Stockage d'eau
Sainte-Soline : en appel les mêmes peines requises contre les accusés provoquent la colère de la Confédération paysanne
La Cour d’appel de Poitiers a requis les mêmes peines qu’en première instance contre les instigateurs de la manifestation interdite de Sainte-Soline en mars 2023. La Confédération paysanne s’insurge contre ces décisions.
La Cour d’appel de Poitiers a requis les mêmes peines qu’en première instance contre les instigateurs de la manifestation interdite de Sainte-Soline en mars 2023. La Confédération paysanne s’insurge contre ces décisions.
[Avec Agra Presse]
Après six heures d’audience, l’avocate générale a requis les mêmes peines qu’en première instance contre les quatre "défenseurs de l’eau" jugés le 27 mai devant la cour d’appel de Poitiers pour l’organisation de la manifestation interdite de Sainte-Soline en mars 2023 : six mois de prison avec sursis pour Julien Le Guet de Bassines Non Merci et trois mois de prison avec sursis pour Benoit Feuillu des Soulèvements de la Terre. Une amende de 1000 euros a été requise à l’encontre de Nicolas Girod et Benoit Jaunet, à l’époque respectivement porte-parole national et porte-parole des Deux-Sèvres pour la Confédération paysanne. Les avocats de la défense ont demandé la relaxe. Le délibéré sera rendu le 1er juillet.
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« Un procès politique » dénoncé par les militants de la Confédération paysanne
Les militants syndicaux et associatifs à l'initative de la manifestation avaient dénoncé un « procès politique » avant l’ouverture de l’audience. « On nous met devant les tribunaux pour terrifier et faire taire les mouvements », a déclaré Benoît Feuillu, porte-parole des Soulèvements de la Terre, en conférence de presse.
La manifestation organisée en 2023 à Sainte-Soline contre la construction d’une vaste réserve d’eau dédiée à l’irrigation agricole avait donné lieu à de violents affrontements avec les forces de l’ordre, au cours desquels des dizaines de personnes avaient été blessées, dont deux opposants plongés plusieurs semaines dans le coma. L’enquête sur ces violences a été classée sans suite fin 2025. Le parquet de Rennes avait alors affirmé n’avoir pu identifier les auteurs de tirs de grenades illicites.
« Le procès entre aussi en écho avec le débat sur le projet de loi d’urgence agricole »
Dans un communiqué de presse en date du 27 mai, la Confédération paysanne dénonce « une justice qui refuse d’identifier l’auteur du tir tendu, illégal » et « donc à mettre en cause la chaîne de commandement ». Le syndicat s’étonne que « Médiapart et Libération ont pourtant réussi à le faire en étudiant minutieusement toutes les images produites par la gendarmerie, elle-même, ce jour-là ! ». Il estime par ailleurs que le « procès entre aussi en écho avec le débat sur le projet de loi d’urgence agricole, un moment politique qui remet au centre de l’actualité la question du partage, de la gouvernance et de la priorisation des usages de l’eau. La répression judicaire ne fait que soutenir la politique agricole du gouvernement qui va à l’encontre de l’intérêt général ».
La Confédération paysanne réaffirme son opposition aux méga-bassines
Selon la Confédération paysanne, « à l’Assemblée nationale, la droite, l’extrême droite et le bloc central ne pensent qu’à faire construire des méga-bassines, remplies avec l’eau pompée dans les nappes et non « tombée quand il pleut ». Affirmant rester « déterminée et mobilisée », la Confédération paysanne annonce qu’elle se mobilisera le 7 juin à Rennes pour « dénoncer les attaques contre la gestion démocratique de l’eau du SAGE Vilaine ».
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