« Depuis la création du CAP Primeurs, il n’existait pas de de support de cours », rappelle Marie Daniel, chargée de communication de Saveurs Commerce. Le syndicat s’est donc attelé à cette tâche de longue haleine. Saveurs Commerce a fait appel à un de ses Meilleurs Ouvriers de France pour concevoir les contenus de l’ouvrage, Frédéric Jaunault. Le choix de la maison d’édition s’est porté sur Délicéo, un éditeur spécialisé dans l’alimentaire avec plusieurs ouvrages de professionnels de bouche à son actif. Frédéric Jaunault avait d’ailleurs déjà travaillé avec lui.
« Le livre a été très difficile à réaliser parce qu’il y a beaucoup de réglementation dans le métier de primeurs », témoigne Madjid Lakhdari, l’éditeur.
L’ouvrage a été officiellement lancé devant un parterre de professionnels (primeurs, GMS, formateurs…) et d’apprentis. L’occasion pour Sandrine Choux, la directrice de Saveurs Commerce, d’interpeller les primeurs indépendants « qui devraient se bouger les fesses pour former des jeunes ». C’est en effet, la GMS qui emploie la majorité des apprentis primeurs en CAP, ce qui en soi est plutôt rassurant pour la vente de fruits et légumes dans ce circuit de distribution, mais dommage pour les primeurs. Créé à la base spécialement pour eux, ces derniers recrutent malheureusement souvent des Bac Pro ou des BTS plus polyvalents. L’un n’empêche pas l’autre : certains commencent par le CAP Primeur spécifiquement adapté au métier et poursuivent par un Bac Pro et un BTS plus généraliste ensuite. Et une fois diplômé, c’est souvent le CAP Primeur qui prime dans le CV, ce que confirme Cristin Ambros, meilleur apprenti primeur de France, issu de la toute première promotion du CAP Primeur et actuellement en BTS Management commercial opérationnel : « Le CAP Primeur est très valorisant. Il est beaucoup plus recherché que le BTS ».
Une appli avec des vidéos en support
Epoque oblige, l’ouvrage s’accompagne d’une application digitale. L’apprenti y trouvera des vidéos pour mieux appréhender certains gestes professionnels mais aussi visualiser les bonnes pratiques en termes de théâtralisation et valorisation des fruits et légumes. L’alternant peut aussi s’y entraîner à passer des examens blancs et autres QCM, qui sont notés dans l’application, tests auxquels le formateur a accès.
Ces supports de cours étaient attendus par les apprentis. Beaucoup nous ont confirmé que ça serait vraiment un plus, « surtout avec l’application ». « Le livre peut susciter aussi des vocations », ajoute Audrey Laury, primeur professionnelle employant une apprentie.