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À Wine Paris 2026, le vin tente de nouveaux codes

Selon les organisateurs, Wine Paris 2026 a attiré plus de 63 500 professionnels. Ce lieu de rencontres est aussi une vitrine de l’innovation et des tendances du marché. Au fil des allées du Pavillon France, nous avons repéré quelques initiatives (non exhaustives) visant à élargir le spectre du vin.

<em class="placeholder">Les vins du domaine du Rab. </em>
Le domaine du Rab a opté pour des étiquettes très colorées qui donnent pas ou très peu d'informations sur le vin à première vue.
© C. Gerbod

Défendre le juste prix avec une marque collective

<em class="placeholder">La gamme collective &quot;Engagés&quot;</em>
Une quarantaine de membres du collectif Vignerons engagés est entrée dans la démarche de gamme collective « Engagés ». © C. Gerbod

« Selon une étude Opinion way, 63 % des consommateurs sont prêts à payer 10 % plus cher pour un vin engagé mais si la qualité est au rendez-vous », indique Iris Borrut, directrice du collectif Vignerons engagés. Pour apporter de « la lisibilité sur ce que le niveau de prix rémunère », le collectif lance la gamme collective Engagés, qui inscrit sur son étiquette la mention « un prix juste pour la terre & les hommes ». Pour attester de l’engagement, un indicateur chiffré figure sur la contre-étiquette. Les membres du collectif sont libres de suivre ou pas le mouvement mais s’ils veulent en faire partie, il leur est recommandé de choisir une cuvée entre 6 et 10 euros prix consommateur. Une quarantaine de membres de Vignerons engagés sont entrés dans la démarche à ce jour, signale Iris Borrut.

En 2020, le collectif Vignoble Gabriel & Co avait, lui, choisi la voie du label Fair for life, pour mettre en avant et certifier un engagement dans lequel figure celui d’un prix équitable aux côtés d’items environnementaux. Il continue sur sa lancée en mettant encore plus l’engagement en avant, avec un vin étiqueté « 100 % équitable, le vin qui place l’homme et la nature au cœur de ses priorités ».

Se positionner comme boisson rafraîchissante

<em class="placeholder">Bastien Laplace, vigneron du domaine Famille Laplace à Wine Paris 2026. </em>
Bastien Laplace vigneron du domaine Famille Laplace, présente le vin frizzant à 7 % d'alc. qui va s'ajouter à la gamme de vin facile à boire, La basse cour. © C. Gerbod

De la fraîcheur, maximum 10 % d’alcool, des bulles légères issues de la gazéification, des arômes gourmands et un poil de douceur… C’est la recette tentée pour placer le vin dans la case des boissons rafraîchissantes pour une consommation décontractée, aperçue sur plusieurs stands. Il y a par exemple Mouton frizzant de la Famille Laplace, qui, à Wine Paris, avait un nom mais pas encore d’étiquette. Issu du cépage gros manseng, il ne titre que 7 % d’alcool et contient 20 g de sucre par litre. Il s’inscrit dans la gamme de vin La Basse Cour, qui vise la convivialité décomplexée.

Autre exemple, Frizzante, de la gamme Chambre d’amour du négociant Lionel Osmin, pétillant également gazéifié, titrant 10 % d’alcool, issu des cépages aromatiques gros manseng et sauvignon blanc, et bouché avec un bouchon mécanique type limonade. La gamme dont le slogan est « nouvelle génération », se positionne aussi sur les cocktails.

Jouer l’impact maximum en rayon avec des étiquettes ultra-visuelles

<em class="placeholder">Vins du Château Chillac. </em>
Jouer sur l'impact et l'humour est l'objectif des étiquettes de certaines cuvées du Château Chillac, installé en Gironde. © C. Gerbod

Une étiquette qui claque visuellement dans le rayon et ne dit rien ou presque de l’origine du vin, c’est le choix du Château Chillac en Gironde. « Le consommateur est perdu en rayon. Nous cherchons à nous démarquer avec des étiquettes qui cassent les codes », explique Laurent Cassy, le vigneron.

