14 h : le marché de gros de Tours s’éveille…

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Sylvestre Orsay a repris une exploitation à Château-La-Vallière (Indre-et-Loire) il y a tout juste un an. Il y cultive tomates, courgettes, poivrons et salades et n’hésite pas à faire une heure de trajet pour vendre sur le carreau des producteurs. Sa clientèle inclut certains grossistes de la place et aussi la GMS locale (Système U) : « Tout dépend de l’écoute du chef de rayon », explique-t-il. Sylvestre Orsay fait partie de ces jeunes producteurs qui ont choisi le marché à l’instar de Matthieu Badillé, qui il y a cinq ans a investi dans deux exploitations maraîchères. Crédits : © Philippe Gautier
Ginette Boulay, maraîchère à Chambray-les-Tours, est bien connue des acheteurs du marché : cela fait 37 ans qu’elle le fréquente, longtemps avec son mari aujourd’hui à la retraite. Elle a une spécialité : la betterave rouge cuite. « Nous cultivons les principales variétés, allongées et rondes. Et nous proposons aussi la betterave rouge cuite au four à pain : avec ce système, elle perd entre 40 et 50 % de son eau contre 20 % pour le procédé traditionnel ». Un vrai produit de niche : tout juste 100 colis pour les amateurs. Crédits : © Philippe Gautier
Bruits de travaux en ce moment chez Couton S.A, repris en 2011 par le groupe Blampin Fruits. Comme l’explique José Penalver, responsable du site, « l’infrastructure datait un peu et nous avons décidé de lancer un programme de rénovation ». Celui-ci comprend une mise à niveau des espaces frigorifiques (1 500 m2), des bureaux ainsi que le ragréage des sols. Les travaux ont été lancés en septembre et devraient s’achever pour la fin de l’année. Des aménagements nécessaires pour Coutin S.A. qui a développé fortement son service livraison (9 camions) pour la restauration collective et commerciale. Crédits : © Philippe Gautier
Touraine Primeurs est la filiale du groupe Estivin (dont le siège social se situe à quelques encablures). Yves Cheruau, responsable du site explique : « Nous proposons une offre premium avec des marques bien assises comme “Jardin de Rabelais” en tomates ou “Verger de Suarone” en clémentines de Corse. Depuis deux ans, nous développons aussi une gamme bio, en commençant par les agrumes ». Touraine Primeurs a aussi diversifié son offre en ouvrant “La Malle aux Epices ”, un rayon dédié où l’on retrouve fruits secs, fruits confits et des épices particulières comme l’ail des ours. Crédits : © Philippe Gautier
Valérie Fouillet est directrice du marché de Tours depuis quatre ans. Elle n’était pas inconnue des opérateurs du marché : elle y travaille depuis une quinzaine d’années et a été l’assistante de Michel Perez, qui a longtemps dirigé le marché (il est aujourd’hui directeur général). Cette antériorité est appréciable dans la gestion quotidienne tout comme dans les coups durs, comme l’incendie il y a deux ans d’une partie de la toiture de la halle. Crédits : © Philippe Gautier
Gérard Sandrier est une autre figure bien connue du marché de Tours. Son exploitation à Chouzé-sur-Loire à la frontière de l’Indre-et-Loire et du Maine, produit radis, carottes, salades, choux, petits pois et fraises. S’apprêtant à « raccrocher » dans un an et demi, Gérard Sandrier a su développer une clientèle de chefs restaurateurs tourangeaux et plus lointains, des clients exigeants sur la qualité du produit. Crédits : © Philippe Gautier
Le marché de gros de Tours traite chaque année environ 30 000 t de fruits et légumes avec une belle représentativité du maraîchage local. Crédits : © Philippe Gautier

Il est 14 heures et le secteur fruits et légumes du marché de gros de Tours, situé dans une halle aux dimensions que ne renierait pas un atelier de construction aéronautique, commence son activité. La place tourangelle est en effet un marché d’après-midi, ce qui n’est trop courant dans ce monde.

Le marché de Tours présente une offre équilibrée dans le domaine des fruits et légumes. Les huit grossistes de la place couvrent l’ensemble des besoins, depuis les produits prémium aux fruits et légumes à prix serrés (Ben Primeurs) en passant par les spécialistes comme la maison Lothion (pommes). Pomona TerreAzur est aussi présent, tout comme sur le site, la mûrisserie Fruidor (ex-Muri Tours). Une force du marché réside dans son carreau des producteurs qui regroupent une vingtaine de maraîchers de la proche région quatre fois par semaine. « En 2005, d’importants travaux de réhabilitation ont été effectués sur le secteur, explique Valérie Fouillet, directrice du marché. Il a été procédé à la couverture des aires de ventes des grossistes sur le pourtour intérieur de la halle et à la création de deux mises à quai pour Touraine Primeurs et Pomona. Les producteurs prennent naturellement leur place au centre de la halle. » Une dizaine de boxes de 30 à 50 m2 ont été construits en 2013 pour les clients du marché. La liste d’attente très longue atteste du succès de l’offre. Il est aussi engagé dans la lutte contre le gaspillage alimentaire : la communauté d’agglomération “Tour(s) Plus” et Solaal y ont créé une plate-forme de collecte de f&l invendus.

Le marché de gros tourangeau connaît les mêmes tendances que certains confrères : le client est moins prompt à se déplacer et du coup les opérateurs, grossistes comme producteurs, ont développé leur service livraisons. De plus, il faut compter avec la concurrence du Metro Cash & Carry situé au nord de Tours. Cependant, le marché de gros, approvisionnant une agglomération de 300 000 habitants, conserve toute sa raison d’être.

Fiche d’identité

Tours n’est pas un marché d’intérêt national, question de date d’ouverture (1973). Du coup, il n’a pas connu ni les avantages, ni les vicissitudes liées au périmètre de protection.

Chiffre d’affaires f&l : 45 M€ (sur 87 M€ global)

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Opérateurs f&l : 8 grossistes et une vingtaine de producteurs

Tonnage f&l : 30 000 t

Surface f&l : 20 000 m2 (7 ha en tout)

Clientèle f&l : 1 500 (hors clients servis directement par les opérateurs du marché)

Zone de chalandise : couronne tourangelle, Vienne, Loir-et-Cher, Indre, Cher

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