplore qu’elles n’auront « qu’un effet limité ». 

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Pourquoi la région Grand Est met-elle en place une ECPL ?

Votée par le Conseil régional en mai, cette écocontribution vise à dégager des fonds pour financer les investissements prévus sur les 525 km de routes nationales et autoroutes dont la région Grand Est a récupéré la gestion début 2025. 

Carte des opérations routières prévues par les investissements suite à l'écocontribution poids lourds
Crédit : Région Grand Est

C’est un milliard d’euros d’investissement que le territoire espère investir d’ici 2035 avec cette écotaxe pour « entretenir et développer les infrastructures routières », « accompagner la transition écologique du transport routier de marchandises » et « réguler les flux de poids lourds », peut-on lire sur le site de la région. Son déploiement est prévu pour le 1er avril 2027. 

Pour la région, un investissement nécessaire pour l'économie du territoire

Dans un mail adressé à Reussir.fr, la région Grand Est assure « entendre les préoccupations exprimées par les secteurs agricoles et agroalimentaires ». Cependant, elle soutient la nécessité du projet, en soulignant l'état « préoccupant » des grands axes routiers et les pertes économiques associées. Elle met aussi en avant le « principe d'équité » porté par le dispositif de la contribution kilométrique. « L’objectif de l’écocontribution est de transformer une facture aujourd’hui subie par les entreprises et les usagers en investissements utiles à tous », peut-on lire dans son communiqué. 

Et d'ajouter, au sujet du secteur agricole, « nous travaillons méthodiquement avec les professions à l’effacement, à la ferme, de l’impact du dispositif, en mobilisant les exonérations possibles et les régimes d’aides et d’accompagnement autorisés par le droit européen ». 

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