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Porc et aviculture : cinq filières font bloc pour soutenir la production 

Pas moins de cinq filières d’élevage - porc, volaille, œuf, foie gras, lapin - ont élaboré un manifeste commun pour la reconquête et le maintien de la souveraineté alimentaire. Ce manifeste doit être remis officiellement à la ministre de l’Agriculture.

<em class="placeholder"> Les représentants des interprofessions au salon de l’agriculture le 23 février pour la présentation du manifeste. </em>
Les représentants des interprofessions au salon de l’agriculture le 23 février : Fabien Chevalier pour le canard gras (Cifog), Yves-Marie Beaudet pour l’œuf (Cnpo), Philippe Bizien pour le porc (Inaporc) et Jean-Michel Schaeffer pour la volaille de chair (Anvol).
© E. Le Corre

« L’union fait la force », selon l’adage. Les cinq filières porc, volaille, lapin, foie gras et œufs ont présenté à la presse au salon de l’agriculture le 23 février, un manifeste comprenant pas moins de 15 propositions égrenées d’une seule voix. Le but : remédier à l’insuffisance de l’offre française face à la hausse de la consommation des viandes blanches. Ce manifeste commun doit être remis à la ministre Annie Genevard, ce 24 février. Il s’inscrit dans le cadre des Conférences de la souveraineté alimentaire.« A l’issue de nos réflexions, nous nous sommes aperçus que nos cinq productions avaient des problématiques communes avec des besoins d’évolution : certaines pour garder la souveraineté, d’autres pour la reconquérir», a indiqué en préambule, Philippe Bizien, président de l’interprofession porcine. Des mesures jugées concrètes que les cinq filières souhaitent voir appliquées par le gouvernement.

Lire aussi : « Il faudrait construire 2 200 poulaillers d’ici 2035 pour accompagner la croissance de la consommation de viande de volailles »

Des besoins chiffrés par filière

Car le constat est général : l’offre française est insuffisante par couvrir la demande des consommateurs. Les viandes blanches et les œufs sont confrontés à une hausse de la consommation, quand le foie gras retrouve son potentiel de production et la filière lapin doit relever le défi du renouvellement des générations. « En deux ans, chaque français a consommé 13 œufs de plus par an. C’est une première et la production n’arrive pas à suivre », interpelle Yves-Marie Beaudet, président de l’interprofession des œufs. Quant à la «consommation de  volailles en 5 ans, elle a augmenté de presque 25% », souligne pour sa part, Jean-Michel Schaeffer, président de l’interprofession de la volaille de chair. C’est pourquoi la première mesure du manifeste consiste à assurer le renouvellement des générations à l’amont comme à l’aval, via l’installation ou la reprise d’outils de production. Chaque filière a chiffré ses besoins et émis ses recommandations annuelles, et ce pour les 10 ans à venir : 100 élevages porcins par an, 220 poulaillers standards et 60 poulaillers label rouge, 57 poulaillers en poules pondeuses, 30 élevages de lapins et 55 créations d’élevage de canards gras (et 100 reprises).

La simplification administrative pour l’amont et l’aval

Autre demande, celle de l’assouplissement du réglementaire. « Nous ne demandons pas d’argent mais nous voulons une simplification administrative pour que les éleveurs puissent investir. Aujourd’hui, ils ont peur d’entamer un dossier administratif », précisent Jean-Michel Schaeffer et Philippe Bizien. Parmi les autres mesures, le manifeste requiert notamment l’allègement des contraintes réglementaires pour le transport (réduction des coûts), l’étiquetage de l’origine des viandes quels que soient le produit et son lieu de consommation ou la formation obligatoire des viandes blanches dans les lieux de formation agricole. Enfin, le manifeste rappelle l’opposition aux accords commerciaux qui ne prévoient ni clauses miroir, ni contrôle adapté sur place.

Les 15 mesures du manifeste commun des viandes blanches

Les actions proposées par les cinq filières pour reconquérir et maintenir la production française sont les suivantes :

1. Assurer le renouvellement des générations à l’amont et à l’aval de la filière par l’installation ou la reprise sur les 10 années à venir.

Volailles : 2 200 poulaillers standards et 600 poulaillers label rouge, pour un investissement de 1,4 milliard d’euros (2,8 milliards avec l’aval).

Œufs : 575 poulaillers soit 10 millions de places de poules pondeuses, pour un investissement de 780 millions d’euros (1,1 milliard avec l’aval).

Porc : 1 000 élevages (moyenne de 300 truies), pour un investissement de 5 milliards d’euros.

Foie gras : 550 créations (élevage et/ou engraissement) et 1 000 reprises, pour un investissement de 250 millions d’euros.

Lapins : 300 élevages (objectif d’élevage alternatif à la cage), pour un investissement de 300 millions d’euros.

2. Créer un régime ICPE spécifique à l’élevage.

3. Exclure les viandes blanches des IED à l’échelle européenne

4. Pas de surtransposition de la réglementation européenne

5. Moderniser les réglementations européennes sur la bientraitance animale

6. Simplifier les procédures pesant sur les entreprises (contrôles, aides, obligations administratives)

7. Réduire les charges des entreprises (éco-contribution emballage, redevance eau…) et éviter les charges additionnelles (nouvelles taxes)

8. Mettre en place un dispositif de suramortissement ciblé pour soutenir les investissements productifs

9. Réduire les contraintes réglementaires sur la logistique (réduire les surcoûts)

10. Rendre obligatoire l’indication de l’origine des viandes, œufs et foie gras pour tous types de produits et lieux de consommation

11. Mettre en place des dispositifs de soutien sanitaire pérennes

12. Mettre en place dans les écoles françaises une information objective sur l’élevage

13. Rendre obligatoire des formations sur l’élevage et la transformation des viandes blanches dans les formations agricoles

14. Régionaliser la certification export, renforcer les moyens humains et diplomatiques des services d’appui à l’export

15. S’opposer à la signature d’accords commerciaux avec les pays tiers qui ne prévoient pas de clauses miroir et des contrôles adaptés sur place.

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