Les consommations d’énergie réactualisées (en volailles de chair)
En vingt ans, les consommations énergétiques par lot sont restées stables pour le gaz mais ont grimpé en électricité, comme le montrent les données réactualisées de l’Itavi et des chambres d’agriculture.
En vingt ans, les consommations énergétiques par lot sont restées stables pour le gaz mais ont grimpé en électricité, comme le montrent les données réactualisées de l’Itavi et des chambres d’agriculture.
Afin d’aider les éleveurs de volailles de chair à faire des choix de rénovation mieux éclairés, l’Itavi et les chambres d’Agriculture de Bretagne et Pays de la Loire ont réactualisé les données de consommation de gaz et d’électricité des poulaillers. Ces nouvelles références d’énergie, réalisées dans le cadre du projet URE 2030 financé par l’Ademe, rendent compte des transformations rapides de l’aviculture française en vingt ans.
Ce que nous disent les nouvelles références
Environ 200 données réelles de consommation de gaz et d’électricité d’une soixantaine d’élevages de volailles de chair, collectées entre 2020 et 2023 ont été analysées. Elles ont été complétées par des estimations issues d’enquêtes techniques régionales et de références technico-économiques d’autres régions.
Comparées aux références historiques de 2006, les nouvelles données montrent une relative stabilité des consommations moyennes de gaz par lot des poulaillers. Ramenée à l’année, cette consommation a en revanche augmenté de l’ordre de 15 % en vingt ans. Cette évolution s’explique principalement par l’augmentation du nombre de lots par an : en poulet standard, la rotation moyenne est passée de 6 lots en 2006 à 7 lots par an en 2025. Par ailleurs, le développement de nouvelles exigences en matière de qualité (maîtrise du taux de pododermatites, notamment en poulet lourd et standard) et de bien-être animal (installation de fenêtres), qui impliquent généralement davantage de chauffage, a certainement contribué à accroître les besoins énergétiques, malgré les efforts réalisés sur la sobriété énergétique (bâtiment basse consommation, équipements économes). De nouvelles solutions restent donc à trouver et à développer pour poursuivre la décarbonation de l’aviculture.
Par ailleurs, depuis 2006, les consommations d’électricité ont nettement augmenté, ce qui s’explique principalement par le fort développement de la ventilation dynamique. Cette évolution est étroitement liée au renouvellement et à la rénovation du parc de bâtiments, soutenus par la profession et les aides publiques. La ventilation dynamique, plus performante pour le confort animal et pour la régularité des résultats techniques, entraîne mécaniquement une hausse des besoins électriques, et parfois aussi du chauffage.
Louis Pimont
Louis Pimont, ingénieur Bâtiment-Énergie de l’Itavi
« De nouvelles références pour objectiver sa consommation »
Depuis 2010, l’aviculture française a eu une dynamique importante de rénovation de son parc de bâtiments. Chaque année, environ 10 % des bâtiments avicoles connaissent des investissements supérieurs à 15 euros du m2. Confort de travail, bien-être des volailles, évolution des cahiers des charges et maintien des performances techniques : nombreux sont les enjeux qui se confrontent lorsque l’on pense à une rénovation. C’est souvent la rentabilité économique qui fait trancher sur le choix final. Si les charges liées à l’énergie directe (gaz, électricité) représentent moins de 10 % du coût de production en volailles, opter pour l’efficience énergétique reste néanmoins un levier efficace pour améliorer la rentabilité de son investissement et la sécurité de l’atelier face aux crises énergétiques.
Pour savoir si son bâtiment surconsomme et si une rénovation énergétique peut être intéressante, mieux vaut commencer par connaître son niveau de consommation et le comparer aux moyennes nationales. Le problème est que les dernières références de consommations d’énergie en volailles de chair datent de… 2006, dans un contexte où l’électricité était moins utilisée qu’aujourd’hui dans les élevages de volailles.
Les résultats du projet URE 2030 permettent d’actualiser les références de consommation, avec la mise à jour de la grille de référence par production de volaille de chair. Elle nécessitera davantage de données pour être précisée, mais permet déjà d’objectiver ses consommations.
L’observatoire des énergies disponible fin 2026
Initié dans le cadre du projet Ure 2030, l’Observatoire des consommations d’énergie en élevage a pour ambition de garder à jour les références énergétiques pour toutes les filières avicoles.
La plateforme de l’Observatoire des consommations d’énergie, développée par les instituts techniques animaux avec les filières (Idèle, Ifip, Itavi, GIE Élevages de Bretagne), propose un outil unique, durable et adapté aux spécificités des élevages. Pour les élevages inclus dans le dispositif, elle offre des tableaux de bord interactifs pour suivre et analyser les consommations énergétiques en direct, entre les lots et les années et se comparer aux références existantes.
Des intérêts collectifs
En développement depuis 2024, l’application finale devrait voir le jour d’ici fin 2026. En plus de fournir des données de consommation en temps réel via des compteurs électriques et gaz connectés, l’outil d’analyse inclus va aider à compléter les enquêtes énergie. En effet, les données de consommations issues des factures des éleveurs, bien que comparées sur plusieurs années, sont très contextuelles ; elles dépendent du climat, des équipements et de la localisation des élevages, d’où la forte variabilité des consommations pour une même production. L’intérêt de l’observatoire est donc de disposer de données plus fiables pour faciliter la prise de décision : qu’il s’agisse du choix d’une rénovation pour l’éleveur et son OP, des recommandations techniques pour les acteurs du conseil et de la recherche publique et privée ou de l’orientation des subventions par les pouvoirs publics. Les données spécifiques des élevages restant confidentielles, la partie « tout public » de la plateforme proposera des références générales par modèle de bâtiment et rassemblera les ressources existantes sur les économies d’énergie en élevage.
Recherche éleveurs pour rejoindre l’observatoire des énergies
En plus des travaux de références du projet Ure, l’Itavi et les chambres d’agriculture sont à nouveau à la recherche d’éleveurs volontaires en Bretagne et Pays de la Loire, ayant pour 2026-2027 un projet de rénovation énergétique (isolation, chauffage innovant, ventilation économe…), pour rejoindre l’observatoire, dans le cadre du nouveau projet de recherche Cerbère dédié au bâtiment avicole (Création d’un outil d’évaluation d’une rénovation d’un bâtiment d’élevage au travers de la rentabilité économique et de l’efficacité énergétique). L’objectif est de suivre précisément les consommations avant et après rénovation en équipant les bâtiments de compteurs de gaz et d’électricité afin de mieux accompagner les choix de rénovations des éleveurs.
Côté Biblio
À retrouver sur le site itavi.asso.fr
- La plaquette énergie en volailles de chair & pondeuses (prévue en Mars 2026)
- L’enquête Itavi Bâtiments volailles de chair (prévue au printemps 2026)
- Les résultats des enquêtes Performances techniques et coûts de production en volailles de chair