Axiom s’appuie sur de nouveaux outils pour améliorer les performances de sa génétique tout en optimisant la robustesse des animaux et leur capacité à s’adapter à des environnements multiples.
La sélection génétique a longtemps reposé sur des critères directement liés aux performances. Aujourd’hui, les animaux doivent aussi être capables de maintenir leurs résultats dans des environnements variés et faire face aux changements de conditions d’élevage.
Il s’agit de poursuivre le progrès génétique sur les caractères de rentabilité, tout en intégrant davantage de robustesse, de résilience et de capacité d’adaptation. Pour le sélectionneur, cela nécessite de travailler sur des caractères parfois antagonistes. « Le travail du généticien est de faire progresser plusieurs paramètres sans en détériorer les autres. Il y a une notion de compromis à trouver », a introduit Loïc Flatrès-Grall, généticien pour l’entreprise Axiom, lors de son premier séminaire international, réunissant 250 acteurs de 29 pays autour de la thématique de la robustesse et de la durabilité de l’industrie porcine.
Des outils pour gérer les compromis
Cette recherche de compromis passe par le développement de nouveaux outils de sélection. Axiom utilise notamment depuis 2017 l’Optimum Contribution Selection (OCS). Cette méthode mathématique aide à choisir les meilleurs candidats tout en préservant la variabilité génétique et en limitant l’augmentation de la consanguinité. « C’est un outil d’aide à la décision, qui permet également de prendre en compte les performances des générations qui suivent », explique le généticien.
La maternité illustre très bien cette recherche d’équilibre. Pour augmenter la prolificité des truies sans dégrader la qualité des porcelets, Axiom s’appuie sur le caractère de sélection « GMQqmat ». Basé sur l’écart de poids de la portée entre 24 heures de vie et 21 jours, il permet de mesurer la capacité maternelle de la truie à sevrer des porcelets plus nombreux et plus lourds. « Nous voulons augmenter la taille des portées sans pénaliser le poids des porcelets. Au cours des quatre dernières années, nous avons gagné environ 0,5 porcelet né vivant par portée, tout en augmentant de 40 grammes le poids individuel à la naissance », détaille Julien Selves, responsable du pôle création génétique Axiom.
La sélection prend donc simultanément en compte la prolificité, l’homogénéité des portées, la capacité d’allaitement de la truie et la survie des porcelets. Le poids à la naissance constitue en effet un marqueur important de la suite de la carrière du porcelet. Des porcelets plus lourds et homogènes ont de meilleures chances de survie et de croissance. « Depuis 2021, Axiom sélectionne également sur la proportion de porcelets de moins de 1 kg à la naissance. Sur deux lignées, cette proportion est passée de 24 à 14 % en cinq ans. »
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La recherche de robustesse s’étend désormais à la phase de croissance. Axiom développe un nouvel indicateur destiné à caractériser la capacité des porcs en engraissement à maintenir leurs performances dans des conditions variables. Il combine plusieurs informations mesurables, notamment le poids, la viabilité et l’état de santé. « Même si l’héritabilité de la robustesse en phase croissance reste faible, entre 0,04 et 0,13 selon les lignées, elle n’est pas nulle : une réponse par la sélection est donc possible », souligne Loïc Flatrès-Grall.
Axiom travaille pour cela sur un nouveau caractère, baptisé Alpha, apparenté à l’efficacité alimentaire et destiné à estimer la sensibilité de l’animal à son environnement. Il distingue les animaux qui conservent leur efficacité lorsque les conditions d’élevage varient. « Avec cette nouvelle valeur, nous pourrons mesurer avec une plus grande précision la capacité de l’animal à réagir à son environnement, à maintenir le niveau de performance attendu et à améliorer sa résistance aux situations de stress, sociaux, sanitaires et climatiques », conclut Albin Coz, responsable technique Asie chez Axiom. Ce caractère est calculé à partir des données recueillies par les alimentateurs individuels équipant les sites de sélection.
Mieux mesurer l’efficacité alimentaire
L’entreprise de sélection travaille par ailleurs sur de nouveaux indicateurs liés à la digestion et à l’utilisation des nutriments, à partir de l’analyse des fèces. L’objectif est de comprendre pourquoi certains animaux valorisent plus efficacement leur alimentation et, à terme, de sélectionner des porcs capables de produire davantage avec moins de ressources. En facilitant la remontée de données, l’intelligence artificielle devrait également améliorer l’analyse des interactions entre génétique, environnement et performances.
Dico
Robustesse: capacité de l’animal à continuer d’être performant quel que soit l’environnement.
Résilience: capacité de l’animal à retrouver de la performance après un stress