Les associations spécialisées grandes cultures de la FNSEA (AGPB, UNPT, AGPM, CBG, FOP) dénoncent, dans un communiqué ce 6 octobre, la trajectoire de réduction du taux de cadmium dans les engrais phosphatés pour 2028 et 2030. Le gouvernement prévoit d’abaisser la teneur maximale à respectivement 40 mg puis 20 mg/kg d’anhydride phosphorique (P₂O₅).
« La France ne peut pas imposer à ses agriculteurs une trajectoire nationale plus stricte que le cadre européen ». Dans un communiqué du 6 octobre, les associations spécialisées grandes cultures de la FNSEA (AGPB, UNPT, AGPM, CBG, FOP) dénoncent la trajectoire de réduction de la teneur en cadmium dans les engrais phosphatés pour 2028 et 2030. Cette trajectoire, présentée le 2 octobre par le gouvernement, prévoit d’abaisser le taux maximal de cadmium à 40 mg d’anhydride phosphorique (P₂O₅) en 2028, puis 20 mg en 2030. Pour rappel, le règlement européen prévoit un seuil à 60 mg, et le cadre français un seuil à 90 mg. Et l’Anses recommande depuis 2021 de passer à un seuil de 20 mg.
Une « surtransposition française » par rapport au règlement européen
Les associations de producteurs de blé, de pommes de terre, de betterave, de maïs et d’oléoprotéagineux dénoncent une « surtransposition française » par rapport au règlement européen. « Cela risque d’augmenter les coûts et d’accentuer notre dépendance à un nombre encore plus réduit de fournisseurs », estiment-elles. Les associations demandent donc au gouvernement de « renoncer » à ses objectifs pour 2028 et 2030, et de fixer comme référence la norme européenne à 60 mg.
Une consultation publique ouverte sur la trajectoire d’abaissement du taux de cadmium dans les engrais pour 2028 et 2030
Dans ses annonces du 2 octobre, le gouvernement indique que ce seuil à 60 mg sera instauré à partir de début 2027. Il précise que le calendrier de mise en œuvre pourra être adapté, selon des rapports d’impact qui étudieront notamment « la sécurité d’approvisionnement en matières fertilisantes ». Une possibilité qui « ne constitue pas une garantie », regrettent les associations spécialisées grandes cultures.
L’arrêté fixant la trajectoire pour 2028 et 2030, initialement annoncé pour publication le 5 octobre par le ministère de la Transition écologique, a été mis en consultation publique par le ministère de l’Agriculture. Il complète les arrêtés et décrets publiés par le gouvernement. La consultation publique est ouverte jusqu’au 9 novembre.