Vigne en Gironde : « Avec 290 mm de pluie, mon système d’hydrologie régénérative a bien fonctionné »
Avec 37 jours de pluie consécutifs du 14 janvier au 20 février, la France a connu la série la plus longue depuis le début des relevés en 1959. Les aménagements d’hydrologie régénérative ont joué leur rôle, comme en témoigne Aurélie Carreau, du Château Mons La Graveyre, à Cambes en Gironde.
Avec 37 jours de pluie consécutifs du 14 janvier au 20 février, la France a connu la série la plus longue depuis le début des relevés en 1959. Les aménagements d’hydrologie régénérative ont joué leur rôle, comme en témoigne Aurélie Carreau, du Château Mons La Graveyre, à Cambes en Gironde.
« Nous n’avons pas eu les pieds dans l’eau, car nous sommes sur un coteau à 100 m d’altitude, mais nous avons quand même reçu 290 mm depuis le 7 janvier et les vignes se sont bien comportées. Mes parcelles sont situées en surplomb de la Garonne, sur trois niveaux. Avec les conseils d’Alain Malard, j’ai aménagé un réseau de fossés et de noues qui canalise l’eau de la chaussée et capte les eaux pluviales de mon bâtiment d’exploitation pour les répartir dans les 2 ha de vignes.
Je travaille en bio, les sols de mes vignes sont couverts et vivants, aussi je n’ai jamais eu d’érosion et même avec des pluies de 60 mm, je peux passer le lendemain si je dois traiter, par exemple. Avec toute la pluie de ce début d’année, nous avons vu les fossés se remplir et l’eau s’infiltrer au fur et à mesure. Parfois, une noue déborde et l’eau s’en va remplir la suivante. Le système fonctionne bien.
Il n’y a pas eu de torrents d’eau, les noues et le sous-solage « en pointillé » effectué durant l’automne dernier ont bien ralenti le flux d’eau. Nous avons travaillé dans les vignes toute la journée de mardi dernier, à aucun moment nous ne nous sommes enfoncés, alors que nous avons descendu des piquets et des marquants avec le quad et le tracteur.
Je n’ai pas encore assez de recul pour estimer l’impact de l’aménagement sur le rendement. Je dois encore connecter les exutoires à des mares qui restent à creuser. Nous avons vu aussi qu’il faudra perfectionner le système par endroits, car ces ouvrages nécessitent de la précision. Mais cela fait partie des éléments qui me semblent indispensables pour une gestion durable. »