Souveraineté alimentaire : que sont les « contrats d’avenir » annoncés par le gouvernement ?
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, ce 30 janvier à l’occasion d’un déplacement à Baigneaux (Eure-et-Loir), la généralisation des « contrats d’avenir » avec les Jeunes agriculteurs. Le gouvernement veut aussi reprendre en main le sujet de la commande publique, et faire de l'alimentation une « priorité européenne ».
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, ce 30 janvier à l’occasion d’un déplacement à Baigneaux (Eure-et-Loir), la généralisation des « contrats d’avenir » avec les Jeunes agriculteurs. Le gouvernement veut aussi reprendre en main le sujet de la commande publique, et faire de l'alimentation une « priorité européenne ».
Le Premier ministre Sébastien Lecornu, présent à l’Assemblée nationale ce matin du 30 janvier dans le cadre du budget 2026, s’est ensuite rendu sur une exploitation agricole à Baigneaux (Eure-et-Loir) sur le sujet de l’avenir de l’agriculture française. Accompagné des ministres Annie Genevard (Agriculture), Serge Papin (Commerce), Françoise Gatel (Aménagement du territoire) et David Amiel (Fonction publique), le chef du gouvernement a annoncé la généralisation des « contrats d’avenir » des exploitations agricoles. L’idée derrière est « de revenir à de la planification entre le producteur […], le transformateur, […] et le consommateur », a présenté Sébastien Lecornu devant la presse.
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Que sont les « contrats d’avenir » pour les exploitations agricoles que le gouvernement va généraliser ?
Ces « contrats d’avenir » sont une idée d’abord portée par les Jeunes agriculteurs (JA), dont le président Pierrick Horel était aussi présent sur place. Les JA ont d’abord défini des « plans d’avenir », qui correspondent à des « feuilles de route » des productions à développer sur un territoire à un horizon de 25 ans. L’ensemble des acteurs de chaque filière seraient mobilisés pour accompagner la transition. L’objectif est d’aboutir à « des circuits de distribution bien organisés, des infrastructures adaptées (irrigation, stockage, transport) », mais aussi « une coopération entre agriculteurs, industries agroalimentaires, collectivités et consommateurs ». Les « contrats d’avenir » proposés par les JA seraient la « déclinaison opérationnelle » de ces plans. Chaque contrat serait signé entre un agriculteur et les pouvoirs publics et les acteurs de la filière pour apporter un accompagnement financier et technique d’une durée d’au moins cinq ans. Ces propositions des JA découlent des mobilisations agricoles de 2024 et ont été présentés lors de leur congrès en juin 2025, avant d’être à nouveau évoqués en septembre pour les conférences de la souveraineté alimentaire.
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Le Premier ministre veut « reprendre complètement en main » le sujet de la « commande publique »
Différentes mesures sur le sujet de la souveraineté alimentaire et agricole ont aussi été présentées par Sébastien Lecornu. Une mission parlementaire pour valoriser les filières locales va être lancée. L’approvisionnement local dans les commandes publiques alimentaires va être renforcé. Et le gouvernement veut définir l’alimentation comme une « priorité européenne » et comme « secteur stratégique » dans les négociations européennes pour la souveraineté alimentaire.
Devant la presse, le Premier ministre a indiqué vouloir « reprendre complètement en main » le sujet de la « commande publique », dans le contexte de « guerre commerciale » et d’un « libre échange qui est complètement remis en question ». « On est plus du tout au niveau de radicalité qu’il faut avoir pour être capable de se protéger », affirme-t-il. Le gouvernement veut par exemple « récompenser ou punir les acheteurs publics » en fonction de leurs recours à des produits agricoles non produits dans l’UE, avec des objectifs qui seront fixés dans la prochaine loi agricole.
Un « choc majeur positif pour le monde agricole », annonce Sébastien Lecornu
Cette réorganisation de la commande publique demande un « choc majeur positif pour le monde agricole », soutient Sébastien Lecornu devant la presse. Le Premier ministre évoque la « capacité à devoir produire de manière régulière, prévisible, dans les quantités agréées et contractualisées ». « Être capable de construire, au fond, de la sécurité d’approvisionnement […] c’est exactement ce qu’on cherche à faire avec ces contrats d’avenir », défend-il.
EN DIRECT | Point presse du Premier ministre : lancement des « contrats d’avenir » dans les exploitations agricoles et réorientation de la commande publique vers la production agricole française. https://t.co/KyakQht1vE
— Gouvernement (@gouvernementFR) January 30, 2026