Aller au contenu principal

Revenus agricoles 2012 : “Ce n’est pas une surprise !”

Avant même leur publication ce jour, la FDSEAréagit à l’évolution pressentie des revenus agricoles en 2012, qui conforte à ses yeux la nécessité d’une Pac pro-élevage.

vec un revenu qui ne devrait pas dépasser 15 000 € cette année, les éleveurs de bovins revendiquent une nouvelle réorientation des soutiens de l’Union européenne.
vec un revenu qui ne devrait pas dépasser 15 000 € cette année, les éleveurs de bovins revendiquent une nouvelle réorientation des soutiens de l’Union européenne.
© F.D'ALTEROCHE
Officiellement ce n’est que ce mercredi 12 décembre que la Commission des comptes de l’agriculture publiera les chiffres prévisionnels des revenus agricoles pour l’année 2012. Et, officiellement, aucune donnée n’a fuité de ce tableau de bord annuel très attendu, surtout en cette période de renégociation de la Pac. Mais, officieusement, certains chiffres ont circulé qui confirmeraient que la profondeur des sillons entre productions végétales et productions animales s’est plus que sérieusement creusée avec un facteur de un à près de cinq, soit autour de 15000€ pour l’élevage bovin et plus de 70000€ pour les grandes cultures... Il n’en fallait pas plus au président de la FDSEA du Cantal pour tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme à travers une missive adressée tout autant au gouvernement qu’aux instances bruxelloises.

Sans attendre les chiffres officiels de la Commission des comptes de l’agriculture vous avez souhaité réagir. Sont-ils si mauvais pour l’élevage?

Patrick Bénézit, président de la FDSEA : “Si la précision du trait ne sera connue que ce jour, ce qui est certain, c’est que les écarts se creusent du fait de l’augmentation du prix des céréales avec les incidences que cela a sur la production laitière en zone de montagne qui a besoin de volumes importants d’intrants mais aussi pour la production de viande bovine. Non seulement cela plombe fortement le revenu des éleveurs mais cela limite tout autant les potentiels de développement de ces secteurs de production. D’autant que la répercussion à la hausse du prix des intrants sur celui des productions animales ne s’effectue pour l’instant que doucement voire de façon chaotique, même si les perspectives de prix à moyen terme s’annoncent plus porteuses. Au final, l’élevage se retrouve dans une situation pire qu’en 2008 avec des écarts de revenus plus importants et plus durables. C’est une situation intenable qui nécessite, d’une part une augmentation des prix de nos productions, d’autre part de réorienter les soutiens.”

 

Une sorte d’acte 2 du bilan de santé de la Pac?

P.B.: “Oui, et en l’état actuel des propositions de la Commission européenne, rien n’est encore acquis. Si les règlements élaborés par Bruxelles ne sont pas modifiés, dans la prochaine Politique agricole commune, tout le monde finira avec le même DPU(NDLR: droit à paiement unique) qu’on soit dans la Beauce, dans le Cantal ou en Bretagne, qu’on fasse de l’élevage ou des céréales.Ce qui serait à la fois totalement incohérent et inadapté ! Concrètement il convient que la Commission européenne permette dans ses règlements de différencier les paiements selon qu’il s’agit d’un hectare servant à nourrir les animaux (hectares fourragers : prairies ou maïs) ou d’un hectare destiné aux cultures de vente. Pour protégér l’élevage, il faut donc impérativement renforcer tous les DPUfourragers.”

 

Vos collègues céréaliers y sont-ils favorables?

P.B.: “La question ne se pose pas à eux. Aujourd’hui, face à la situation que vont révéler les données de la Commission des comptes de l’agriculture, avec de tels écarts de revenus et de telles difficultés dans l’élevage, c’est au gouvernement français de tout faire pour orienter les soutiens européens vers l’élevage. Ce qui nous intéresse à cette heure, c’est de profiter de cette réforme pour ajuster sérieusement et durablement les choses. Après, que les céréaliers gagnent bien leur vie, tant mieux pour eux.”

 

Sortir des dogmes

 

Quelles autres adaptations des propositionscommunautaires sont-elles selon vous nécessaires ?

P.B.: “Il faut que les futurs textes européens nous donnent la possibilité d’aller vers une plus grande autonomie fourragère et, parallèlement, vers la diminution du recours aux intrants. C’est un volet sur lequel les discussions n’ont pas beaucoup évolué alors que c’est essentiel pour notre département : on ne peut pas laisser perdurer une situation où les éleveurs sont obligés d’acheter des céréales et des fourrages à l’extérieur à des prix exhorbitants et de conserver à tout prix des prairies. Il faut sortir de ce dogme dont on voit ce qu’il donne concrètement. C’est une adaptation qui ne coûterait en plus pas un euro à Bruxelles et qui permettrait aux producteurs laitiers d’être davantage autonomes et aux producteurs de viande bovine de peut-être engraisser davantage, y compris dans des régions qui n’en ont pas l’habitude. Cela les rendrait moins dépendants du marché italien, contrairement à ce qui vient d’être fait avec l’abandon de l’aide à l’engraissement en France, abandon demandé par certaines syndicats minoritaires...”

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Les plus lus

Portrait Mickaël Clarissou : l’éleveur limousin qui sculpte l’avenir de son troupeau

Éleveur passionné au GAEC Clarissou situé à la Croix du Don près de Saint-Paul, Mickaël perpétue avec son frère Jérôme un…

fromages saint-nectaire
La filière AOP saint-nectaire progresse, mais l’idée d’une régulation des volumes reste d’actualité

Rejeté au printemps par les producteurs, le projet de maîtrise des volumes de l'AOP saint-nectaire reste indispensable pour…

Plus de 80 % des Cuma ont une activité récolte.
Agriculture : comment bénéficier du crédit d'impôt CUMA ?

Le dispositif s'adresse directement aux agriculteurs et agricultrices membres d'une CUMA. Le calcul se base sur le montant des…

Les cultures de maïs consommation et semence ont souffert davantage des fortes chaleurs que du manque d'eau avec une grosse problématique de fécondation.
La production de maïs semoulier en chute libre en Auvergne, Limagrain contraint aux importations

La filière maïs en Limagne est face à un défi historique. Pour Limagrain, 2026 s'annonce d'ores et déjà comme une année noire,…

Les démarches administratives et réglementaires autour des concours équins se renforcent.
Chevaux de trait : les concours 2026 changent de règles

Entre migration numérique, nouvelles règles sanitaires et formation de la relève, l’Association des Éleveurs de Chevaux de…

Les champions Miss et Mister et leurs éleveurs, fiers de remporter le 1er prix 2026
"Élevage Salers : La qualité des animaux brille au concours 2026 du Puy-de-Dôme

Sous un soleil estival, le concours départemental des Miss et Mister Salers du Puy-de-Dôme a rassemblé 30 animaux issus de 16…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière