Aller au contenu principal

CRISE DE CROISSANCE
FAUT-IL CRAINDRE LE BIO BUSINESS ?

Face à l’augmentation des surfaces en conversion, la filière biologique s’interroge sur son avenir. Comment se structurer ? Comment éviter que cet accroissement attendu de la production ne perturbe les marchés ? Et puis comment palier au fait que le vin biologique n’existe toujours pas ?

DE GRANDS OPÉRATEURS capables de fournir des volumes conséquents arrivent aujourd’hui sur le marché du vin bio. Les “ puristes ” de la bio craignent que ceux-ci ne viennent déstabiliser le marché et “ industrialisent ” ce dernier.
DE GRANDS OPÉRATEURS capables de fournir des volumes conséquents arrivent aujourd’hui sur le marché du vin bio. Les “ puristes ” de la bio craignent que ceux-ci ne viennent déstabiliser le marché et “ industrialisent ” ce dernier.
© P. Cronenberger

“La filière bio est dans l’embarras ”, reconnaît Michel Issaly, président des VIF (Vignerons indépendants de France). Le cahier des charges européen relatif à la vinification biologique qui devait enfin officiellement donner naissance au vin biologique n’a pas été adopté, faute d’entente sur la question, certes, épineuse, des doses de SO2 maximales autorisées. “ Le fait que ces négociations aient échoué nous pose un réel problème ”, renchérit Alain Réaut, président de la Fnivab (Fédération nationale interprofessionnelle des vins issus de l’agriculture biologique). “ Nous pouvons effectivement au niveau national apposé le logo AB sur nos bouteilles mais celui-ci ne certifie que le raisin. C’est donc une tromperie vis-à-vis du consommateur. Si Dacian Ciolos, le commissaire européen à l’agriculture, a décidé de clore les discussions, c’est parce qu’il estimait que le projet de règlement proposé n’était pas sérieux et trop proche de celui concernant les vins conventionnels. Et puis, force est de constater que la politique a pris le dessus : si ce règlement était sorti, il y aurait eu pour le coup les vins biologiques et les autres. ” Et selon Michel Issaly, il faudra sûrement attendre plusieurs années avant que le dossier ne soit à nouveau sur la table. “ Résultat : chacun travaille dans son coin pour mettre en place sa propre charte privée. On va ainsi voir fleurir des chartes à plusieurs vitesses,différents mais toujours une même communication : c’est un vin bio. Ce qui est d’une tristesse absolue. Alors qu’il y a une attente très forte du consommateur pour ce type de produit, celui-ci risque de se sentir dupé. Car certains ont bien senti qu’il y avait du business à faire. Ils pourront être tentés de créer leur propre charte, laxiste, et pour le reste de faire travailler leurs conseillers en marketing pour habiller tout cela de vert. Cela va se retourner contre le mouvement bio et tout le monde sera décrédibilisé. On peut même imaginer le scénario de fiction suivant : on commence par écrire un cahier des charges laxiste en matière de vinification et puis on s’attaque au cahier des charges de la production de raisin pour le rendre moins contraignant. On va peut-être lever les freins à la massification des vins bios mais bonjour les dégâts ! ” La Fnivab tente bien de son côté de fédérer les bonnes volontés pour mettre en place au niveau européen une charte de vinification (voir Réussir Vigne n° 170). L’objectif étant de peser sur les instances européennes afin qu’elle rouvre les négociations“ Ce serait aussi une manière de fermer les portes à des gros opérateurs ou à des petits d’ailleurs, qui ne voudraient pas changer leur méthode de vinification ”, estime Sébastien Bonduau, chargé de mission à la coordination agrobiologique des Pays de Loire. La charte que souhaite promouvoir la Fnivab est proche, notamment au niveau des doses de SO2, du projet avorté de règlement européen. Une charte qualifiée “ d’a minima ” par Didier Gouzien, directeur général de la société de négoce Biovidis et largement en deçà de ce que font les vignerons bios français, estime-t-il. Avec d’autres acteurs de la filière, il serait en train de réfléchir à l’écriture d’une autre charte qui pourrait aboutir courant 2011. “ Les vignerons ont envie de structurer la filière, de créer quelque chose en rapport avec leur quotidien. Ceux qui sont depuis longtemps dans le bio savent qu’il faut mettre des barrières. ” Certains pourraient même être tenté de rejoindre la biodynamie, considérée alors comme le dernier rempart face à un vin “ biologique ” standardisé.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Vigne

Les plus lus

Fendt 211 V Vario - Un tracteur vigneron personnalisable à souhait
[ESSAI] - Fendt 211 V Vario - "Un tracteur vigneron personnalisable à souhait"
Vigneron à la Sauve en Gironde, Jérôme Zaros a pris en main la nouvelle génération de tracteurs vignerons Fendt 211 V Vario.…
Vendanges 2021, un volume plus faible qu'espéré
Si les estimations publiées par Agreste début août prévoyaient une vendange nationale autour de 36,7 millions d'hectolitres, sur…
Nicolas Moulin (à gauche) et Serge Marais (à droite) sont satisfaits de leur essai avec les biostimulants.
Un duo de biostimulants pour 40 % d’économie phyto
Depuis deux ans, un négoce agricole charentais teste sur vigne deux produits naturels homologués comme engrais. Ils ont permis…
[ VIDEO] Ceol, le robot viticole sur chenilles qui travaille dans les terrains en pente
La société AgreenCulture était présente au salon Vini Viti Vici le 6 juillet dernier dans le Tarn, pour présenter son prototype…
Le tri embarqué sera certainement utile pour ce millésime 2021, qui s'annonce d'ores et déjà délicat.
Anticiper des vendanges 2021 qui s'annoncent délicates
Que ce soit à cause du gel ou des conditions météo difficiles de la saison, le millésime 2021 ne s’annonce pas sous les meilleurs…
L'état de catastrophe naturelle sera decrété après les inondations dans le Gard
De violents orages accompagnés de 200 à 300 mm de pluie, et localement de grêle, se sont abattus mardi 14 septembre dans le Gard…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole