Production porcine Comment donner un avenir à la filière sur le Massif central ?

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Le Massif central ne produit que les 4/5ème de sa consommation et importe des jambons et des épaules pour ses charcuteries Crédits : © INRA

Depuis plusieurs mois, les professionnels agricoles du Massif central se mobilisent pour garantir un avenir à la filière porcine dans le Massif central. Plusieurs arguments sont mis en avant pour défendre cette production : le poids de l'emploi qu'elle génère, de l'ordre de 9 000 répartis sur tout le territoire ; le type d'élevage en adéquation avec les attentes sociétales en matière environnementale, de sécurité sanitaire et de qualité des produits ; et la complémentarité avec les autres secteurs agricoles présents sur le territoire.

Autrefois, l'élevage de porc était généralisé dans quasiment toutes les fermes. Le Massif central était le premier bassin porcin de France au début du XXème siècle¹. Aujourd'hui, la production porcine continue d'exister grâce à des ateliers spécialisés sur des modèles familiaux et des élevages de taille plus réduite qui se sont davantage maintenus que dans les autres régions françaises. La taille moyenne des élevages du Massif central est de 660 porcins contre 1 200 pour la France et 1 450 pour la Bretagne.

Marqueur de l'identité du territoire, la charcuterie sèche issue de la production locale se concrétise par une centaine d'entreprises industrielles, près de 300 entreprises artisanales, représentant plus de 1 000 actifs et 121 millions d'euros de chiffre d'affaires. Les démarches label rouge, IGP et Montagne ont été imaginées pour la mettre en valeur.

 

Deuxième viande produite et abattue

 

Le porc est aujourd'hui la deuxième viande finie produite sur le Massif central derrière le bovin. On compte 4 400 détenteurs de porcs et 1 300 élevages professionnels qui produisent 110 000 tonnes. Un tonnage qui contribue grandement à faire tourner les abattoirs régionaux, pour qui le porc constitue la seconde viande la plus abattue. Derrière le maintien de la production porcine, il y a donc aussi l'enjeu de maintenir des outils qui travaillent pour la filière viande bovine. Alimentation animale, transports et agroalimentaire sont aussi des secteurs très dépendants du porc. Le combat pour la production porcine est donc bel et bien un enjeu économique d'aménagement du territoire.

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En termes de consommation, là aussi des opportunités existent. La filière porcine, si elle est structurée et dynamique est naturellement le bassin de production français le plus proche des bassins de consommation important que sont l'axe Lyon-Marseille, l'arc méditerranéen et la région toulousaine. Mais force est de constater que le Massif central ne produit que les 4/5 de sa consommation. Jusqu'il y a encore dix ans le ratio était à l'équilibre. Aujourd'hui, le Massif central « importe » des jambons et des épaules pour ses charcuteries.

Ce phénomène s'est accéléré ces dernières années, avec la chute du nombre de porcs produits qui entre 2001 et 2011 a reculé de 25% dans le Massif central. Rentabilité très faible depuis le début du siècle, fortes distorsions de concurrence entre pays européens, manque de soutiens politiques et sociétales sont autant d'éléments qui ont fragilisé la filière en général. Dans les zones à faible densité, les surcoûts liés au transport, l'éloignement, les handicaps naturels ont rendu les difficultés un peu plus aigües. C'est la raison pour laquelle, les professionnels souhaitent que la production porcine en zone de montagne bénéficie d'une aide couplée dans le cadre de la nouvelle PAC.

Sophie Giraud-Chatenet


(¹ )La production bretonne a commencé à se développer fortement entre les deux guerres pour atteindre les premières places dès les années 50.


Retrouvez l'interview de Christian Guy, président de la section régionale porcine, dans les pages du journal l'Auvergne Agricole du jeudi 6 juin 2013.

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