L'ambiance était tendue lors de la journée blé dur le 23 janvier à Montpellier. La collecte française de blé dur est passée de 2,5 millions à 1,6 million de tonnes en quatre ans. De ce fait, l'exportation pays tiers a chuté de 1,1 à 0,4 million de tonnes sur la même période. Jean-Philippe Everling, président de Durum, la société de négoce filiale d'Arterris et d'Axereal, se dit « très inquiet ». « Nous avons à notre porte un bassin de consommation de 5 millions de tonnes de blé dur dans la zone méditerranéenne. Ne le laissons pas aux Canadiens. Il faut produire suffisamment de blé dur en France ! »
Les agriculteurs, eux, réclament une meilleure rémunération. « Et vous, industriels, ne pourriez-vous pas nous aider à défendre le blé dur en France ? », a ainsi été interpelé Jean-François Mas, responsable des achats de Panzani par un agriculteur dans la salle. « Nous soutenons la filière et nous appuyons les dossiers », assure-t-il. Mais leur marge de manoeuvre est limitée.
Le blé dur sert uniquement à la fabrication de pâtes et de semoule vendues par la grande distribution, qui utilisent ces produits pour « défendre le pouvoir d'achat », comme dit Michel-Edouard Leclerc. « Si les fabricants de pâtes français augmentent leur prix, on verra immédiatement arriver des pâtes turques et espagnoles dans les magasins », souligne Jean-Philippe Everling. Le blé dur est un marché fragile.

 

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