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Plus de 240 acteurs de la filière cucurbitacées venant de trente-deux pays et représentant les cinq continents avaient donc fait le déplacement jusqu’au Palais des Papes, en Avignon. In fine, trente présentations orales et soixante-trois affiches résumaient les derniers résultats en matière de génétique sur le melon, la courgette, le concombre, la pastèque et autres courges.
« Ce congrès voit la montée de tous les aspects dits de génomiques,explique Michel Pitrat, directeur de recherche à l’Inra et spécialiste de la génétique des résistances des plantes légumières à leurs ennemis. Nous avons notamment des recherches sur la cartographie génomique du melon. L’idée est d’isoler les gènes et leurs fonctions de manière à voir comment les deux fonctionnent pour, in fine, améliorer la qualité des variétés commerciales. Le congrès montre cette année que deux domaines sont particulièrement travaillés : la résistance aux maladies et ravageurs et la qualité des fruits. »
Sur la résistance aux maladies, les recherches avancent sur plusieurs axes, à commencer par les gènes clonés de résistances.
« Même si la recherche française reste frileuse sur la question des OGM, la recherche mondiale continue à avancer, explique Philippe Mention, responsable du programme “melon” au CTIFL de Balandran. En fait, les scientifiques travaillent en premier lieu sur des gènes clonés pour faire avancer les connaissances sur les critères de résistance ou de qualité ; ensuite, il s’agit également de voir comment faire en termes de sélection assistée. Mais l’idée de base est d’abord de comprendre les mécanismes d’acquisition de résistance. »
Les connaissances sur le fonctionnement des gènes, sur leurs mutations possibles, a donc fait l’objet d’un grand nombre de présentations. « Nous devons mieux comprendre le rôle des gènes et leur impact sur le changement des acides aminés responsables pour les uns de résistance, pour les autres, de sensibilité », détaille Michel Pitrat.
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Concrètement aujourd’hui, « on connaît par exemple les mécanismes génétiques impliqués dans la criblure du melon, transmis par le MNSV (Melon Necrotic Spot Virus) : gène et marqueurs ont été identifiés, poursuit le spécialiste de l’Inra. Ces connaissances vont donc pouvoir être utilisées dans les programmes fondamentaux de connaissances du fonctionnement du vivant, et bien entendu, dans les programmes de sélection privés. »
La grosse difficulté des marqueurs sur le melon est qu’il a y recombinaison. « Par exemple, le gène de résistance à la fusariose du melon : les sélectionneurs l’ont bien évidemment introduit dans les melons de types charentais ou galia et donc, dans des fonds génétiques différents. L’acquisition de la résistance en melon est délicate car il y a recombinaison avec le patrimoine génétique de la variété, ce qui n’est pas le cas par exemple de la tomate. C’est la raison essentielle pour laquelle on utilise peu, en melon, la sélection assistée par marqueur. Mais les choses avancent, sur la criblure et la biologie florale où les gènes responsables sont là, aussi, connus. On connaît le gène responsable et l’on sait désormais à l’avance si la variété sera aphrodite ou n’aura que des fleurs femelles. La sélection va pouvoir travailler plus efficacement et utiliser ces marqueurs », explique Michel Pitrat.
De la même manière, dans le cas de la qualité, on commence à connaître un certain nombre de gènes impliqués dans la synthèse des sucres et des arômes, de la couleur ou de la forme. Ainsi, H.S. Paris (Israël) a identifié les gènes responsables de la coloration. « L’hérédité des zones colorées et non colorées, avec ou sans chlorophylle, intéresse le marché, en particulier les sélectionneurs, qui se servent de la génétique en vue de segmenter l’offre, par la forme et la couleur du melon et plus généralement, des cucurbitacées », précise François Villeneuve. Après la couleur, Hanno Schaefer (Allemagne) a présenté des travaux identifiant le locus codant la forme du fruit.
Par rapport à la fermeté ou à la texture du fruit, les résultats se font attendre, mais les scientifiques mondiaux travaillent dessus. « Nous aurons peut-être de nouvelles avancées pour le 10 e Congrès mondial, dans quatre ans. Aujourd’hui, les scientifiques travaillent sur les cucurbitacées, même s’il est vrai que la pastèque est sans aucun doute plus travaillée que le melon ou le concombre. Reste que ce fond de connaissances est mis à disposition des sélectionneurs. »
Globalement, ce Congrès aura aussi mis en évidence la montée en puissance des recherches sur la pastèque, qui est, rappelons-le, le deuxième légume consommé au monde. Preuve de cet engouement s’il en fallait, aux Etats-Unis, des laboratoires entiers ont cessé de travailler sur le concombre pour mettre toutes leurs ressources sur la pastèque.
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