Un plat fait maison - coût du temps de préparation compris - n’est pas moins cher qu’un plat industriel
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C’est une étude publiée ce 27 mai par l’Inrae, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement qui porte sur la « comparaison des coûts entre un plat fait maison et un plat industriel ». Les chercheurs qui ont travaillé sur le sujet viennent remettre en question l’idée souvent admise que cuisiner maison reviendrait moins cher qu’acheter des plats préparés. Leurs résultats, parus dans la revue Public Health Nutrition, montrent que si on prend en compte le coût du temps de préparation à la maison, cuisiner à partir d’ingrédients bruts revient plus cher qu’acheter des plats industriels.
Les chercheurs ont répertorié 19 plats parmi les plus consommés par les Français. Ils se sont appuyés pour cela sur les données de l’Enquête nationale nutritionnelle et individuelle française 2006-2007 (Inca2). Parmi ces plats figurent la quiche lorraine, le taboulé, la soupe de légumes, le bœuf bourguignon ou encore le gratin dauphinois… Les prix de ces produits ont été relevés en supermarché, à partir des prix figurant sur les sites Internet de 4 grandes enseignes alimentaires situées à proximité de la ville de Montpellier, en décembre 2016.
A partir des recettes et des instructions de cuisson données par les industriels, ils ont estimé le coût de ces mêmes plats faits maison, sur la base du prix des ingrédients qui les constituent.
Et voici les résultats de ces comparaisons. « Pour quatre portions (4p), si l’on ne tient compte que du prix d’achat, les plats industriels sont, en moyenne, 0,84€ plus chers que les mêmes plats faits maison. Quand on intègre le coût de l’énergie pour cuisiner ou réchauffer ces plats, les plats industriels restent plus chers de 0,60€/4p. En revanche, lorsque le coût du temps de préparation (estimé au SMIC horaire) est considéré, alors le plat réalisé à la maison est de 5,34 €/4p, soit plus cher en moyenne que le plat industriel ». Pour les chercheurs en charge de l’étude, ce travail suggère « l’importance d’analyser les pratiques d’achat de plats cuisinés de sous populations, en portant notamment l’accent sur les familles à faible revenu dont les contraintes de temps, de ressources et d'équipement peuvent les dissuader d'acheter et de préparer des aliments frais et périssables ». Selon eux, « garantir la disponibilité de plats industriels pratiques, abordables et ayant une qualité nutritionnelle avérée pourrait contribuer à promouvoir une alimentation saine, tout en luttant contre les inégalités hommes-femmes et contre les inégalités sociales ».
Selon l’information communiquée par l’Inrae, « 75% du temps passé à la cuisine est du temps féminin ». L’Institut rapporte aussi le chiffre de « 50 g par jour et par personne » de plats cuisinés industriels achetés en 2010 alors que cette consommation était « quasi inexistante en 1973 ». Une augmentation qui montre l’intérêt des ménages pour l’aspect pratique des plats cuisinés industriels, « compte tenu des exigences croissantes de la vie quotidienne ».
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Au niveau français, selon le site conso Globe, il serait actuellement consommé 22 kilos de plats cuisinés chaque seconde !
Une étude menée récemment par l’Observatoire E. Leclerc des nouvelles consommations indique cependant que la crise du Covid-19 a fait baisser les achats de plats préparés de 28 %.
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