Une courte restriction alimentaire des chèvres n’affecte pas la stabilité du gras du lait
L’Inrae étudie les phénomènes de lipolyse dans les laits de chèvre, de vache et de brebis.
L’Inrae étudie les phénomènes de lipolyse dans les laits de chèvre, de vache et de brebis.
Une étude parue dans la revue Small Ruminant Research montre que réduire temporairement la ration des chèvres laitières n’augmente pas la dégradation du gras dans le lait, contrairement à ce qui se passe pour les vaches. Des chercheurs Inrae de Clermont-Ferrand, Rennes et Toulouse ont comparé la composition du lait de chèvre nourrie à volonté à d’autres recevant une ration restreinte. La production laitière a baissé pendant les quatre jours de restriction alimentaire mais pas les taux butyreux et protéique. Malgré une diminution marquée de l’activité de l’enzyme lipoprotéine lipase dans le lait, le niveau de lipolyse spontanée est resté stable, sans davantage de libérations d’acides gras libres à l’origine de saveurs et d’arômes rances. Le lait a donc gardé sa qualité lipidique pendant les quelques jours où les chèvres du domaine de La Sapinière dans le Cher n’étaient nourries qu’à 65 % de leurs besoins.
Mousse du soir
Les chercheurs ont également noté que la lipolyse est plus importante dans le lait du soir que dans celui du matin. « Cela peut expliquer pourquoi il y a davantage de mousse lors de la traite du soir, commente Christelle Cebo, chercheuse en qualité du lait à l’Inrae de Jouy-en-Josas. Cet excès de mousse pose d’ailleurs parfois des problèmes lors de la traite des brebis. » Chez la chèvre, les chercheurs observent que la lipolyse est plus élevée chez les chèvres avec un génotype faible en caséine alpha s1.