Même approche consistant à en dire le moins possible sur la partie visuelle de l’étiquetage pour les Vignobles du Rab (Rab pour raisins à boire). Nicolas Gonnin, vigneron installé dans le vignoble de Chinon, applique le principe à ses cuvées de négoce comme Crevette mayo, un blanc à 10,5 % alc. issu de raisins ugni blanc achetés en Charente-Maritime, qu’il vinifie.

Dupliquer l’expérience bière avec des formats verre 25 cl

<em class="placeholder">Bouteilles de 25 cl du blanc et du rosé Château Bonnet.</em>
© C. Gerbod

En 2026, on a vu moins de canettes qu’en 2025 mais plus de petites bouteilles en verre. Exemple au Château Bonnet, en Entre-deux-Mers, où le blanc et le rosé sont conditionnés aussi en format 25 cl obturé capsule couronne sous le nom de Petit Bonnet. « L’idée est de dupliquer l’expérience bière, un produit facile à boire, dont on a toujours quelques petites bouteilles au frais dans un format raisonnable en quantité » et de contrer la remarque « je veux bien un verre de vin mais n’ouvre pas une bouteille pour moi », précise-t-on sur le stand de Vignobles Famille André Lurton. Le prix consommateur se situe entre 4,50 et 4,80 euros la bouteille. Le château Bonnet estime qu’il faut encore de la pédagogie pour convaincre que c’est mieux que de perdre une bouteille de 75 cl ouverte mais il remarque que la capsule n’est pas un obstacle.

Proposer du « low alcool » non désalcoolisé grâce au kéfir de raisin

Au Château Couronneau, en Gironde, la famille Piat a cherché comment répondre à la demande de produits sans alcool « qui explose » de la part des clients professionnels, confie Côme Piat, vigneron. Le domaine, qui cultive ses vignes en bio et biodynamie, a plutôt cherché un produit qui n’utiliserait pas de procédé de désalcoolisation et a opté pour le kéfir. « Les ferments transforment le sucre en acide lactique et non pas en alcool. C’est du sans alcool naturel », détaille-t-il. Raifir, la boisson fermentée obtenue, est gazéifiée à la mise en bouteille. Elle existe en blanc issue de sauvignon blanc et en rouge issue de merlot. Si le merlot ne contient aucun alcool, le blanc atteint 3,5 % car il est reparti en fermentation. Le produit existe en 33 cl mais aussi en 75 cl, format qui est demandé à l’export.

Décliner les cépages locaux via le kombucha

Obtenue par cofermentation de kombucha issu de thé noir et d’un cépage du Sud-Ouest, le manseng, la boisson MK01, réalisée par le vigneron du Mas del Périe, Fabien Jouves, affirme un profil aromatique et désaltérant. Le but de ce domaine en bio et biodynamie implanté dans le vignoble de Cahors est de proposer une offre issue de raisins mais moins alcoolisée que du vin. Le principe se décline avec un autre cépage emblématique du vignoble, le malbec. Les deux boissons titrent 3,5 % d’alcool et sont gazéifiées à la mise. Elles sont vendues en bouteilles de 75 cl, pour rester dans le code de la convivialité.

Moderniser le jus de raisin grâce au rooibos

Avoir une proposition sans alcool sans passer par le processus de désalcoolisation était aussi le souhait des Vins Pauline Lapierre, en bio. « Pour garder une approche artisanale, nous avons décidé de faire un produit à base de jus de raisin et de réaliser un assemblage », explique William Lapierre. Le jus de sauvignon blanc, « récolté le premier jour des vendanges », est associé à une infusion de rooibos, plante dépourvue de théine. « Cela apporte un peu de tanins qui donnent de la structure », commente-t-il. Le produit est gazéifié et conditionné en 33 cl. Le très bon retour de son client en Grande-Bretagne a incité le domaine à poursuivre avec une version infusée de racines et fleurs de pissenlit pour apporter naturellement une pointe d’amertume. Les produits sont vendus entre 3 et 4 euros prix consommateurs.

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