Aller au contenu principal

Loi Duplomb : les députés de gauche saisissent le Conseil constitutionnel

Les députés LFI, écologistes et communistes ont déposé vendredi 11 juillet un recours au Conseil constitutionnel contre la loi Duplomb votée le 8 juillet. Ils contestent notamment la réintroduction sous conditions de l’acétamipride qu’ils estiment incompatible avec la préservation de l’environnement et le droit à la santé. 

au premier plan un tracteur utilisant des pesticides et en arrière plan une maison
La préservation de l’environnement et le droit à la santé sont au cœur du recours formulé par les députés de gauche.
© Gabriel Omnès

Avec Agra Presse

 

Après le vote le 8 juillet de la loi Duplomb, dite Entraves, les insoumis, écologistes et communistes ont déposé le 11 juillet un recours commun devant le Conseil constitutionnel et les socialistes un deuxième. En ce qui concerne la réintroduction à titre dérogatoire et sous conditions de l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes, le texte prévoit une réintroduction sans délai mais avec une clause de réexamen par un conseil de surveillance, trois ans après, puis annuelle. Pour les requérants, la dérogation elle-même « n’est pas encadrée ni dans l’espace, ni dans le temps » et « l’usage des néonicotinoïdes n’est pas circonscrit à des filières de productions agricoles définies ». Ils jugent que la réintroduction même à titre dérogatoire contrevient aux principes de précaution et de non-régression environnementale.

Lire aussi : PPL Duplomb : le texte clivant définitivement adopté par l’Assemblée nationale

Lire aussi : Interdiction de l’acétamipride : le Conseil d’État rejette un recours de Phyteis

« La loi méconnaît l’objectif à valeur constitutionnelle de protection de la santé humaine »

Les députés de gauche estiment par ailleurs qu’il n’existe aucune « caractérisation juridique de ce que pourrait constituer une menace grave compromettant la production agricole », censée fonder la dérogation pour utiliser l’acétamipride. Ils soulignent que « les connaissances scientifiques des effets de l’acétamipride sur la santé humaine ont mis en lumière des préoccupations encore plus inquiétantes qu’elles ne l’étaient en 2016, lors de l’adoption de la loi interdisant ces produits ». Selon eux, la « loi méconnaît l’objectif à valeur constitutionnelle de protection de la santé humaine ».

Lire aussi : Vote de la PPL Duplomb : quelles sont les réactions des syndicats agricoles ?

Les mesures relatives aux installations classées en élevage visées dans le recours

Le recours vise également les mesures relatives aux installations classées (ICPE) en élevage, en ce qu'elles restreignent « la capacité du public à s’informer et à s’investir dans la démocratie environnementale locale ». Autre article visé : celui qui prévoit notamment une présomption d’« intérêt général majeur » pour certains ouvrages de stockage d’eau, dans l’intention de faciliter les constructions, en ce qu'elle « dispense les autorités d’examiner les risques environnementaux». 

Lire aussi : Acétamipride et stockage de l’eau : deux sujets clivants de la proposition de loi Duplomb, quels sont les arguments des « pour » et des « contre » ?

Lire aussi : PPL Duplomb votée : quelles conséquences concrètes pour les agriculteurs ? Le point sur ses sept mesures principales

Les requérants dénoncent une absence de débat

Pour ce qui est de la forme, les auteurs du recours dénoncent les conditions d’examen du texte, en particulier l'emploi de la motion de rejet préalable. Ils estiment qu’elle a été utilisée « pour empêcher l’Assemblée nationale de débattre, et l’opposition d’exercer son droit constitutionnel d’amendement ». Ils soutiennent donc « que l’ensemble de ce texte, adopté sans débat, doit être censuré pour vice de procédure ». Les conditions d'examen du texte et la réintroduction contestée de l’acétamipride font également partie des points de discorde pointés par les députés socialistes dans leur recours. 

Lire le recours : 

Les plus lus

Bovin de profil présentant des nodules sur la peau, signe clinique de la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC).
Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : trois nouveaux cas détectés en Sardaigne, un cheptel non vacciné concerné

Trois foyers supplémentaires de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) ont été détectés le 28 et le 29 avril en…

Agriculteur remplissant de GNR le réservoir de son tracteur
Crise du GNR agricole : comment bénéficier de l’aide de 15 centimes d’euros par litre pour le mois de mai ?

Le gouvernement vient de préciser les modalités pour bénéficier des différents dispositifs de soutien aux agriculteurs pour l’…

Machine agricole d’une ETA en pleine recharge de GNR
ETA : « Le coût du GNR représente 13 à 20% de notre chiffre d’affaires, on ne peut pas amortir une hausse du prix du gazole de 90% »

La hausse du prix du gazole non routier touche très fortement les entreprises de travaux agricoles qui se voient contraintes…

Unité de méthanisation en bâche souple au milieu d'un champ.
Incorporation du biométhane : le gouvernement présente ses objectifs pour les certificats de production de biogaz après 2028

Le gouvernement vient enfin de présenter ses objectifs pour les certificats de production de biogaz (CPB). Une trajectoire qui…

Drapeaux européens devant le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles.
Prix des engrais : la Commission européenne ne compte pas suspendre le MACF, mais prévoit des aides directes

La Commission européenne ne compte pas suspendre le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) face à l’augmentation…

  Bâtiment d’élevages de volailles dans les Côtes d’Armor
Projets de bâtiments d’élevage (ICPE), d’irrigation (IOTA) et de méthanisation : un décret pour accélérer les contentieux en matière environnementale

Un décret publié ce matin au journal officiel vise à accélérer les contentieux contre certains projets agricoles et notamment…

Publicité