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Chenilles processionnaires, la grande invasion

Cette année, l'invasion des chenilles processionnaires a pris une ampleur encore inédite en Lozère. En surpopulation et en avance de plusieurs mois sur leur cycle naturel, elles s'attaquent à une végétation jusque-là épargnée, envahissent les bâtiments agricoles et investissent l'orée des lotissements. Jean-Pierre Pagès, éleveur bio sur le causse de Sauveterre en fait particulièrement les frais.

© Sabrina Khenfer

À première vue la forêt de pins, rougie, semble calcinée aux abords de l'exploitation de Jean-Pierre Pagès, éleveur de brebis à La Canourgue. Mais on s'aperçoit vite que le phénomène est d'une toute autre nature. Partout, des chenilles processionnaires grouillent. Habituellement au chaud dans leur cocon à cette période de l'année, elles sont descendues des pins après les avoir dévorés et, chose rarissime, ont attaqué les buis et les genévriers, avant de se déployer sur le sol, dans la terre qui accueillera bientôt les semences, le bâtiment qui abrite le foin, s'invitant même, toutes urticantes qu'elles sont, dans le tracteur, la voiture et l'habitation familiale.
Une invasion qui pose de nombreuses questions à notre exploitant, notamment au sujet de la santé de ses quelque 700 brebis. « Ces chenilles sont mortelles pour les chiens. Lorsqu'ils en mangent une, leur langue se nécrose puis ils meurent. » Les chasseurs, d'ailleurs, n'osent plus mettre un pied dans les bois. Une réalité qui risque d'entraîner une surpopulation de sangliers dans ce secteur. « Si mes brebis en mangent, comment vont-elles réagir ? Les chenilles commencent à s'installer dans le foin. Même mortes, elles restent urticantes. Je devrais donc faire attention à n'utiliser que les bottes qui n'ont pas été contaminées. Quant à mes champs, ils en sont infestés. Est-ce qu'elles ne vont pas s'attaquer aux semences ? »

 

 

Suite de l'article à lire dans le Réveil Lozère n°1433, du 9 novembre 2017, en page 4.

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