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Les vins des côtes-de-gascogne s'épanouissent sur le marché français

Si les côtes-de-gascogne font partie des blancs français les plus exportés, années Covid, taxe Trump et récoltes amoindries par le gel et la grêle ont conduit les vins de l'IGP gagner du terrain en France. Leur couleur blanche et leur rapport qualité-prix leur donnent des atouts.

Philippe Fezas du domaine Chiroulet, Cédric Garzuel de Plaimont, Kévin Gessler du Domaine de Joy, Jean-Pierre Drieux de Villa Dria, Olivier Dabadie, président de la section interprofessionnelle des vins IGP côtes-de-gascogne et Alain Desprats, directeur du syndicat des vins côtes-de-gascogne présentaient à Paris, le 12 avril, une sélection de vins de l'IGP côtes-de-gascogne.
© C. Gerbod

Les vignerons venus présenter les vins de l’IGP côtes-de-gascogne à Paris, le 12 avril, ne cachaient pas leur bonne humeur au vu des résultats publiés par NielsenIQ quelques jours plus tôt.  En grande distribution, avec un gain de 578 200 acheteurs, les côtes-de-gacogne se placent numéro 1 du TOP 10 des appellations/dénominations ayant gagné le plus d’acheteurs en 2022 par rapport à 2019. Ils devancent les côtes-de-provence (+ 497 200 acheteurs) et les beaujolais (+ 350 100 acheteurs).

Des ventes en hausse dans un contexte de recul des ventes de vin en grandes surfaces

Une performance dans un contexte où les chiffres attestant d’une baisse de consommation du vin, surtout de la part des jeunes générations, s’accumulent. Toujours selon NielsenIQ, les foyers français ont acheté en moyenne 29 litres de vin par an en 2022 en grandes surfaces, soit 2 litres de moins qu’en 2019.

Les achats des catégories "familles" (- 14 %) et "moins de 50 ans sans enfant" (-11 %) diminuent davantage que ceux des "plus de 50 ans sans enfant" (- 3%).

La part des ventes en France atteint 50 % en 2022

A rebours des tendances, l’IGP côtes-de-gascogne a donc réussi à accroître ses ventes en grande distribution. Au 26 février 2023, à 1 an, les blancs secs de l'IGP ont gagné 15,7 % en volume pour atteindre 63 167 hectolitres et 18,5 % en valeur (27 millions d’euros de chiffre d’affaires), indique le syndicat de l'IGP. Dans le même temps, l’ensemble du rayon vins tranquilles a perdu 4,9 % en volume et 1,2 % en valeur.

Alors qu'ils étaient bien présents en restauration, les côtes-de-gascogne ont réorienté leur distribution pour s’adapter.

Résultat des courses, en 2022, les côtes-de-gascogne se sont vendus à 50 % sur le marché français et à 50 % à l’export. En 2018, la répartition était de 60 % à l’export et 40 % en France.

Un rapport qualité-prix à tenir

Les blancs secs séduisent, mais aussi les moelleux. En 2021, sur les 642 091 hectolitres produits, 83 % étaient des blancs dont 69 % de blancs secs et 14 % de blancs moelleux et doux.

Elément majeur du succès, le positionnement qualité-prix est toutefois sous tension. Cédric Garzuel, chez Plaimont, observe une forte croissance des cours du vrac, de « 20 à 25 % voire 30 % en plus par rapport à il y a deux ans », conséquence des volumes réduits par les aléas climatiques.  « Il y a un danger à sortir du positionnement historique », s’inquiète-t-il.

Jean-Pierre Drieux, du domaine Villa Dria, témoigne de la difficulté à tenir le positionnement prix alors que les matières sèches augmentent, que l’inflation grimpe, « que les factures d’énergie se multiplient par deux ou trois ». « En Grande-Bretagne, si on passe de 6 à 8 livres, on perd 30 % de part de marché », illustre Cédric Garzuel.

Partir à la reconquête

Alain Desprats, directeur du syndicat des vins côtes-de-gascogne, invite à « suivre le mouvement d’augmentation sans perdre le positionnement ». Il espère, pour 2023, « une récolte normale car on a perdu des parts de marché à cause de nos baisses de volume mais on ne va pas les retrouver instantanément ». Pour autant, l’heure n’est pas au repli. « Nous allons continuer à reconquérir des parts de marché perdues en allant sur de nouveaux terrains de jeu », lance Olivier Dabadie, président de la section interprofessionnelle des vins IGP côtes-de-gascogne.

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