Abreuvement : quatre critères pour vérifier si vos vaches boivent assez

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Une vache laitière boit en moyenne 70 à 150 litres d’eau par jour. Les besoins varient selon le type d’alimentation, le niveau de production, les conditions climatiques et le gabarit des animaux. Crédits : © E. Bignon
Cette vache en préparation au vêlage s'approche de l'abreuvoir sans oser boire franchement. Elle lape une fois et se détourne, l'abreuvoir. Après vérification, le voltmètre indique la présence de courant parasite 400 mV).Pas étonnant que sa densité urinaire de 1030 révèle un manque d'hydratation Crédits : © E. Bignon

Les quantités d’eau bue sont un facteur limitant dans une grosse majorité d’élevages laitiers. Le GDS de la Manche réalise des audits pour apprécier le niveau d’hydratation des vaches à travers quatre marqueurs. Combinés les uns aux autres, ils donnent une idée pertinente du niveau d'abreuvement des vaches et de la couverture de leurs besoins en eau. 


 

 

1 - Évaluer l’abreuvement par la mesure de la densité urinaire 

 
<em class="placeholder">prélèvement urinaire sur une vache</em>
© E. Bignon

Réalisez une dizaine de prélèvements urinaires dans des flacons, après stimulation une à deux minutes de la partie située sous la vulve. Si le troupeau comporte deux lots, prélevez l’urine de dix vaches de chaque lot. 

 

<em class="placeholder">mesure de la densité urinaire au réfractomètre</em>
© E. Bignon

Puis mesurez la densité urinaire à l’aide d’un réfractomètre (30 €), différent de celui utilisé pour le colostrum. 

 

<em class="placeholder">flacons d&#039;urines</em>
© E. Bignon

Moins la vache boit, plus ses urines sont concentrées. Généralement, la miction est plus courte et les urines plus foncées. Une densité urinaire inférieure à 1025 indique une bonne hydratation et au-delà de 1030, l'animal est considéré en déficit hydrique. 

 

2 - Apprécier l’abreuvement à travers la souplesse du rumen 

<em class="placeholder">palpation du rumen au poing</em>

La palpation du rumen avec le poing permet de contrôler si le rumen est bien hydraté et souple. Il faut s’imaginer le rumen comme un sac de 150 litres composé à 85 % d’eau. Si une vache manque d’eau, elle va d’abord puiser dans ce réservoir hydrique. 

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3 – Vérifier l’abreuvement par le tamisage des bouses 

Le tamisage des bouses permet de vérifier la digestibilité de la ration. Celle-ci diminue en cas de déficit en eau, induisant un brassage ruminal insuffisant, un transit intestinal non optimal, une mauvaise absorption des nutriments. 

<em class="placeholder">passage des bouses au tamis</em>
© E. Bignon

Prélevez 1 kg de bouses réparties dans le bâtiment et passez-les au jet sur deux tamis respectivement dotés de grilles de 5 et 2 millimètres. 

<em class="placeholder">passage des bouses au tamis</em>
© E. Bignon

Les particules restant sur le premier tamis correspondent à ce qui n’a pas été dégradé dans le rumen ; celles sur le second à ce qui n’a pas été absorbé dans l’intestin. 

<em class="placeholder">pesée des bouses</em>
© E. Bignon

Si le poids résiduel restant sur chaque tamis dépasse 100 g, cela traduit un défaut de valorisation de la ration, possiblement en lien avec un manque d’eau.

 

4 – Apprécier l’abreuvement via le temps de miction 

N’hésitez pas à prêter attention au temps que met une vache pour uriner. Un animal correctement hydraté urine au moins pendant dix secondes, idéalement quinze. Si vous entendez une vache uriner entre cinq et sept secondes, c’est qu’elle n’a clairement pas assez bu. Autre signe d’alerte : dans un bâtiment, il faut entendre régulièrement des animaux uriner, environ 10 % du troupeau. Si quasiment aucun animal n’urine au bout de quinze à trente minutes, c’est qu’il y a un problème avec l’eau. 

 

Mise en garde : les conséquences d’un défaut d’abreuvement 

Un défaut d’abreuvement impacte la production de lait. L’ingestion et la digestion diminuent, ce qui augmente le risque de déficit énergétique et de cétose. Il peut également générer des troubles de la reproduction, une baisse d’immunité et une sensibilité accrue au stress thermique.

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