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Le mobilier du château du Sailhant sera vendu aux enchères

La maison Aguttes s’occupe de la vente aux enchères du mobilier du château du Sailhant sur la commune d’Andelat. Une vierge du XIIe siècle constitue la pièce d’exception. 

Claude Aguttes présente la statue de la vierge.
La vierge à l’enfant, la pièce maîtresse de la collection Lomba
© B.Parret

Par amour du Cantal

Il faut qu’il soit bien traité en retour de tout ce qu’il a fait.”

Mardi 20 mai, s’il n’est plus vraiment en activité, Me Claude Aguttes dirige personnellement l’organisation de l’expertise du mobilier du château du Sailhant que la maison qui porte son nom est en charge de vendre. “Je 
m’implique dans cette opération que je suis très heureux de conduire pour mes clients parce que je suis Cantalien et pour cela très admiratif de l’investissement personnel de M. Lombardi, un Américain, pour préserver cette somptueuse demeure. Il faut qu’il soit bien traité en retour de tout ce qu’il a fait.” Le commissaire-priseur de renommée internationale parcourt chaque pièce échangeant avec sa collaboratrice venue faire les repérages et les premières estimations. Un complément d’analyses et de descriptions par des spécialistes suivra afin de confirmer l’authenticité, les époques, les particularités si nécessaire. Les nouveaux propriétaires n’ayant pas souhaité conserver une partie du mobilier, il y a là des meubles “haute époque”, époques médiévale, gothique, des armes, de la vaisselle, du vin et parmi cet ensemble, quelques pièces plus originales, plus rares, voire exceptionnelles. La vente se fera en plusieurs dates à partir du mois de juin et jusqu’à 
la fin de l’année, par thématiques. 


Pas sur place


Les objets estampillés du Sailhant se retrouveront probablement au milieu d’autres objets de divers vendeurs. “J’aurais beaucoup aimé organiser la vente ici-même, dans le jardin du château, mais compte-tenu de la variété, les amateurs qui sont toujours les mêmes avec beaucoup d’argent, ne se seraient pas déplacés pour une vente comportant seulement quatre à cinq objets vraiment de grande valeur et sortant de l’ordinaire”, confie Me Aguttes. Alors, tout est en cours de rapatriement sur Paris. Cent cinquante à 180 lots sont en préparation représentant quelque 200 objets. Il peut s’agir d’une paire de chaises par exemple. 
Formée à l’histoire de l’art et ancienne élève l’école du Louvre, responsable des “régions” auprès de la maison Aguttes, Marie de Calbiac effectue depuis plusieurs jours l’inventaire de la vente du Sailhant, identifiant, photographiant chaque pièce avant d’en établir une première estimation, première base pour les mises à prix lors des futures ventes.  Dans la collection des armes, l’experte s’arrête tout d’abord sur un casque bassinet dit tête de passereau selon sa forme sur le bas du visage pour mieux dévier les armes. “Il est en partie du XVe siècle, assez rare  et utilisé durant la guerre de Cent Ans, présente-t-elle. Il est estimé entre 4 et 6 000 € pour un public averti de collectionneurs.”


À vendre : les passions d’un collectionneur

C’est une très belle collection constituée par M. Lombardi.”


Dans le bureau, nous changeons d’époque avec une reproduction en modèle réduit d’une Bugatti type 51 A.  “C’est assez rare, ce qui devrait attirer les amateurs avec une mise à prix de 4 à 5 000 € et une bataille d’enchères que nous espérons serrée”, confie Marie de Calbiac. 
Autre intérêt, la collection de peintures de paysages et de scènes d’Auvergne du XIXe siècle et début XXe siècle, patiemment rassemblée par Joseph-Pell Lombardi. Il s’agit d’un ensemble d’une trentaine de tableaux signés, entre autres, d’Édouard Onslow (1830-1904) avec la foire à Saint-Flour, Maurice Busset (1879-1936), avec les monts Dore, Jules-Émile Zingg (1882-1942) ou encore Victor Charreton (1864-1930). “Ces peintures témoignent d’une période dans la région avec de très belles scènes champêtres, résume Marie de Calbiac. Nous pouvons aussi bien avoir des amateurs des différents peintres ou des passionnés de l’Auvergne pour cette vente. C’est une très belle collection constituée par M. Lombardi.”


Une Vierge en majesté du XIIe siècle


Enfin, dans la chapelle, Me Aguttes présente la Vierge en majesté, pièce maîtresse de la vente. Il s’agit d’une sculpture en bois dans le même tronc d’arbre, autrefois polychrome, très probablement du début XIIe siècle, ce qui en fait une des plus anciennes d’Auvergne. “Elle est très droite, avec l’enfant Jésus en plein milieu assis sur les genoux avec des plis parallèles très particuliers, le manteau de la Vierge et les mains qui protègent et entourent l’enfant, décrit le commissaire-priseur. L’enfant peut être pris pour être présenté aux croyants. Le visage de la Vierge fait très contemporain et suggère du Modigliani. Si les dernières expertises confirment son authenticité complète, c’est formidable !” Elle sera mise à prix entre 80 et 100 000 €. 

Architecte new-yorkais, Joseph-Pell Lombardi a acheté le château du Sailhant en 1997. La toiture menaçait de s’effondrer et après l’avoir entièrement restaurée, le nouveau propriétaire s’est attaché à la restauration complète de l’édifice et de ses différentes pièces, faisant même refaire les tapisseries à l’identique. Ces importants travaux ont duré plus de dix ans. Demeure privée, il était possible de la visiter. Depuis 1 000 ans et sa première édification, cette forteresse au nord de Saint-Flour, théâtre de multiples affrontements entre Anglais et Français aux portes du royaume, a connu plusieurs remaniements au fil du temps. Il a fait notamment l’objet d’une importante rénovation à la fin du XIXe siècle, dont sa silhouette sur son éperon rocheux est aujourd’hui l’héritage. La propriété vient d’être revendue à des Français.

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