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Volailles : Actualité agricole et agroalimentaire des filières poulets, poules pondeuses, canards, dindes, œufs, foie gras dédié

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Préserver sa santé respiratoire

L’importance des troubles musculo squelettiques ne doit pas masquer l’existence de risques respiratoires générés par un travail en lien avec des volailles.

Se protéger dans un milieu naturellement à risque devrait aller de soi.
Se protéger dans un milieu naturellement à risque devrait aller de soi.
© P. Le Douarin

L’élevage est un métier à risques, comme en témoignent les statistiques de la MSA sur les accidents et les maladies professionnelles agricoles. En 2013, la sécurité sociale agricole a reconnu 24 500 événements qui se répartissaient en accidents pour 91 % d’entre eux (dont un tiers en rapport avec des animaux vivants) et en maladies pour 8,5 %. En moyenne, chaque année quatre agriculteurs sur mille déclarent une maladie professionnelle, surtout après 40 ans (28 % entre 40 et 49 ans, 54 % après 50 ans). Cette fréquence est plus que doublée dans la catégorie « éleveurs de volailles et lapins », avec près de 11 cas pour 1000, dont 20 cas pour 1000 chez les femmes et 6 pour 1000 chez les hommes. Des données sanitaires spécifiques à l’aviculture manquent pour en trouver l’explication, commente Gaétan Deffontaines, médecin préventeur à la Caisse centrale de la MSA, notamment un état des lieux précis des pathologies rencontrées et de leur importance. D’autant qu’un aviculteur peut être déclaré dans d’autres catégories (éleveur de bovins, polyculture-élevage…). Selon toute vraisemblance, les troubles musculo squelettiques (TMS) y sont dominants comme pour l’ensemble du secteur agricole. En effet, les TMS constituent 90 % des maladies reconnues par la MSA. Ils sont dus aux gestes répétitifs, aux chocs, aux vibrations, aux manipulations de charges lourdes. Les autres maladies identifiées chez les chefs d’exploitation sont les affections respiratoires allergiques (3,4 %), la maladie de Parkinson liée aux pesticides (1,7 %), la maladie de Lyme due aux tiques (1,3 %).

Un élevage propice aux aérocontaminants

La maîtrise de l’ambiance des bâtiments doit être tout autant une préoccupation de santé des intervenants (éleveur, salarié, prestataire) que la condition pour obtenir de bonnes performances zootechniques. Quelle que soit sa taille, un bâtiment avicole impose un certain niveau de confinement. La production de gaz et de poussières est inévitable dans un système d’élevage impliquant de l’eau, de la chaleur, de l’aliment, des oiseaux, et l’émission de déchets (déjections, plumes, eau…). Les éleveurs connaissent très bien les productions (pintade, dinde, poule au sol…) et les taches (paillage, manipulation des volailles, litière ou déjections sèches…) génératrices de poussières, mais moins leurs dangers. Il est établi par des études internationales que l’élevage avicole produit de la poussière inerte, mais également des particules organiques porteuses de bactéries et de toxines (« endotoxines ») qui peuvent être inhalées. C’est pourquoi, il serait préférable de parler d’« aérocontaminant » plutôt que de poussière au sens plus restrictif.

Un risque respiratoire avéré

Les études de santé sont beaucoup moins nombreuses en milieu avicole qu’en production porcine. Employant moins de personnel et moins longtemps dans la journée, ce secteur a été considéré moins générateur de problèmes, souligne Marie-Thérèse Guillam, du cabinet d’études Sépia-Santé, travaillant sur les liens épidémiologiques entre santé et environnement. Pour remédier à l’absence de références françaises, l’Itavi et l’Anses (associés dans l’unité mixte de technologie Sanivol) mettent en commun leurs compétences. L’UMT Sanivol mesure les niveaux d’empoussièrement et évalue le lien avec l’état de santé respiratoire des opérateurs exposés. Sanivol a commencé par l’étude Airpoul en élevages de pondeuses (cage, sol, volière) entre 2006 et 2011, puis à la demande des accouveurs deux études en couvoirs de poulets (Aircouv en 2011) et de canards (Palmicouv en 2013). Comparées a celles de la législation du travail, les concentrations relevées sont parfois inférieures, parfois supérieures selon le secteur et la tache accomplie. Toutes les études vont dans le même sens. Les atteintes sur la santé respiratoire sont réelles à long terme, d’autant plus si on est un fumeur, une femme et qu’on a de l’ancienneté dans le métier. Le panorama des pathologies est large et varié : bronchite chronique plus ou moins aggravée, asthme acquis, allergie… Pour compléter le tableau, les produits chimiques (fongicides, insecticides, désinfectants, médicaments) peuvent être la cause de pathologies allergique, asthmatique ou cutanée.

Une prévention qui peine à s’imposer

Le milieu médical connaît ces risques. À la CCMSA, le docteur Gaétan Deffontaines souligne fort justement « qu’on n’a pas attendu ces études pour savoir qu’il fallait se protéger de la poussière et pour faire de la prévention sur le terrain ». C’est vrai, comme en témoignent les dépliants d’information de la MSA, mais le milieu agricole semble difficile à convaincre, sauf s’il est directement concerné par une pathologie respiratoire. « La MSA ne peut pas imposer de mesures de prévention à des non-salariés », remarque encore le médecin préventeur. Comme le secteur du bâtiment, il a toujours connu et accepté des conditions de travail parfois difficiles. Employant moins de salariés qu’ailleurs, il est aussi moins sensibilisé à la sécurité des personnes qui a un coût. Cependant, les temps changent avec de jeunes éleveuses et éleveurs plus soucieux de leur santé et de leur confort de travail. Des solutions techniques existent pour limiter l’émission d’aérocontaminants, mais elles peuvent avoir des inconvénients techniques (humidification et production d’ammoniac par exemple) ou coûter (ventilation, séchage extérieur…). La prévention passe aussi par le port de protections individuelles suffisamment filtrantes. Enfin n’oublions pas le risque bien réel d’intoxication au monoxyde de carbone. Cela n’arrive pas qu’aux autres…

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