Climat et pénibilité : comment protéger ses salariés agricoles ?

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Les données ont été collectées auprès de 2 653 répondants, dont 54 % de CDD saisonniers et 28 % de salariés agricoles en CDI. Photo d'illustration. Crédits : © Réussir

En plus de mesurer l’impact du climat sur les conditions de travail et la santé physique comme psychique, le baromètre Cliseve Agri France dessine des pistes de solutions.

En tant qu’exploitant ou encadrant, comment protéger ses salariés des effets du climat sur leurs conditions de travail, leur santé physique et mentale ? La première étape semble être une prise de conscience de l’ampleur du problème – c’est tout l’objectif du baromètre Cliseve Agri France 2026, présenté en février au Sia. Les données ont été collectées l’an dernier grâce à 2 653 répondants de plusieurs régions et filières (dont viticulture, maraîchage et, dans une moindre mesure, arboriculture). Le panel compte 54 % de CDD saisonniers (55 % d’étrangers, 45 % de Français) et 28 % de salariés agricoles en CDI, interrogés sur place pendant leurs pauses, au besoin en plusieurs langues, ou encore 11 % d’exploitants et entrepreneurs.

Prendre conscience des effets du climat sur le corps et le mental

68 % des personnes interrogées citent le travail sous la chaleur, la pluie ou le froid comme principale difficulté, devant l’effort physique jugé trop dur (29 %). Quand les enquêteurs ont demandé aux sondés quels symptômes ils avaient « personnellement ressentis » sur leur lieu de travail en lien avec le climat, au cours des douze derniers mois, 39 % ont évoqué des coups de chaleur, 35 % des maux de tête, 17 % des vertiges et 24 % de la déshydratation. 15 % ont vécu de l’anxiété et 23 % de la démotivation.

Au rang des symptômes les plus alarmants, 10 % ont souffert de troubles respiratoires, 7 % de nausées ou vomissements. Sans oublier les 3 % qui ont subi des pertes de conscience et les 3 % qui ont eu des problèmes cardiovasculaires – des taux qui ne doivent pas être interprétés comme bas, au regard de la gravité de ces deux symptômes.

Appliquer les solutions évoquées par les salariés

Face à un tel constat, certaines solutions sont à chercher du côté des besoins exprimés par les salariés agricoles eux-mêmes. D’après le baromètre, ils sont en demande de plus d’abris pour se protéger (47 % des sondés), d’un accès continu à l’eau (42 %), de davantage de pauses au frais (41 %) ou encore d’une distribution régulière d’eau (40 %).

Légitimer l’arrêt

Avoir le droit de s’arrêter de travailler fait partie des attentes des salariés (23 %), mais aussi des exploitants et encadrants puisqu’ils sont 47 % à souhaiter renforcer le droit de s’arrêter en cas de conditions climatiques dégradées. Les responsables agricoles expriment un besoin de cadre clair, rapportent les auteurs, « permettant de dire stop sans porter seuls le coût économique et managérial de l’arrêt ».

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Mettre en place des aménagements durables

Les auteurs constatent que les aménagements durables des lieux de travail sont minoritaires et gagneraient à être développés, à l’image de zones d’ombre et d’abris, de ventilation ou brumisation, de machines et véhicules adaptés, d’isolation et protection contre l’humidité. Les pauses fraîcheur programmées et autres protocoles pourraient aussi être renforcés.

L’idée est donc d’élargir la boîte à outils de la protection, qui d’après le baromètre repose aujourd’hui beaucoup sur des « équipements individuels » (ex. : chapeaux, gants, crèmes, vêtements adaptés…) et « des mesures simples comme l’accès à l’eau ».

Ne pas se contenter d’adapter les horaires

« La protection physique (ombre, eau, pauses effectives) ne peut pas être remplacée par la seule organisation temporelle », avertissent les auteurs. En effet, il ressort de l’étude Cliseve « une différence de logique entre celui qui organise le travail et celui qui l’exécute ». D’un côté, les exploitants « privilégient l’évitement » (déplacement des tâches à des heures moins chaudes). De l’autre, les salariés expriment « un besoin immédiat et matériel : pouvoir récupérer, s’hydrater, se protéger sur le poste », rapportent les auteurs. Il semble donc nécessaire de mieux combiner ces deux approches, qui sont complémentaires.

Organiser des temps d’échanges

En plus de se former, les exploitants et encadrants gagneraient à organiser davantage de temps d’échanges, tels que des réunions et discussions en interne ou des groupes de travail dans des structures agricoles. « L’organisation du travail face au climat n’est pas encore un sujet standard de réunion, ce qui limite la transmission des bonnes pratiques et la remontée des difficultés de terrain », décrivent les auteurs. Il n’y a plus qu’à…

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
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