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Quelles sont les conséquences de la panne de la consommation alimentaire pour le secteur agricole selon Chambres d’agriculture France ?

Dans sa lettre économique du mois de septembre 2025, Chambres d’agriculture France s’inquiète du nombre de plus en plus élevé de Français en situation de précarité et explique pourquoi les agriculteurs doivent s’en soucier.

personne tenant un panier de courses dans un supermarché
Selon Chambres d'agriculture France, la panne de consommation alimentaire doit inquiéter le secteur agricole.
© Christian Gloria

Un article de Marine Raffray, agroéconomiste chargée de missions, Chambres d’agriculture France, Service études économiques et prospective, intitulé « De plus en plus de Français dans la précarité : pourquoi les agriculteurs doivent-ils s’en soucier ? » a été publié dans la lettre économique de Chambres d’agriculture France du mois de septembre. 

Ce dernier explique qu’à cause de la crise, de plus en plus de Français plongent dans la précarité et qu’au lieu de consommer, la population préfère économiser, ce qui n’est pas sans conséquences. Ainsi la consommation alimentaire continue de faiblir devant les difficultés économiques des Français, souligne l'agroéconomiste qui cite la dernière étude de l’Insee sur le niveau de vie et de pauvreté des Français publiée en juillet dernier et une étude sur l'épargne des Français de la Banque de France.

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Panne de la consommation alimentaire

Cette panne de consommation alimentaire affecte l’alimentation à domicile, pour laquelle les Français réduisent leurs achats en volume depuis trois ans. « Certes, dans le même temps la restauration hors foyer (RHF), collective et commerciale, a vu son activité progresser (plus en valeur qu’en volumes), mais peut-on avancer que les mêmes ménages sont à l’origine de la baisse des achats à domicile d’une part, et de la hausse de l’activité de la RHF d’autre part, autrement dit d’un report du domicile vers le hors domicile ? » s’interroge l’auteur de l’article.

La réponse est oui puisque l’Insee a noté une progression de 1,3 % de la consommation en services de restauration en 2024 en volume par rapport à la moyenne 2015-2019, et que sur la même période, la consommation alimentaire a connu un repli de 3,8 % en volume. « Il faut donc bien admettre qu’il y a des pertes sèches en matière d’alimentation, résultant d’arbitrages de la part des ménages » explique l’article. 

A relire : Inflation : comment les classes moyennes se serrent la ceinture 

Le secteur agricole impacté

Dans les deux cas, cela doit interpeler le secteur agricole estime Marine Raffray. « Premièrement, le report vers la RHF ne concerne pas le même type de produits, la demande étant différente : moins d’origine France chez les restaurateurs et recherche d’un coût matière optimal, et moins de préoccupations éthiques chez les convives. Cela n’est pas pour servir les appels du monde agricole à davantage de considération pour leur rémunération et à l’approvisionnement auprès de leurs filières. Deuxièmement, la baisse des achats pour la consommation à domicile signifie des pertes de débouchés pour le tissu agro-alimentaire français ».

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Une situation française comparable à celle des Etats-Unis des années 1930 !

Et de comparer la situation française à celle des Etats-Unis au cours des années 1930 avec un déséquilibre entre production et consommation qui permettrait d’expliquer la dépression des prix, en particulier agricoles. L’article rappelle qu’en 1932, les dépenses des ménages américains pour le poste alimentation et boissons avaient plongé de 42 % en-dessous du niveau de l’année 1929. 

Courbe de la consommation alimentaire aux Etats-Unis pendant la crise de 1929

Dans les années 1920, les classes aisées avaient vu leurs revenus augmenter et avaient préféré investir plutôt que de s’orienter vers la consommation de biens alors que les classes défavorisées ne pouvaient pas consommer autant qu’elles le souhaitaient. Les économistes en ont conclu qu’une hausse de revenus modérée auprès des ménages précaires aurait pu permettre d’absorber l’« excédent » de production agricole et limiter la crise des années 1920 et de la Grande Dépression pour les farmers américains ».

« La question des revenus des Français est intimement liée à celle des exploitations agricoles »

L’auteur estime qu’une « augmentation massive et générale des revenus des ménages » contribuerait à une hausse de la consommation alimentaire de 12 %, ce qui pourrait générer 12,8 milliards d’euros supplémentaires pour le maillon agricole, l’équivalent du budget annuel de la Politique agricole commune pour la France. Et de conclure : « la question des revenus des Français est donc intimement liée à celle des trésoreries des exploitations agricoles, et dans un contexte incertain pour le prochain budget européen et la PAC, ce point n’est pas à négliger ».

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