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Salon de l'agriculture 2026 : Le chèvre à la rencontre des consommateurs et des politiques

Entre dégustations, réalité virtuelle et rencontres politiques, la filière caprine profite du Salon de l’agriculture pour défendre ses fromages et son avenir. Derrière l’enthousiasme des visiteurs, les professionnels rappellent que, sans prix du lait rémunérateur, le dynamisme du chèvre pourrait s’essouffler.

Malgré une baisse de fréquentation de 25 % sur les quatre premiers jours du Salon de l’agriculture, le stand du fromage de chèvre ne désemplit pas. L’absence de bovin a pu renforcer l’attrait des visiteurs pour les petits ruminants mais c’est surtout la curiosité qui pousse les Parisiens et les visiteurs de toute la France à s’arrêter quelques minutes pour déguster et découvrir la diversité des fromages de chèvres.

Le chèvre séduit toujours autant

Sur le stand du chèvre, chacun a son fromage préféré. Thomas et Caroline, qui animent les ateliers de dégustation, avouent un faible pour le banon et son assemblage de texture ainsi que pour la couverture bleue et le goût de champignon du chavignol. Victoria de l’Anicap place en haut du podium un original bleu de chèvre et le chabichou « quand il commence à crémer ». Adélie, étudiante à AgroParisTech venue prêter main forte sur le stand de l'interprofession, aime à se régaler de cabécou au miel, un fromage coulant au bon goût de vacances. Sa collègue Carla rattache les fromages à sa famille, à ses grands-parents via le sainte-maure-de Touraine et à son frère via le pélardon. Hervé, le volubile animateur aux questions bien rodés, se laisse lui séduire par le chavignol bleuté « au goût et à la texture incroyable ». Pour Jacques, éleveur corse, venu pour deux jours raconter son métier avec franchise et passion, il craque pour le pélardon et le fromage type venacais à croute lavée. Les intervenants s’affairent ainsi à partager leur goût du chèvre et à faire découvrir le métier de chevrier et de chevrière à travers la visite en réalité virtuelle d’une chèvrerie et d’un atelier de fabrication des fromages de chèvre. 

 

 

Un plaidoyer politique pour l’installation et le lait cru

Pour les éleveurs investis dans la vie de la profession, le Salon de l’agriculture est un moment d’échanges avec les responsables politiques et les administrations. Le premier jour du salon, Mickaël Lamy, le président de l’Anicap a pu échanger avec Emmanuel Macron et la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. L’occasion de rappeler les besoins des éleveurs et des industries pour continuer à exporter le savoir-faire fromager français à l’international. Tout au long du salon et des visites de personnalités, les professionnels vont rabâcher leur message sur l'importance de soutenir les fromages au lait cru ou l'installation de nouveaux éleveurs de chèvres. Aux responsables européens, les éleveurs de la Fnec et d'Interbev ont rappelé l'impossibilité d'appliquer les dispositions du règlement transport en cours de négociation. A la DGCCRF, la Fnec discute de l'utilisation du terme fermier et des nécessaires évolutions de la loi Egalim, tant pour les laitiers que pour les fermiers.

La tension monte avant la fin des négociations commerciales

En ces derniers jours de négociations commerciales, l’inquiétude étaient palpables concernant le prix du lait de chèvre. « La guerre des prix revient entre les enseignes de la grande distribution », regrette Mickaël Lamy, éleveur laitier du Maine-et-Loire et président de l’interprofession caprine. Les échos des box de négociations ne sont pas bons, pénalisés par la surproduction mondiale de lait de vache et la reprise de collecte de lait de chèvre en France. Si Jacky Salingardes, producteur aveyronnais et président de la Fnec, confirme une « grosse attente du terrain pour une augmentation du prix après trois années sans hausse », les deux professionnels ont le sentiment que la loi Egalim est contournée et que les hausses de prix seront limitées, tant pour les éleveurs que pour les laiteries. 

Pourtant, sans prix du lait de chèvre suffisamment rémunérateur, l’investissement restera bloqué et « la filière caprine pourrait un jour se retrouver dans la même position que la filière des œufs », alerte Mickaël Lamy. « D’autant que les producteurs sont dans des territoires où, quand les animaux disparaissent, c’est la broussaille qui prend le dessus », renchérit Jacky Salingardes. Au-delà de la vitrine parisienne, le chèvre défend au salon sa volonté de faire vivre des territoires.

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